31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 10:41

 

http://www.blogguillaumesoro.com 30/03/2013

 

Une chronique internationale de Franklin Nyamsi

 

Professeur agrégé de philosophie, Paris, France

 

Pénible sentiment du  déjà-vu ! Quand l’histoire piétine curieusement dans un pays, il nous faut résolument débusquer l’anguille géopolitique qu’il cache sous la roche de ses événements apparemment monotones. La république centrafricaine, dont nous dépeignions il y a quelques mois la longue tragédie historique depuis la disparition de Barthélémy Boganda, vient de connaître  un nouvel épisode fidèle à sa triste renommée de pays livré au cauchemar de la désorientation du destin. Coiffeur coiffé ou arroseur arrosé, comme on le voudra, le général-président-prophèteFrançois Bozizé a pris ses jambes à son cou, vers le Cameroun,  devant l’avancée spectaculaire et paradoxale de la rébellion du Séléka le lundi 25 mars passé. Tout d’un coup, celui que semblaient résolument protéger les armées sud-africaine, tchadienne, française, camerounaise et gabonaise, sans oublier une mission onusienne entière, s’est transformé en lapin fuyard, devant des troupes étonnamment aguerries face aux siennes, dans un schéma qui reproduisait presque point pour point les conditions de sa propre prise de pouvoir en 2003, par un coup d’Etat rondement mené contre le président élu d’alors, Ange-Félix Patassé. Pourquoi reviens-je cependant sur cet épisode cauchemardesque qui est un remake de la sempiternelle torture centrafricaine ? Pour essayer de comprendre trois choses : 1) Pourquoi le succès de la rébellion du Séléka a-t-il finalement été possible alors que tout semblait en janvier 2013, militer contre sa prise effective de pouvoir à Bangui ? 2)  Que signifie en particulier le fait nouveau de l’implication sud-africaine dans le conflit centrafricain, seule force militaire à avoir tenté in extremis de sauver le pouvoir Bozizé, à des milliers de kilomètres des frontières de Prétoria et de son espace vital de prédilection ? 3) De quelles perspectives le pouvoir Séléka de Michel Am Nondokro Djotodia est-il porteur, qui compte gouverner par la césarienne permanente des ordonnances pendant les trois prochaines années ?

 

Le succès de la rébellion du Séléka : une équation à inconnues multiples

 

La situation centrafricaine donne le vertige à l’analyste. Quand la rébellion du Séléka, rassemblant des forces hétéroclites à partir du sud-Soudan, a pointé son nez aux portes de Bangui en janvier 2013, tout a conspiré contre elle : la préservation de l’ordre constitutionnel, la sécurité des ressortissants étrangers, la priorité au dialogue, le désir des régimes voisins d’Afrique centrale de ne pas voir s’exporter la jurisprudence des coups d’Etats dans la sous-région, les réactions diplomatiques fermes de l’Union Africaine et des autres institutions internationales, mais aussi le peu d’engouement de la société civile centrafricaine pour un nouveau coup de force, ont semblé avoir raison de l’alliance hétéroclite qui ne jurait que par la chute du François Bozizé. Pourtant, en cette fin de mois de mars 2013, les mêmes facteurs semblent soudain avoir été interprétés en sens contraire. Pourquoi donc ?   Nous avancerons ici quelques hypothèses pour éclairer une équation politique dont les inconnues abondent encore.  Un temps d’acclimatation de la rébellion du Séléka aux exigences des protagonistes de la scène centrafricaine a manifestement eu lieu.

 

Il semble manifestement qu’on ait soudain compris que les constitutions centrafricaines ne valent que ce que vaut la superficialité du processus démocratique et des efforts de modernisation socioéconomique entrepris dans ce pays. Il semble que tout d’un coup, les protagonistes nationaux et internationaux du conflit centrafricain aient saisi l’inanité d’un dialogue entre factions déterminées davantage par le contrôle des zones d’extraction des richesses centrafricaines, que par une vision sereine et consensuelle de l’intérêt général. Il semble que les régimes voisins du Centrafrique, las de porter à bout de bras un régime qui de toute façon ne leur laissait entrevoir aucune période d’accalmie, se soient finalement rangés à la loi du plus fort, considérée comme la norme politique systématique du Centrafrique. Il semble, dis-je qu’on ait résolument convenu, dans les organisations internationales et sous-régionales, comme dans les officines de l’Elysée, de Washington ou de Pékin, que la démocratie est un luxe pour les Centrafricains, et que ce dont ils ont le plus besoin, c’est d’un régime politique fort, et d’un nouvel homme fort à sa tête, en raison de la friabilité des frontières du pays et de l’importance des matières premières stratégiques dont il recèle. Business over all. Comment comprendre autrement la résignation de la société civile centrafricaine elle-même, et notamment des partis politiques, qui semblent manifestement s’être quasiment tous alignés sur cette sorte de Realpolitik du rapport de forces à la centrafricaine ? Creusons davantage cette veine de l’intérêt immédiat : elle conduit à l’énigme sud-africaine.

 

Le fiasco Sud-Africain à Bangui : une énigme intéressante

 

Peut-être que la clé de toute cette affaire se trouve dans deux erreurs tactiques commises par le satrape Bozizé en plus de son incapacité congénitale à se convertir au style politique démocratique : alors que le Centrafrique est depuis son indépendance un partenaire économique privilégié de la France, son ex-puissance coloniale, François Bozizé, qui doit à l’indulgence française sa prise de pouvoir contre le régime de Patassé en 2003, a semblé oublier ingratement de saluer la mamelle qui l’a si longtemps nourri quand il a résolument ouvert les carnets de commande du pays aux Chinois et aux Sud-Africains. Après tout, nous dira-t-on, n’était-ce pas son droit indiscutable, de diversifier les relations économiques de son pays, pour lui donner le maximum de chances de se développer grâce au libre jeu de la concurrence mondialisée ? Bozizé, en tentant d’offrir à la Chine et à l’Afrique du Sud un rang respectable parmi les partenaires économiques du Centrafrique, ne s’engageait-il pas dans le sillage héroïque du nationalisme africain, rachetant ainsi son passif de satrape néocolonial ? Tout emballement dans ce  genre d’interprétation relèverait des impasses de l’anticolonialisme dogmatique. Il ne suffit pas, nous le verrons vite, de commercer avec les Chinois et les Sud-Africains, pour être l’avocat attitré de son propre peuple, défenseur de l’intérêt général de son pays. Pour ce qui est de la Chine, on sait que derrière sa propagande clamant une coopération décomplexée et sans paternalisme avec les Africains, se cache une boulimie énorme de matières premières stratégiques et d’espaces vitaux, qui ne tardera pas à se révéler comme une poussée impériale amorale.

 

Le général-président-prophète Bozizé ne rendait donc pas plus service aux Centrafricains en restant prisonnier de la Françafrique qu’en se livrant à la coopération amorale avec la Chine. Quant aux consortiums Sud-Africains, dominés par l’ancien imperium Afrikaner qui se projette dans toute l’Afrique avec pour seule ambition d’accumuler des fortunes colossales au mépris de la démocratie, des exigences écologiques et de l’intégration africaine, il est évident que leur marchandage avecBozizé ne visait en aucune façon le plein épanouissement des Centrafricains. Pourtant, c’est bien l’Afrique du Sud de Jacob Zuma qui a donné de son sang dans le dernier baroud d’honneur du régime Bozizé. Près de quarante soldats Sud-Africains auront donc laissé leurs vies à Bangui, pour la défense du capitalisme de Pretoria. On découvre au fond en Centrafrique, comme en République démocratique du Congo et ailleurs, la nature exacte du colonialisme intérieur Sud-Africain en émergence, qui n’est pas préférable - rappelons-le aux esprits retors - au colonialisme français ou à l’impérialisme africain. N’est-ce pas au fond, cette double intrusion Sud-Africaine et Chinoise dans l’ex-pré-carré français qui a expliqué l’indifférence des troupes camerounaise, gabonaise, tchadienne et française lors de la dernière estocade portée par la Séléka au régime Bozizé ?  En plus du rejet et de l’indifférence des Centrafricains de longue date à son sort, le régime Bozizé aura sans doute joué dans cette affaire ses cartes géostratégiques les plus médiocres. Est-ce pour autant que ce pays est sorti de l’auberge espagnole  du désespoir où son histoire l’enferme depuis 1960 ?

 

Séléka, la panacée ou la poursuite du cauchemar centrafricain ?

 

Il est sans doute trop tôt pour anticiper sur l’avenir des relations entre Séléka et le peuple centrafricain. Le moins que l’on puisse dire est toutefois qu’elles n’ont pas commencé par une lune de miel. La prise de Bangui en ce mois de mars 2013 s’est accompagnée de nombreux pillages, de bavures et de privations de commodités de vie, qui ne sont pas de nature à enchanter les populations d’un pays déjà martyrisé par la pauvreté, la violence, le chômage et l’incertitude chroniques. Qui plus est, la relation intime de Séléka avec les armées d’occupation et les milices venues notamment du Tchad et du Sud-Soudan est loin de lui accorder l’odeur de sainteté qu’elle pourrait revendiquer. Enfin, le jeu de la Séléka avec la puissance française, le régime tchadien et le régime sud-soudanais, est loin d’être clarifié. Tout se passe comme si la rébellion avait, en sous-main, bénéficié du quitus de ces acteurs, comme le montre l’étrange coopération des troupes internationales avec les nouveaux maîtres de Bangui ces dernières heures, dans la sécurisation de la capitale notamment.

 

Le plus inquiétant de la situation présente demeure toutefois l’attitude du nouveau régime envers la quête centrafricaine de démocratie. Certes, respectant les Accords de Libreville qui nommaient le Premier Ministre Nicolas Tiangaye à la tête du gouvernement, Michel Am Nondokro Djotodiaet les autres coalisés du Séléka ont voulu donner un signal fort de leur volonté de coopérer en intelligence avec toutes les forces vives du pays. En appelant par ailleurs tous les chefs de l’armée régulière centrafricaine à reprendre le service pour l’intérêt supérieur du pays, Djotodia semble donner un gage de plus de sa volonté de faire l’avenir avec toutes les forces vives du pays. Mais comment concilier cette main tendue avec la décision prise par le chef de Séléka de gouverner le pays par ordonnances pendant les trois prochaines années ? N’est-ce pas derrière les ordonnances que se cache tout l’art des satrapies africaines ? Un tel décisionnisme politique, cette sorte de césarisme à outrance qui s’annonce à Bangui, pourra-t-il s’abriter des tentations de l’autoritarisme, voire des dérives dictatoriales dommageables pour l’Etat de droit, les libertés fondamentales et les droits humains compris ? Je ne me prêterai ici à aucune divination. L’Histoire est le tribunal ultime des promesses politiques. On ne peut que souhaiter, à ce stade de l’analyse de la longue tragédie centrafricaine, qu’un sursaut éthique s’empare enfin de l’ensemble des forces politiques centrafricaines, afin que la transition qui commence soit résolument celle du commencement d’une histoire résolument Autre : celle de la modernisation socioéconomique et politique réelle du Centrafrique. On ne regrettera sans doute pas Bozizé. Mais on serait bien imprudent  de voir enDjotodia, le Saint-Michel qui sauvera le Centrafrique.

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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 10:32
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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 10:23
amedi 30 mars 2013

 

 

 

Bangui centre ville encombré

 

 


Depuis le 24 Mars 2013, un changement brutal s’est opéré dans notre pays. La Constitution est suspendue. Des Actes constitutionnels sont pris par le Chef de l’Etat pour conduire la période de transition politique aux contours non encore clarifiés.


L’Union Africaine a sanctionné la RCA. Un sommet de la CEEAC se tiendra le mercredi 03 Avril 2013 à Ndjaména qui débattra de la question de la RCA.


La société civile, par le présent mémorandum, condamne ce mode d’accession au pouvoir de l’Etat. Elle prend acte du changement de régime et exprime ses préoccupations concernant certaines questions cruciales aujourd’hui sans réponse pour susciter la convocation urgente d’une rencontre devant leur apporter des solutions idoines. Ce mémorandum fait un rappel des causes des conflits récurrents en République Centrafricaine, décrit la situation actuelle au regard des droits humains et du droit humanitaire, soulève des questions sur la période de transition et formule des recommandations.

 

I - Les causes des conflits en RCA.

 

Les causes et les facteurs de conflits en RCA sont divers, variés et profonds. A titre illustratif mais non exhaustif, l’on peut mentionner:

- la fragilité des institutions étatiques depuis les indépendances à nos jours ;

- l’échec des efforts de démocratisation entrepris en 1979 après la chute de

l’Empereur Bokassa 1er ;

- l’exploitation et l’instrumentalisation des différences ethniques par les régimes successifs;

- le mode de conquête, de gestion et de transmission des pouvoirs politiques par des

procédés non démocratiques à l’exception de la période de 1993;

- la prolifération de groupes armés et des armes légères à la suite des multiples

mutineries de 1996, 1997 ;

- les coups d’Etat manqués du 28 mai 2001, du 25 Octobre 2002 ; les coups d’Etat du 15 mars 2003 et du 24 Mars 2013 ;

- le manque de dialogue franc et sincère entre le pouvoir, l’opposition et la société

civile depuis 1992 ;

 

- l’intransigeance et le manque de flexibilité des acteurs sociaux et politiques accentués par les élections législatives et présidentielle de 2010 /2011 ;

 

- les arriérés de salaires et/ou le non-paiement des salaires à terme échu sous les

régimes des présidents KOLINGBA et PATASSE ;

 

- les longues grèves ayant dépassées sept (07) mois sous le régime KOLINGBA ;

- la pauvreté et la misère criardes des populations ;

- le sentiment d’abandon et/ou d’exclusion des populations du Nord ;

- l’insuffisance et la détérioration des infrastructures de base ;

- les interventions intempestives du régime Tchadien depuis 2003 ;

- la centralisation et la concentration des pouvoirs de l’Etat ;

- la perméabilité de nos frontières au Nord et à l’Est ;

- les conflits armés dans les Etats voisins ;

- le phénomène de transhumance entre les populations autochtones du nord et celles du Tchad ou du Soudan ;

 

- le phénomène de braconnage venant majoritairement de certains pays voisins ;

 

- le phénomène des coupeurs de routes communément appelés Zaraguinas qui sévissent principalement dans l’Ouest, le Nord-Ouest, le Nord-Est et dans le Centre,


ils s’attaquent aux populations en les dépossédant de leurs biens. Les cibles privilégiées de ces bandits de grand chemin sont les convoyeurs de fonds, les commerçants et les éleveurs. Ils créent une insécurité réduisant le nombre de touristes qui désirent se rendre dans le Nord-Est. Ce qui constitue d’importants manques à gagner financiers pour l’économie centrafricaine.

 

Il convient de rappeler que, depuis plus de dix ans, la RCA subit les effets négatifs des guerres qui se déroulent dans la région des Grands Lacs, en accueillant des milliers de réfugiés de la RDC, du Burundi et du Rwanda mais également des conflits armés des pays voisins comme le Tchad et le Soudan. Ces guerres, combinées aux rebellions internes en RCA ont accentué la prolifération transfrontalière d’armes de guerre. En outre, les conflits centrafricains qui étaient internes au départ, ont fini par revêtir le caractère régional avec la présence de la Lord Resistance Army de Joseph KONY ou des hommes du chef rebelle Tchadien BABA LADE en dépit de sa reddition en juin 2012, le recours constant par des Centrafricains à des mercenaires étrangers pour accéder au pouvoir de l’Etat.

 

Malgré les efforts de réhabilitation faits par le Gouvernement, bon nombre de réfugiés et de « libérateurs » ex compagnons de route dans la campagne pour la prise du pouvoir par le Général BOZIZE ne sont pas totalement réintégrés. Ils sont disséminés sur toute l’étendue du territoire devenant ainsi un terreau propice pour des actions de déstabilisation du pouvoir à cause de leurs conditions de vie très précaires. Ainsi, sont nés des groupes armés tels que L’armée Populaire pour la Restauration de la Démocratie (APRD), l’Union des Forces Démocratiques pour le Renouveau (UFDR), la Convention des Patriotes pour la Paix et la Justice (CPJP), le Front Démocratique pour la Paix en Centrafrique (FDPC), la Convention Patriotique pour le Salut du Kodro (CPSK) et la Coalition SELEKA depuis le 10 Décembre 2012.


Les crises récurrentes, la tribalisation outrancière, l’absence de discipline et les faiblesses logistiques ont accentué les carences des Forces Armées Centrafricaines (FACA) et détruit les moyens déjà limités de cette Armée. A cela s’ajoutent le mode aléatoire de recrutement dans les forces armées (Actions de violences des candidats à l’enrôlement du 02 Août 2012 à Bangui), la formation sommaire de certains éléments, l’acquisition des grades sur des critères clientélistes ainsi que des effectifs vieillissants.

 

II - Situation des droits humains et du droit humanitaire depuis le 10 Décembre

2012

 

Avant la campagne de Bangui, la situation sur le plan humanitaire était alarmante.

 

Près de sept cent (700) écoles étaient fermées. Environ 80 autres endommagées laissant des milliers d’enfants traumatisés et sans accès à l’éducation. Les plupart des enseignants ayant fui leurs lieux d’affectation. Plusieurs formations sanitaires sont sans personnel et privées des médicaments essentiels dans les provinces.

 

La Campagne de Bangui a commencé par une coupure de l’électricité dans la ville le samedi 23 Mars dans la matinée. Plusieurs personnes admises dans les hôpitaux et placées sous oxygène en ont été privées. Cette rupture de l’électricité a entrainé une

coupure d’eau courante pendant plusieurs jours. A ce jour, certains quartiers n’ont pas toujours retrouvé le rythme normal d’approvisionnement en eau courante. Des stations radios ont été affectées également par cette rupture de courant électrique sur les installations de Boali.

 

Depuis le dimanche 24 Mars 2013, les organisations de la société civile déplorent la détérioration de la situation générale des droits humains. A la suite de la destruction du Camp Béal siège du Ministère de la Défense Nationale, plusieurs armes de guerre ont été récupérées ainsi que des effets militaires qui ont été remises à des civils n’ayant aucune formation militaire.

 

Certains éléments de la SELEKA et la population civile se sont livrés à des pillages à grande échelle. Pillages des édifices publics et des domiciles des particuliers. Pillages des entreprises publiques et privées. C’est le cas de la plupart des grandes sociétés installées à Bangui: les sociétés de téléphonie mobile, la SOCACIG, la CFAO, GACOA SIV… Les sièges des organismes internationaux comme le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR), le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF). Certains éléments après avoir pillé certains domiciles les occupent actuellement. C’est le cas de la villa de Mme KAIMBA née Laure GANRO au PK 10 dans la commune de Bégoua. Les domiciles des anciens ministres Annie Gisèle NAM, situé au PK 10, Emmanuel BIZOT situé à Bimbo, Alfred POLOKO TAINGA, le Président de l’Assemblée Nationale aux 200 villas, le Conseiller à la Primature Maxime BALALOU ont été pillés par des éléments de la SELEKA. Pillage des boutiques des stations d’essence de l’Avenue Conjugo, de BAMAG, de Pétévo,…

 

Plusieurs cas de personnes tuées par balle ont été signalés aux organisations de la société civile. Il s’agit particulièrement des cas de messieurs Cyrille GBADAYE, élève au Lycée des Martyrs à Bangui tué dans la nuit du dimanche 24 Mars selon les témoignages concordants par un élément de la SELEKA et de Romaric GUIDA abattu par balle vers 5 heures du matin le lundi 25 Mars 2013. Plusieurs personnes sont également victimes de blessures par balle. On dénombre selon les sources hospitalières au moins deux cent blessés par balle. La Croix Rouge Centrafricaine a dénombré soixante et dix huit (78) corps non encore identifiés par les membres de leurs familles et inhumés le vendredi 29 Mars 2013.

 

Dans la journée du lundi 25 Mars, une panique s’est emparée de la ville. En effet, une folle rumeur a fait le tour de la ville faisant état de deux éléments de la SELEKA tués après une altercation par la population du quartier SAIDOU dans le 2ème arrondissement de Bangui. En représailles, les éléments de la SELEKA auraient décidé de procéder à une fouille systématique maison par maison. Cette rumeur a provoqué l’exode de plusieurs hommes. Elle a entrainé la mort par noyade à Bimbo dans l’Ombella MPOKO d’au moins une trentaine de personnes fuyant les supposées actions de représailles des éléments de la SELEKA.

 

Par ailleurs, des informations concordantes font état des exactions commises par certains éléments de la garde présidentielle dans leur fuite au niveau dans la Lobaye, la Mambéré Kadéi et la Sangha Mbaéré. Ils auraient procédé à des pillages de véhicules, des groupes électrogènes et autres et à des extorsions de fonds des sociétés forestières. Des cas de violences sexuelles auraient été signalés dans la

Sangha Mbaéré.

 

III-Analyse de la période de transition

 

Le coup d’Etat qui a été perpétré le dimanche 24 mars 2013 en RCA ouvre une période de transition politique pleine d’interrogations légitimes. Les nouvelles autorités envoient des signaux contradictoires sur la période de la transition. Dans sa première adresse à la Nation le mardi 26 Mars, le chef de l’Etat s’est engagé à respecter les accords de Libreville. Il a promulgué les Actes constitutionnels le 26 Mars 2013, après avoir suspendu la Constitution du 27 Décembre 2004 puis reconduit dans ses fonctions Maitre Nicolas TIANGAYE comme Premier Ministre.


Plusieurs questions de fond demeurent sans réponses claires de la part des nouvelles autorités. Sachant que la Constitution a été suspendue, quelle est la validité des accords de Libreville ? Quel rôle devra jouer la Coalition SELEKA désormais ? Quel est le calendrier de la période de transition ? Revient-il au Premier Ministre et à la Coalition SELEKA de définir la taille et le profil des futurs membres du

Gouvernement ?

 

IV-Recommandations.

 

Au regard de ce qui précède les organisations de la société civile recommandent

instamment:

1. La convocation dans les meilleurs délais d’une rencontre entre centrafricains pour

définir les contours de la transition;

2. La nomination des personnalités dans les organes de transition sur des critères

privilégiant la question du genre, de la compétence, de la probité morale et de

l’équilibre géopolitique du pays ;

3. La constitution d’un fonds d’indemnisation des victimes des violences armées ;

4. Le démarrage dans les meilleurs délais du programme désarmement, démobilisation

et réinsertion en veillant sur l’implication et la participation effective des

organisations de la société civile à ce programme ;

5. La poursuite de tous les présumés auteurs des violations des droits humains et

d’actes de pillages dans un esprit d’une justice juste, équitable et non celle des

vainqueurs ;

6. La mise en place des organes de transition dans un esprit consensuel;

7. Le rétablissement de la libre circulation des personnes et des biens ainsi que de la

communication sur l’ensemble du territoire national;

8. La sécurisation effective des personnes et des biens sur l’ensemble du territoire

national ;

9. Le redéploiement des services sociaux de base sur l’ensemble du territoire national.

 

Fait à Bangui, le 30 Mars 2013

 

Ont signé :

 

- ACAT Centrafrique.

Maitre Guy Antoine DANGAVO

- Coalition Centrafricaine pour la Cour Pénale Internationale.

Maitre Bruno Hyacinthe GBIEGBA

- Cercle de Recherches et d’Education par les Arts.

Gervais LAKOSSO

- Enfants sans Frontière.

Brice Kévin KAKPAYEN

- GERDDES/ Centrafrique

Godefroy MOKAMANEDE

- Mouvement pour la Démocratie et la Défense de l’Action Humanitaire

Adolphe NGOUYOMBO

- Réseau des Femmes Croyantes Médiatrices de la Paix

Mme Valérie Blandine TANGA

- Réseau des Journalistes pour les Droits de l’Homme

Thierry KHONDE BALANDEGUE

- Réseau des ONG des Droits de l’Homme

Maitre Marie Edith DOUZIMA

- Observatoire National des Elections

Fulgence ZENETH

- Observatoire Centrafricain des Droits de l’Homme

Maitre Mathias Barthélémy MOROUBA

- Observatoire de la Promotion de l’Etat de Droit et de la Démocratie

Lucien YALIKI

- Organisation des Femmes Centrafricaines

Mme Marguerite KOFFIO

 

 

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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 10:17

 

 

 

Michel-Djotodia-2.jpg

 

 

par Ange Aboa

 

BANGUI 30-03-2013 à 19h20   (Reuters) - Michel Djotodia, qui a pris le pouvoir le 24 mars à Bangui à l'issue d'une offensive militaire éclair des rebelles du Séléka, a exclu samedi tout acte de représailles contre ses adversaires et exhorté ses compatriotes qui se sont enfuis à l'étranger à revenir au pays.

 

"Je lance un appel patriotique et fraternel à nos compatriotes, qui ont choisi le chemin de l'exil, de rentrer", a déclaré cet ancien diplomate formé en Union soviétique.

 

"Il n'y aura aucune chasse aux sorcières parce que nous devons promouvoir la tolérance, le dialogue et le pardon", a-t-il lancé devant une foule de milliers de partisans enthousiastes réunis aux abords du palais présidentiel.

 

Alors que la vague de pillage s'est calmée à Bangui, Michel Djotodia a annoncé que ceux qui se rendraient coupables de tels actes seraient traduits devant les tribunaux.

 

Il a également demandé l'aide de la communauté internationale, et notamment de la France, l'ancienne puissance coloniale qui compte un petit contingent militaire en RCA chargé de la protection de la communauté française.

 

Le coup d'Etat contre le président François Bozizé a été condamné par la communauté internationale, et l'Union africaine a suspendu la Centrafrique de ses rangs et pris des sanctions à l'encontre de ses nouveaux dirigeants, y compris Michel Djotodia.

 

SOMMET REGIONAL AU TCHAD LE 3 AVRIL

 

Samedi, les Etats-Unis ont annoncé qu'ils ne reconnaîtraient pas le nouveau régime de Bangui et indiqué que pour eux, c'est le Premier ministre sortant, Nicolas Tiangaye, qui est le seul et authentique chef de l'exécutif centrafricain.

 

Pour les Américains et les Français, le Séléka doit mettre eu oeuvre l'accord de partage du pouvoir signé en janvier à Libreville. Cet accord, signé par les rebelles et le gouvernement de François Bozizé, prévoit une transition jusqu'au scrutin présidentiel de 2016 auquel le chef de l'Etat déchu n'était pas autorisé à se présenter.

 

"Nous condamnons fermement la prise illégitime du pouvoir par la force de l'alliance du Séléka, la proclamation de Michel Djotodia comme président et la suspension de la Constitution et de l'Assemblée nationale", a déclaré à la presse Victoria Nuland, porte-parole du département d'Etat.

 

La crise au Centrafrique sera au coeur du sommet extraordinaire de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC) prévu le 3 avril à N'Djamena à l'invitation du président tchadien Idriss Déby en présence du chef de l'Etat sud-africain Jacob Zuma. Treize militaires sud-africains ont péri lors de l'entrée des rebelles dans Bangui.


Michel Djotodia s'est engagé à agir selon l'esprit de l'accord passé dans la capitale gabonaise et a annoncé vendredi qu'il quitterait le pouvoir en 2016.


Samedi, une coalition de huit partis d'opposition, dont celui du Premier ministre, a rejeté la période de transition de trois ans proposée par Michel Djotodia et demandé de nouvelles discussions pour réviser l'accord de Libreville.


"Après nous être consultés, nous pensons qu'une transition de 18 mois serait raisonnable pour organiser de nouvelles élections démocratiques", a expliqué à Reuters le porte-parole du groupe, Edouard Koyambounou.

 

Jean-Loup Fiévet pour le service français

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 01:08

Le nouveau maître de Bangui Michel Dotodja vient de faire ce 29 mars 2013, sa première apparition publique à la Mosquée centrale située dans le 3èmearrondissement de la capitale. Cette occasion a permis au leader des rebelles de la coalition Séléka de prendre part à la prière du vendredi en présence d’une immense foule des fidèles venus pour la circonstance.

 

Les reporters de Radio Ndeke Luka ont remarqué un important dispositif militaire dans cet arrondissement dominé par des opérateurs économiques de tous bords.

Le nouveau Chef d’Etat entend à travers cette sortie publique lancer un message de paix dans un pays en proie à de violentes crises militaro-politiques. Il s’est cependant abstenu de toute déclaration politique. « La maison de Dieu n’est pas un lieu indiquée pour parler de la politique. J’ai peur de faire de la politique à la mosquée pour ne pas mentir », a signifié Michel Djotodia arrivé au pouvoir par le coup de force il y’a 6 jours.

De son côté, dans une interview accordée à Radio Ndeke Luka, l’Archevêque de Bangui Mgr Dieudonné Nzapalaïnga, s’est exprimé en ces termes : « je lance un vibrant appel à tous ceux qui sont épris de l’esprit de démocratie, de respecter l’autrui, le respecter et surtout de ne pas oser tuer un Homme, car un être humain vient de Dieu et nous avons le droit de respecter la vie humaine sinon, on vous demandera des comptes au dernier jour. Il en est de même pour tous ceux qui continuent de piller, de détruire les biens des autres ».

Le prélat appelle également les nouvelles autorités du pays à respecter la laïcité de l’Etat centrafricain en respectant les limites entre politique et religion :

« Pas de confusion, pas d’amalgame en ce qui concerne la gestion de ce pays , ce pays est un pays laïc, tout ce qui est religieux, nous pouvons les gérer en privé, les gérer en dehors de la  partie Etat, voilà pourquoi je demande à ce que cela soit dit haut et fort que ce pays est un pays laïc et que nous devons privilégier  les lois qui sont républicaines ».

L’appel du retour à la paix en République centrafricaine a été également lancé dans les rangs de la Société civile. « Les derniers événements survenus dans le pays ont une fois de plus amplifié la dégradation des droits humains ». C’est ce qu’a fait savoir Fulgence ZENETH, SG de l’Observatoire centrafricain des Droits de l’Homme, OCDH. Il considère les multiples scènes de pillages et de destructions des biens pendant ce coup de force de Séléka comme une violation des droits de l’homme.

« Avant et pendant cette période, il ya eu des violations des Droits humains qui sont incontestables et incontestées. Les plus flagrantes que nous pouvons citer sont les destructions des biens, les pillages, les violences de tout genre tel que le manque d’accès à la santé, à l’éducation et à la communication. Tout cela constitue les plus flagrantes violations de droits qu’on peut énumérer aujourd’hui »

S’agissant de la marche de soutien au nouveau pouvoir de Bangui prévue demain dans la capitale, Fulgence ZENETH, affirme qu’il n’en est pas question. Il qualifie cette organisation de dissimulation et appelle le centrafricain à adopter un comportement raisonnable pour son devenir.

« La population et les autorités doivent être vigilantes  pour que les cas de transhumance qui marque et empoisonne la vie de notre pays cessent immédiatement. Les faux soutiens ne sont pas des soutiens de toujours. Ces appels à des marches ne sont pas des solutions aux problèmes des centrafricains. Leurs problèmes aujourd’hui sont : aller à l’école, communiquer librement avec l’arrière pays, la question du respect des lois, la question  de la lutte implacable contre l’impunité, voilà les vrais problèmes des centrafricains».

 

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 01:00

dredi 29 mars 2013

RCA : Communiqué de presse du RDC France - Europe

 

 

 

 

Communiqué n°09

 

 

 

Le dimanche 24 mars 2013, la coalition rebelle dénommée SELEKA, s’est emparée par les armes du pouvoir politique, mettant fin aux dérives dictatoriales du président François Bozizé. Le chef des rebelles, Monsieur Michel  Djotodjia, s’est autoproclamé Président de la République.

 

Le bureau fédéral du Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC) France-Europe prend acte de cette nouvelle donne. Il déplore cependant la tournure dramatique des événements et le vandalisme immature caractérisé par les pillages, par le saccage des entreprises, par les violations massives et flagrantes des droits humains.

 

Le RDC appelle instamment les nouvelles autorités à prendre toutes  les dispositions  qui s’imposent dans le respect des droits pour arrêter ces dérives qui risquent à terme de compromettre les chances de réconciliation entre les citoyens de notre pays.

 

Le Rassemblement Démocratique Centrafricain reste fondamentalement attaché à son idéal de paix et de concorde nationale chères à notre Feu Président Fondateur, le Général d’Armée André KOLINGBA.

 

Dans un esprit de justice et d’équité, le RDC invite la coalition SELEKA à faire l’économie d’une inutile chasse aux sorcières, tentation toujours très grande en de telles circonstances, préjudiciable à la réconciliation nationale.

 

Le bureau de la Fédération RDC France-Europe se réjouit  de l’engagement du groupe SELEKA à respecter l’esprit des accords de Libreville du 11 Janvier 2013.

 

Le respect de l’esprit des accords de Libreville doit conduire le plus rapidement que possible  les différentes parties en présence à se réunir, sans attendre, autour d’une table ronde avec tous les partenaires et pays amis de la République Centrafricaine afin de définir d’un commun accord le cadre de la nouvelle gouvernance devant conduire aux élections législatives et présidentielles : la transition.

 

La fédération RDC France Europe saisit l’occasion pour remercier les Présidents de la CEEAC, et en particulier les Présidents Idriss DEBY ITNO du Tchad et Denis SASSOU NGUESSO du Congo pour leur implication personnelle et forte à la résolution des problèmes Centrafricains.

                                      

Fait à Paris le 28 Mars 2013

 

                                      Pour le Bureau Fédéral

 

                                     Le Professeur Raymond Max Siopathis

 

 

 

 

 

 logo-rdc.jpg

 

 

 

RASSEMBLEMENT DEMOCRATIQUE

CENTRAFRICAIN

Fraternité – Travail – Progrès

 

BUREAU FEDERAL France-EUROPE

 

 

 

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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 23:16

« Ordinateurs pillés, documents administratifs saccagés, des tirs des armes par ici par là dans quelle condition allons –nous travailler ?». Il s’agit d’une plainte exprimée ce 28 mars à Bangui par certains fonctionnaires centrafricains interrogés par Radio Ndeke Luka. L’ordre de la reprise du travail  a été lancé par le nouvel homme fort de Bangui, Michel Djotodja Am Non Droko dans son premier discours à la nation, le 26 mars dernier à Bangui.

 

Dans l’administration publique et privée, les choses tendent vers une reprise. Certains fonctionnaires se sont rendus à leur lieu de travail. Les dégâts causés par les éléments de Séléka et d’autres malfrats les ont plongés dans une profonde consternation.

Au niveau des hôpitaux, le constat est amer.

« On a pu gérer les choses, en réorganisant l’Hôpital, en rendant l’articulation des services assez pratiques, en maintenant les services des urgences, les soins intensifs et une unité pour les malades depuis dimanche et de manière modulaire au fur et à mesure que le personnel est entrain de revenir» explique le Docteur Jean Chrysostome Gody, directeur du Complexe pédiatrique de Bangui.

D’après  Docteur Gody, les  principales difficultés rencontrées depuis la prise du pouvoir au niveau du Complexe pédiatrique pour son fonctionnement sont : le nombre insuffisant du personnel soignant qui n’a pas de relève jusqu’à ce jour,  l’alimentation des malades et du personnel. Il souhaite également que les moyens financiers soient mis à leur disposition très rapidement.

Ce matin, la circulation a repris timidement sur les principales artères de la capitale. Le Syndicat des conducteurs de Taxis et Bus posent 3 conditions aux nouvelles autorités centrafricaines. Il réclame l’ouverture et la sécurisation d’au moins  deux stations services, la cessation des tirs sporadiques et la publication d’un numéro vert sur lequel les conducteurs peuvent appeler en cas d’agression.

«  À leur arrivé dans la ville, les éléments de la Séléka ont salué les gens et ils se sont rendus à la maison d’arrêt pour libérer les prisonniers. Il n’y a pas eu  d’incidents, les commerces sont ouverts et ils demandent aux gens de revenir pour vaquer à leurs occupations », témoigne un habitant de  la ville de Bouar (400kilomètres) sur les ondes de Radio Ndeke Luka.

Par ailleurs, les Nations unies se disent prêtent à intensifier ses opérations en République centrafricaine mais la situation actuelle liée aux pillages généralisés et les difficultés d’accès aux soins par ceux qui ont été touchés par la violence.

Dans un communiqué publié ce 28 mars à Bangui par le Haut-commissariat des Nations Unies pour les Droits de l’Homme, les Nations unies  s’inquiètent au sujet de l’approfondissement de la crise humanitaire en République Centrafricaine

Pour le  Haut-commissariat des Nations Unies pour les Droits de l’Homme « 173.000 personnes ont été  déplacées à l’intérieur du pays, plus de 320.000 centrafricains ont fuis au République Démocratique du Congo(RDC), Cameroun et au Tchad. Dans le Nord et le Centre du pays, plus de 80.000 personnes risque de se retrouvées en situation de pénurie alimentaire pendant la prochaine saison creuse et 13500 sont menacées de malnutrition sévère, les écoles ne fonctionnement pas et plus de 166000 enfants n’ont pas encore assez à l’éducation »

Le Docteur Zacharia Maiga, coordonateur de l’action humanitaire par intérim, appelle donc  toutes les parties à s’assurer de la sécurité du peuple centrafricain tout entier, s’abstenir de toutes nouvelles violences et de respecter le droit internationale humanitaire et les Droits de l’Homme.

A titre de rappel, le 18 mars, les Nations Unies et le gouvernement centrafricain ont lancé un appel consolidé de fonds pour  une valeur 129 milliards de dollars américain pour le financement d’appel humanitaire en République centrafricaine.

 

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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 08:05
Mercredi 27 mars 2013

 

 

 

MZ 4

 

 

RFI  mardi 26 mars 2013

 

Pourquoi les rebelles ont-ils gagné en Centrafrique ? Ont-ils été aidés par le Tchad et le Congo-Brazzaville ? Combien de temps vont-ils rester au pouvoir, et à quoi joue la France ? Autant de questions que Christophe Boisbouvier a posé à Martin Ziguélé, qui dirige le plus grand parti du pays, le Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC). En 2005, il avait réussi à mettre François Bozizé en ballottage. Aujourd'hui, il est de passage à Paris.

 

 

RFI : Ce coup d’Etat, c’est une bonne ou une mauvaise nouvelle ?

 

Martin Ziguélé : Un coup d’Etat n’est jamais une bonne nouvelle, mais compte tenu de la situation de notre pays et des conflits, ce dénouement qui n’a pas entraîné beaucoup de pertes de vies humaines, nous ne pouvons qu’en prendre acte.

 

Le 11 janvier, les accords de Libreville semblaient équilibrés. Pourquoi cela n’a pas marché ?

 

Il faut dire les choses comme il faut. Ce n’est pas parce que le président Bozizé n’est plus au pouvoir, mais je crois qu'il avait une autre vision des choses. Il voulait un répit sur le front militaire, il voulait un répit sur le plan de la pression sur la Seleka pour essayer de revenir subrepticement au statu quo ante, c’est-à-dire à la situation antérieure à la crise. Et il a fait absolument preuve d’un autisme politique suicidaire, parce qu’il n’y a pas d’autres termes. Et c’est lui qui a créé cette situation.

Bien sûr, il ne faut pas sous estimer également le rôle de toute cette bande de courtisans, que vous retrouvez dans tous les régimes et qui lui ont dit : vous n'avez en face de vous que des rebelles et donc il ne faut rien céder. Il s’est employé sciemment à ridiculiser le Premier ministre Nicolas Tiangaye. Il a ainsi signé son décret de nomination après une séance qu’il a convoquée au palais de la Renaissance, où il a fait venir ses « applaudisseurs », comme on dit. Ceux-ci ont pendant trois heures injurié Nicolas Tiangaye avant qu’il ne signe le décret de sa nomination. Cela ne pouvait pas aller loin.

 

 

Est-ce qu’il a été lâché par ses amis Idriss Déby et Denis Sassou Nguesso ?

 

S’il y a véritablement un chef d’Etat en République centrafricaine qui a bénéficié du soutien des pays de la sous-région, avant son arrivée au pouvoir et pendant sa mandature, c’est bien le président François Bozizé.

 

Justement, est-ce qu’ils l’ont lâché ces derniers jours ?

 

Mais ils ne peuvent pas se substituer à lui. Cet arrangement politique qui a été mis en place à Libreville, c’était fondamentalement pour lui sauver la face. Mais comme le disait Boganda (le premier président de la République centrafricaine, ndlr) : « lorsque vous montrez une étoile à un demeuré, il voit votre doigt et il ne voit pas l'étoile ». Lui, il a pensé qu’il pouvait une fois de plus ruser, d’abord avec son peuple, et puis avec ses soutiens. Tout le monde était désespéré.

 

Est-ce qu’on peut imaginer un accord discret entre Ndjamena, Brazzaville et les rebelles de la Seleka ces derniers jours pour aider ceux-ci à prendre le pouvoir ?

 

Non, je ne fais pas de la politique fiction. Je ne peux pas parler des choses que je ne connais pas. Mais les chefs d’Etat ne pouvaient pas envoyer leurs armées à Bangui pour protéger quelqu’un qui manifestement n’était plus soutenu ni par son armée, ni par sa population !

 

 

Oui mais franchement, en décembre, Idriss Déby était prêt à bloquer l’avancée des rebelles et en mars, il n’a rien bloqué.

 

Mais il a bloqué l’avancée des rebelles en décembre pour permettre une issue politique à la crise. Et il y a eu les tests de Libreville en présence de plus de six chefs d’Etat. Et de retour à Bangui, des proches de lui, c’est-à-dire ses propres conseillers se relayaient sur les medias publics pour remettre en cause l’accord de Libreville, et pire encore, accuser les Etats qui l’ont sauvé de connivence avec la rébellion.

 

Ces derniers jours, vous saviez que Ndjamena et Brazzaville allaient laisser tomber François Bozizé ?

 

Je n’avais pas d’éléments factuels, mais je comprenais très bien qu’il avait lassé tout le monde, surtout lorsqu’on avait du mal à relancer la médiation, je comprenais que quelque part le mécanisme se grippait.

 

Cet appel à l’Afrique du Sud, est-ce que cela a précipité les choses ?

 

Je ne le pense pas. Quand vous comprenez le fonctionnement de Bozizé, il joue toujours un allié contre un autre pour toujours gagner du temps.

 

C’est un échec pour Jacob Zuma ?

 

Le président Jacob Zuma a été entraîné dans ce guêpier par son côté homme d’affaires sud-africain, intéressé naturellement par les activités minières en Centrafrique, qui l'ont vraiment entraîné dans un traquenard. Parce que l’Afrique du Sud se retrouvait en train de défendre quelqu’un de ce type-là ; et surtout, perdre des hommes pour une cause perdue d’avance. Cela fait qu’on se pose des questions. Les pays de la sous-région avaient une connaissance plus intime que l’Afrique du Sud des réalités politiques centrafricaines et des conditions d’une sortie réelle de la crise

 

Est-ce que François Hollande a eu raison de rester en retrait. Est-ce que Nicolas Sarkozy aurait fait la même chose s’il avait gagné l’année dernière en France ?

 

Je ne sais pas, je ne fais pas de la politique fiction mais la position du président Hollande est à saluer. Il a refusé d’intervenir, comme en 2006, comme en 2007.


C’est-à-dire qu’il a fait différemment de Jacques Chirac en 2006, 2007 ?


Il l’a fait différemment de ses prédécesseurs et c’est tout à son honneur. Parce que c’est cette pratique-là qui a infantilisé un peu les dirigeants. Ils se disaient : « Je fais ce que je veux et lorsque ça tourne mal, il y aura la France pour venir me sauver ». Et cela, vous comprenez très bien que ça ne pouvait pas durer éternellement.

 

 

Aujourd’hui Michel Djotodia s’autoproclame président. Est-ce que ce n’est pas mauvais signe pour la suite  ?

 

Vous savez la nature a horreur du vide. Mais ce qui est important, c’est qu’il a dit également qu’il reste dans l’esprit de l’accord de Libreville. Et là-dessus, nous serons vigilants.

Franchement, est-ce que vous ne risquez pas d’être à nouveau le dindon de la farce comme face à François Bozizé deux ans après son arrivée au pouvoir en 2005 ?

Il faut que ce gouvernement ait une feuille de route précise, que la durée de la transition soit bien claire et qu’il soit précisé également, comme cela est dit dans l’accord de Libreville, que ni le président de la transition, ni le Premier ministre de transition, ni les membres du gouvernement de transition, ne seront candidats aux prochaines élections présidentielles.

 

Rien ne vous dit que Michel Djotodia respectera cet accord ?

 

Je ne voudrais pas faire de procès d’intention. Aujourd’hui l’esprit de l’accord de Libreville doit demeurer, à savoir que les animateurs de la transition c’est-à-dire les responsables de la transition, ne doivent pas être candidat aux élections présidentielles.

 

Y compris Michel Djotodia ?

 

Y compris tous ceux qui auront à jouer ce rôle-là, qu'il s'agisse du président, du Premier ministre, ou des ministres. C’est l’esprit qu’il faut voir. Il faut garder cela à l’esprit, pour nous donner une chance de ne pas nous perddre dans des querelles de positionnements personnels.


NDLR: Il faut savoir si ce sont le accords de libreville  que routei prévalent ou une feulle de route. Ziguélé et Tiangaye  croit  à la sincérité de Séleka mais les centrafricains sont méfiants

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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 18:15

 

Portrait de Michel Djotodia

 

C'est fin 2006 que le public découvre Michel Djotodia lorsque son mouvement rebelle, l'UFDR, a attaqué Birao, dans l’extrême nord-est du pays. Lui-même a dû s'exiler au Bénin et est arrêté en vertu d'un mandat international lancé par la Centrafrique. Il est mis en prison et ne sera libéré qu'en février 2008. Il disparaît alors des médias mais ses contacts avec les différentes tendances de la rébellion se poursuivent. Il revient sous le feu de l'actualité, en décembre dernier, avec les premières attaques lancées par la Seleka, une coalition qui permet, à plusieurs groupes rebelles, de se retrouver.

 

Cet ancien étudiant en ex-URSS a été fonctionnaire. Il a tenté par deux fois, d'être élu député de sa préfecture, la Vakaga, sans succès. « Ca l'a énervé et ça l'a encouragé à passer à la lutte armée », raconte un ex-cadre de la rébellion. « C'est un homme qui a des ambitions politiques », précise un de ceux qui ont travaillé avec lui.

 

Michel Djotodia a été consul de la Centrafrique au Darfour, à Nyala. Cet épisode a été décisif pour la suite de son parcours. Des rebelles tchadiens et soudanais circulent dans la zone, ce qui autorise de nombreux contacts. Djotodia parle plusieurs langues, notamment le russe et l'arabe. Son statut d'intellectuel l'a aidé à devenir la figure de proue de la Seleka : certains rebelles l'appelaient déjà, ces derniers mois, « le président Michel ».

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    26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 08:21
    Mardi 26 mars 2013

     

     

     

     

    Djotodia vers Sibut


     

    RFI  mardi 26 mars 2013

     

    Le chef de la rébellion Seleka, Michel Djotodia, s’est posé ce lundi 25 mars en successeur du président François Bozizé qui s’est réfugié au Cameroun. Dans une allocution en fin de journée, il a indiqué vouloir organiser « des éléctions libres et transparentes avec le concours de tout le monde » d’ici trois ans et qu’il gardait à son poste l’actuel Premier ministre du gouvernement d’union nationale, Nicolas Tiangaye, opposant de François Bozizé.

     

    Au lendemain du renversement du président François Bozizé, le nouvel homme fort du pays, Michel Djotodia, s'est autoproclamé président. Il a prononcé une allocution qui était très attendue par ses compatriotes et qui a été retardée de plusieurs heures, en raison manifestement de problèmes d'ordre technique.

     

    Reconduction du Premier ministre

     

    Au cours de son allocution, Michel Djotodia a commencé par justifier son coup de force en déclarant que François Bozizé a failli à sa mission. Il a fait son discours devant l’actuel Premier ministre, Nicolas Tiangaye, en présence des ministres de la Seleka mais sans la présence de diplomates.

     

    Lors de cette déclaration, Michel Djotodia a annoncé la suspension de la Constitution, la dissolution du gouvernement et la reconduction du Premier ministre, Nicolas Tiangaye.

     

    Le chef de la rébellion a également fait savoir qu’il restait au pouvoir dans le cadre de l’accord de Libreville. Il entend ainsi former un gouvernement d’union nationale, ce qui suppose qu’il y aura normalement des ministres issus de la mouvance favorable à l’ex-président François Bozizé.

     

    « J’estime nécessaire de suspendre la Constitution du 27 novembre 2004, de dissoudre l’Assemblée nationale ainsi que le gouvernement. Pendant cette période de transition qui nous conduira à des élections libres, crédibles et transparentes, je vais légiférer par ordonnances », a déclaré Michel Djotodia.

     

    Michel Djotodia a aussi annoncé une première mesure technique, à savoir l’instauration d’un couvre-feu de 19H00 à 6H30 du matin. 

     

    Portrait de Michel Djotodia

     

    C'est fin 2006 que le public découvre Michel Djotodia lorsque son mouvement rebelle, l'UFDR, a attaqué Birao, dans l’extrême nord-est du pays. Lui-même a dû s'exiler au Bénin et est arrêté en vertu d'un mandat international lancé par la Centrafrique. Il est mis en prison et ne sera libéré qu'en février 2008. Il disparaît alors des médias mais ses contacts avec les différentes tendances de la rébellion se poursuivent. Il revient sous le feu de l'actualité, en décembre dernier, avec les premières attaques lancées par la Seleka, une coalition qui permet, à plusieurs groupes rebelles, de se retrouver.

     

    Cet ancien étudiant en ex-URSS a été fonctionnaire. Il a tenté par deux fois, d'être élu député de sa préfecture, la Vakaga, sans succès. « Ca l'a énervé et ça l'a encouragé à passer à la lutte armée », raconte un ex-cadre de la rébellion. « C'est un homme qui a des ambitions politiques », précise un de ceux qui ont travaillé avec lui.

     

    Michel Djotodia a été consul de la Centrafrique au Darfour, à Nyala. Cet épisode a été décisif pour la suite de son parcours. Des rebelles tchadiens et soudanais circulent dans la zone, ce qui autorise de nombreux contacts. Djotodia parle plusieurs langues, notamment le russe et l'arabe. Son statut d'intellectuel l'a aidé à devenir la figure de proue de la Seleka : certains rebelles l'appelaient déjà, ces derniers mois, « le président Michel ».

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