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19 août 2014 2 19 /08 /août /2014 10:07

NDLR: DU JAMAIS VU EN CENTRAFRIQUE. UN ETAT DANS UN ETAT?

 

Centrafrique : L’ex Séléka déclare la création de l’Etat du Dar El Kouti

    • •   AUGUST 18, 2014
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    V.M

    BIRAO (LNC) — Dans deux communiqué de presse parus dimanche, Michel Djotodia a annoncé la création dans le Nord de la Centrafrique de l’Etat du Dar El Kouti.

    L’entièreté du dit Communiqué :

    “ETAT DE DAR EL KOUTI 
    -=-=-=-=-=-=-=- 
    FRONT POPULAIRE POUR LA RENAISSANCE DE CENTRAFRIQUE 
    -=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=- 
    Présidence du Bureau Politique 
    -=-=-=-=-

    DECISION N°003-14 PORTANT NOMINATION DES 
    MEMBRES DU GOUVERNEMENT PROVISOIRE DE L’ETAT DE DAR EL KOUTI. 
    Vu la Décision n°002-14 de 15 Août 2014 portant création de l’Etat de DAR EL KOUTI ; 
    Vu le communiqué final des assises de BIRAO du 06 au 10 juillet 2014 portant la mise en place du bureau politique de Front Populaire pour la Renaissance de Centrafrique (FPRC) ; 
    Vu le communiqué final des assises de NDELE sur la mise place de l’Etat Major des Forces Républicaines ; 
    DECIDE

    Article 1er : Les personnalités dont les noms suivent sont nommés membres du Gouvernement Provisoire de l’Etat de DAR EL KOUTI. 
    Il s’agit de : 
    Chef d’Etat et du Gouvernement Provisoire : Monsieur Michel DJOTODIA AM-NONDROKO

    Ministres d’Etat 
    1. Ministre d’Etat à la Défense Nationale et à la Sécurité Publique : 
    Gl. NOUREDINE ADAM 
    2. Ministre d’Etat à la Promotion Féminine et la Jeunesse : Madame Elodie Mahamat TABANE 
    Secrétaires d’Etat : 
    3. Secrétaire d’Etat aux Affaires Etrangères et au partenariat au Développement : Monsieur Mamadou Moussa DANGABO 
    4. Secrétaire d’Etat au Développement Rural: Dr HAMAT MAL-MAL Essène 
    5. Secrétaire d’Etat aux Finances et au Commerce: Monsieur Fotor ABDEL-DJOUBAR 
    6. Secrétaire d’Etat à la Santé Publique et aux Actions Humanitaires: Monsieur Haroun AMALAS AMLAS 
    7. Secrétaire d’Etat à l’Administration du Territoire et à la Justice : Monsieur Marcel NGAO-LOEMBE 
    8. Secrétaire d’Etat à l’Education Nationale : Monsieur Abakar SABONE 
    9. Secrétaire d’Etat aux Transports et aux Infrastructures: Monsieur Abdoulaye ISSENE RAMADANE 
    10. Secrétaire d’Etat aux Ressources Naturelles : Gl. Ousmane Mahamat OUSMANE 
    11. Secrétaire d’Etat à la Communication et aux Nouvelles Technologies: Monsieur Awal HABILA.

    Article 2 : La présente Décision qui prend effet à compter de la date de sa signature sera enregistrée, notifiée à la communauté internationale et publiée partout au besoin sera.

    Fait à Birao le, 17 Août 2014

    Le Président du Bureau Politique

    Michel DJOTODIA AM-NONDROKO 

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    Published by ALALENGBI SIMON - dans Actualités Nationales
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    16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 07:10
      INTERVIEW

      Centrafrique : Christophe Gazam-Betty parle ouvertement !

      • •   AUGUST 15, 2014
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      Présent à Bangui depuis quelques jours, et contacté par LNC, l’ancien ministre d’Etat centrafricain s’est livré à un petit exercice de vérité.

      Cité récemment par un media centrafricain comme étant un des soutiens passifs et donc devant rendre compte des exactions de la Séléka, il a opposé un démenti clair et net, en faisant même des révélations sur le passage au pouvoir en RCA de la coalition Séléka.

      - LNC : Pourquoi n’étiez-vous pas à Brazzaville ?
      - Christophe Gazam-Betty : Parce que c’était un “NON EVENEMENT”.
      “Il y a eu Libreville, N’Djamena, et maintenant Brazzaville. Tout ça ne donne rien, on n’avance pas.
      Car il faut légiférer pour se mettre en harmonie avec les codes de la communauté internationales.
      Les deux groupes criminels n’ont aucune pression, rien ne les contraint dans cet accord.
      Tout cela n’a aucun sens si rien n’est mis en place judiciairement pour contraindre ces groupes criminels à respecter leurs signatures.”

      - LNC : Vous étiez un proche de Michel Djotodia et même son ministre vous pouviez agir non ?
      - Christophe Gazam-Betty : “Les choses ne se sont pas passées comme prévu. Lorsque nous avions passé le PK12 pour prendre le pouvoir à Bangui, c’était pour changer les choses, pour une nouvelle donne politique, pas pour des crimes avec des voyous hors contrôle.
      Je devais mettre en place une vraie structure politique pour le changement au pays. Cela n’a pas été possible. J’ai eu toutes les oppositions possibles de la part de Michel Djotodia.
      D’ailleurs, on s’est fâché quand il avait eu l’idée saugrenue de rétablir l’impôt de capitation.
      Et je lui ai dit, mais est-ce tu te rends compte de la connotation symbolique d’un tel acte ? Nos parents étaient chicoté pour cet impôt, et tu veux le rétablir ? Qui va payer, les pauvres gens sans moyens ?
      Que reste-t’il du passage de la Séléka au pouvoir ? Avons-nous fait des choses ? Même pas, avions-nous au moins construit des puits dans des villages pour donner de l’eau potable ? Même pas.
      Et au contraire, au crime de sang il faut y ajouter les crimes économiques.”

      - LNC : Que voulez-vous dire ?
      - Christophe Gazam-Betty : Ecoutez, allez à cette adresse que je vous donne à Bussy St Georges en France (NDLR: Adresse occultée par LNC) et vous y verrez une maison flambant neuve appartenant à Djono ABA et financé à 100% par la société minière SOCO PLC INTL.
      Djono ABA avait accordé d’importantes concessions minières à tout un tas de gens, où sont passé ce que l’on nomme les ‘Super bonus’ ?
      Tout cela fut mise en place à travers une banque malienne.
      Et que dire encore des agissements en sourdine de Crépin Mboli-Goumba ?
      Pour cela que je dis, qu’en plus des crimes de sang, la Séléka s’est rendue coupable de crimes économiques.

      - LNC : Comme vous êtes à Bangui, avez-vous informé la présidente Catherine Samba-Panza de toutes ces dérives ?
      - Christophe Gazam-Betty : Pas encore, j’ai son numéro de téléphone, mais je ne l’ai pas encore contactée.

      - LNC : Avez-vous encore des contacts avec Michel Djotodia ?
      - Christophe Gazam-Betty : Je n’ai aucun contact avec lui, on ne se parle plus depuis longtemps.

      Propos recueillis par Magloire Lamine

      © Août 2014 LNC

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      16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 07:05
      ANALYSE

      CHRONIQUE/ MARTIN ZIGUELE LA FACILE VICTIME EXPIATOIRE

      • •   MARCH 27, 2014
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      Martin-Ziguélé.-1-_0

      Par Sandra Martin-White 
      Analyste juridique et politique de LNC 

      Depuis des semaines, sur les réseaux sociaux, on assiste à ce qui pourrait s’assimiler à du ‘Ziguélé bashing’.
      Pourquoi tant de haine contre le politicien centrafricain le plus connu dans le monde ?

      DECRYPTAGE

      Cet assureur de formation, natif de Paoua, qui avait fait ses études secondaires au Séminaire de Bossangoa, sera nommé Premier Ministre le 1er avril 2001 par Décret du Président Ange-Félix Patassé. 
      Il le restera jusqu’au coup d’État du 15 mars 2003 du Général François Bozizé.
      Lors des élections de 2005, il sera un candidat indépendant, soutenu par le Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain MLPC dont il deviendra le Président jusqu’à ce jour, en dépit à l’époque des réticences à son propos de Ange Félix Patassé soi-même.

      Et ce sera sous la présidence de Martin Ziguélé que très vite le MLPC deviendra le premier parti politique centrafricain, nonobstant l’hégémonie du KNK le parti orange, créé par François Bozizé, truffé de magouilles politiques et électorales pour sa propre cause. 
      Depuis la chute de Bozizé, le KNK est devenu parti moribond, tandis que le MLPC surnage sur les eaux, en dépit de puissants courants internes de contestation.
      Car pour nombre de militants, les choix politiques du président ne sont pas toujours judicieux.

      Néanmoins, il est assez consternant de voir des reproches fait à Ziguélé d’être de collusion avec les Séléka.

      Martin Ziguélé n’a tué personne, ni n’a incité qui que ce soit à tuer qui que ce soit.
      Il fut même victime du coup d’état de François Bozizé.
      Ce qui en la matière est tout, sauf démocratique.

      Et il fut réaliste en reconnaissant à l’époque le pouvoir Séléka, que faire d’autre ?
      Réaliste encore en estimant très vite qu’il fallait que des forces internationales interviennent pour tenter de sécuriser le pays.
      un pays fantôme en dérive.

      Toutefois à charge, il lui est reproché son actif lobbying personnel en Europe.
      Car il n’a eu de cesse de plaider sa cause personnelle en France auprès des décideurs susceptibles de l’aider à être président lors des prochaines élections – ce qui fait un peu réactivation de la Françafrique – de ne pas avoir de mots contre les exactions des Séléka une année durant, et surtout, d’avoir, à un moment plus que inopportun, mis en place l’AFDT l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Transition, se voulant être le rassemblement des partis d’opposition, au moment ou ce sont ses amis qui sont au pouvoir via un coup d’état.

      Par ailleurs, comme pour d’autres politiciens centrafricains, personne ne l’a vu être allé en province parler à la population, ni encore s’exprimer sur le problème Anti-Balaka plongeant le pays dans le sang des innocents.

      Ce qui fait dire aux électeurs en RCA : ‘On l’attend’, façon de dire que l’on ne votera pas pour lui.

      Un terrible défi pour cet homme se croyant déjà élu, tant tout se mettait en place pour sa victoire.
      L’autoroute de la présidence est devenue un chemin de croix.

      Saura-t’il sortir et rebondir de son chemin de Damas ?
      Car s’il a commis des erreurs, notamment par manque de courage politique, et de vision et de perspectives, il ne saurait en aucune manière être le responsable de tout ce qui ne va pas.

      Martin Ziguélé est un républicain, l’un des rares politiciens centrafricains à respecter les lois républicaines.
      Pas le cas de tous….


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      16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 06:44
        ANALYSE

        ANALYSE/La Partition de la RCA, conséquence d’une longue déshérence

        • •   JULY 27, 2014
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        Par Fabiana Álvarez

        “Sécession de fait” selon l’ONU, la messe en Centrafrique serait-elle déjà dite ?

        Mohamed Moussa Dhaffane n’aura pas réussi à imposer à Brazzaville l’idée de la partition de la République Centrafricaine selon la requête de l’aile militaire de la Séléka.
        Ce qui dès le lendemain a soulevé la colère de Joseph Zoundeïko le Chef d’Etat Major de la Séléka, et annoncé le rejet du dit Accord de cessation des hostilités.

        On savait cet Accord ‘à minima’ très fragile, parce que pas négocié sur le fond, et en final, ne recelant que, comme l’écrivait Sandra Martin-White : “des incantations laissées au libre bon vouloir des protagonistes.” Un document vide.

        NORD, SUD, UNE VIEILLE HISTOIRE

        La République Centrafricaine, pays né des hasards et des reliquats des découpages coloniaux n’a jamais réussi à être une Nation au sens juridique du mot.
        Dès sa naissance, le Sud autour de Bangui, favorisé par l’ancienne puissance coloniale a toujours dominé les débats, laissant tout le vaste Nord à l’abandon.
        Les Rounga et les Goula par exemple ne sont vus par les sudistes que comme des étrangers tchadiens ou soudanais.
        L’administration centrale dans des zones comme N’Délé et Birao est inexistante, ce qui laisse les populations locales à la merci des milices armées qui pullulent dans ces zones.

        Il n’y a jamais eu de fraternisation nationale entre toutes les ethnies du pays. Bien au contraire, les différents pouvoirs à la tête du pays, à l’exception de celui de Bokassa, n’auront fait qu’amplifier le phénomène de la ségrégation et du tribalisme.
        Le “tango ti ë fade so ti tè ngô ni a ga awe” (c’est maintenant notre tour de bouffer”) fait la loi.

        Grognes et frustrations, la pression montait déjà dans la cocotte. Et les troubles des 2008 auront été un puissant signe avant coureur de l’idée d’autonomie du Nord.

        INCOHERENCE DES TENANTS DE L’UNITE

        Le phénomène Séléka va changer très fortement les donnes.
        Composée à plus de 80% de soldats de confession musulmane, leur identification à toute la communauté musulmane centrafricaine pour beaucoup allait de soi.
        Et des exactions innombrables de ces Séléka, s’en suivra une haine farouche de tous les civils musulmans dans le pays.
        La nébuleuse Anti-Balaka s’en fait son maître mot : “Nettoyer le pays de tous les musulmans nationaux”.
        Méthodiquement, et devant le pouvoir et les forces internationales spectateurs, ils chassent les musulmans partout où ils en trouvent.

        Poussant même l’aberration de les attaquer même quand ils quittaient le pays et les agressant dans leurs camps de fortune au Cameroun ou au Tchad voisins.
        Dès lors, ce n’est plus le ‘On ne veut pas d’eux’, mais ‘On veut les tuer tous’. S’ils ne veulent plus d’eux, pourquoi les traquer dans des Guet-apens durant leur exil ? ABSURDE et démonstration que les Anti-Balaka ne sont que des groupes criminels de réaction sans consistance politique

        En conséquence, où ira vivre toute la population centrafricaine de confession islamique ?
        L’idée de partition dès lors allait de soi.
        Et qu’est-ce que cela changerait dans le pays ? La partition dans les faits existe depuis le début en RCALa Centrafrique n’existe pas, ce n’est qu’une expression géographique.

        La solution finalement pour garder une unité politique du pays tout en acceptant une partition, ce serait LA FEDERATION, comme au Nigéria.
        Un Pouvoir central chapeautant deux administrations régionales.

        Le texte de paix de Brazzaville étant déjà un papier inutile, les phases 2 et 3 des négociations devant se tenir à Bangui devraient très sérieusement se pencher sur cette idée.
        Car autrement, on ira au devant de grandes agitations des Nordistes appuyés par les Séléka, trouvant là une occasion inespérée de se justifier politiquement.

        Comme toujours en RCA, on ne négocie jamais, on passe en force.
        Et ce ne seront ni Bangui n’ayant aucun poids ni pouvoir, ni les inexistantes forces internationales qui empêcheront l’inéluctable de se produire.

        Car soit on discute de l’idée d’une FÉDÉRATION afin de sauver ce qui peut l’être de l’unité nationale, soit le pays EXPLOSE.

        Qu’ont fait jusque là pour l’unité du pays ceux qui ne cessent de crier maintenant UNE CENTRAFRIQUE INDIVISIBLE ?

        © Juillet 2014 LNC

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        15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 22:03

        L’OCCUPATION NAZIE DE LA CENTRAFRIQUE DOIT CESSER

        PASSEMA ENDJIAGO – 15 Août 2014.

        Depuis mars 2003, la Centrafrique est occupée par des hordes de barbares nazies venues du SOUDAN et du TCHAD pour, dans un premier temps, installer à la tête du pays leur laquais et suppôt de «Curé  Général-Président » parti de DJAMENA au TCHAD d’où il avait rassemblé les moyens de cette forfaiture avec l’ordre de démanteler les forces de défense et de sécurité centrafricaines.

        De 2003 à 2012, profitant de l’absence de tout service public de défense et de sécurité efficace, car progressivement démantelé par le curé général-président, ces hordes de barbares nazies se sont livrées à des pillages à travers toute la Centrafrique, emportant tous les biens, y compris les bétails, vers le SOUDAN et plus spécifiquement vers le TCHAD.

        Le 10 décembre 2012, ces nazis se sont regroupés, pour constituer une ALLIANCE DE LA MORT dite SELEKA, ont déferlé à travers le pays, détruisant tout sur leur passage, pour arriver, le 24 mars 2013, à Bangui, provoquant la fuite de leur ancien allié qu’ils avaient installé à la tête de la Centrafrique 10 ans plutôt. Toutes les traces de la culture ancestrale centrafricaine, basée sur la LIBERTE, la JUSTICE et la TOLERANCE, sont systématiquement effacées par ces horribles êtres abominables et funestes. Ils se sont employés à détruire toutes les archives administratives dans le but avoué de remplacer les populations autochtones centrafricaines par tous ceux qu’ils ont prévus d’installer sur le territoire dont il faut préalablement débarrasser les centrafricains par une entreprise d’extermination sélective ne préservant que ceux qui sont arrivés du SOUDAN et du TCHAD quelques années auparavant et qui devant l’absence de documents et de preuves administratives seraient automatiquement répertoriés comme des Centrafricains. Les populations autochtones centrafricaines, devenues minoritaires, disparaîtraient progressivement, soit par assimilation forcée, soit par extermination.

        Installés à la tête de la Centrafrique, ils se sont livrés aux pires atrocités qui dépassent celles infligées par les nazis aux peuples européens entre 1939 et 1945.

        Il est à rappeler qu’après la terrible défaite militaire contre les allemands, entre mai et juin 1940, la France avait été découpée en deux zones, alors qu’actuellement le territoire centrafricain est totalement occupé par ces hordes de barbares nazis. La partie Nord de la France était occupée par l’armée allemande et la partie sud était restée libre jusqu’en 1942, date à laquelle l’armée allemande occupa toute la France. Cette occupation était lourde pour la France qui devait payer de lourdes compensations financières et qui voyait ses ressources pillées au profit de l’Allemagne nazie. C’est exactement ce que subissent les Centrafricains subissant l’occupation de leur pays par les nazis soudano-tchadiens et leurs valets centrafricains. Pour ce qui était de la France, en collaboration avec les autorités du gouvernement de Vichy, les nazis traquaient les Résistants et patriotes français, arrêtaient et déportaient les Juifs. La vie quotidienne des Français était difficile à cause des privations, de la peur et de la suspicion…C’est cette situation qui est imposée aux populations centrafricaines à travers toute la Centrafrique malgré la présence des forces internationales MISCA et SANGARIS. Tout l’est de la Centrafrique est entièrement sous occupation soudano-tchadienne. Tous les enfants soldats venus du Soudan et du Tchad rançonnent, violent à leur guise dans cette partie du pays sous occupation.

        En Europe, l’occupation avait pris fin le 8 mai 1945 avec la Libération de la France. La Centrafrique doit également être libérée de l’occupation des hordes de barbares nazis qui doivent être, préalablement désarmés par les forces internationales, conformément aux dispositions des résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies, avant d’être remis à la Justice. Leurs hommes de main doivent être renvoyés dans leur pays, sans conditions, avant toute organisation d’élections. Le 15 septembre 2014 doit être, pour la Centrafrique, comparable au 15 Août 1945 pour l’Europe et le reste du monde avec le débarquement en Provence auquel avaient pris part des Combattants Centrafricain.

        En France, le gouvernement établit à Vichy sous la direction du maréchal Pétain (qui constituait le régime de la France pendant l’occupation allemande) était un régime autoritaire, corporatiste, antisémite et anticommuniste. Il pratiquait dès l’automne 1940 une collaboration avec l’Allemagne. En Centrafrique, les personnages des institutions de transit collaborent étroitement avec les assassins et criminels, bourreaux du peuple centrafricain, en confessionalisant, à marche forcée, la vie politique de notre pays, avec la ferme détermination d’en faire un pays placé sous le règne de la barbarie nazie tropicale. Quelques éléments des structures de trahison (transition), plus précisément ceux du CNT (Conseil National de Trahison) vivent en France financés par cette structure aux ordres pour cracher leur venin sur les morts des Centrafricains qu’ils accusent d’avoir toujours été des criminels.

        Les traditions séculaires centrafricaines n’imposaient pas aux Centrafricaines et aux Centrafricains des pratiques religieuses particulières. Les Centrafricains, croyants ou non, étaient libres d’exercer leurs droits de participation à la vie commune. Ils ne s’encombraient pas de clergés quelconques dans leur vie quotidienne. Le culte voué à YAMBISSI, GBANGUIRINGOU, NGAKOLA, YILINGOU…n’imposait aucune contrainte particulière. Les  Centrafricains n’ont pas de leçons à recevoir, de qui que ce soit, en matière de LIBERTE et n’accepteront pas qu’on vienne leur imposer des pratiques barbares totalement étrangères à leurs coutumes et traditions.

        De la même façon, le gouvernement établi à Bangui, depuis la destitution du premier guignol de l’Alliance de la mort dite Séléka, le soudano-centrafricain tête de pont de l’occupation, en janvier 2014, obéit, au doigt et à l’œil, aux injonctions de ceux qui l’ont investi, au point d’injurier le peuple centrafricain en lui imposant des institutions confessionnelles à la tête du pays au lieu de faire appel à des personnes totalement neutres pour mettre en place les bases de ce qui pourrait permettre de commencer à bâtir un ETAT sur le territoire centrafricain.

        La dame transitaire de l’Alliance de la mort (SELEKA), s’imaginant qu’elle pourra faire avaler aux Centrafricains et à l’opinion internationale la mise en scène selon laquelle elle disposerait d’une quelconque parcelle d’autonomie, fait dire à la radio, le dimanche 10 août 2014, le nom d’un des membres de la horde des barbares nazis soudano-tchadiens comme étant le chef du gouvernement de transit intestinal.

         Jamais, dans  l’histoire récente de la Centrafrique et en dépit de l’oppression exercée sur notre peuple par les différents régimes fascistes de type nazi, depuis 1960, que nous avons du subir, dans l’indifférence totale du reste de la communauté internationale, il n’a été question de confessionnaliser la vie publique centrafricaine, confessionnalisation qui a toujours été et est source de désordre ailleurs dans beaucoup de pays dans le monde.

        Pour notre part, peu importe l’appartenance religieuse de la Centrafricaine ou du Centrafricain appelé à gérer les affaires de la Centrafrique, ce qui est inacceptable c’est la mise en avant de la confession des concernés lorsqu’on leur demande de participer à la gestion des affaires publiques.

        Il n y a pas en Centrafrique des individus et des groupes d’individus caractérisés par leur appartenance religieuse. Il n y a que des Centrafricains libres et EGAUX DEVANT LES INJUSTICES ET OPPRESSIONS SUBIES PENDANT DES DECENNIES. Tous, nous avons faits l’objet de discriminations, sans discriminations, de la part des fascistes de type nazi qui ont sévi à la tête de notre pays pendant plus de cinquante ans.

        Le peuple centrafricain ne veut pas de la LIBANISATION de son pays, ni de la situation à l’irlandaise. Il refuse qu’on lui impose des catégorisations fondées sur des considérations d’opportunité religieuse. S’il y a eu des fascistes de type nazis qui se sont déguisés en curés, pasteurs, prêtres de tout acabit, en même temps qu’ils occupaient, illégalement, injustement les différentes sphères de la vie publique de notre pays, pour nous, ces énergumènes ne représentaient qu’eux – mêmes et en aucun cas ils n’étaient les représentants de notre peuple. Le prétexte insultant de la religion qui est utilisé pour nous assujettir ne aurait nous détourner de l’inexorable combat pour la conquête de la LIBERTE qui commande notre raison d’être.

        Nous ne reconnaissons pas le gouvernement d’assassins et de criminels nazis sous ordres de l’occupant à la tête de notre pays. Toute personne aimant la Centrafrique doit aider le peuple centrafricain à recouvrir sa dignité, comme les Centrafricains, à deux reprises (1914 et 1939-45), ont aidé les Européens à triompher de la barbarie nazie. Le combattant ENDJIAGO, de la garnison d’Afrique Equatoriale Française de BRIA en 1940, en Centrafrique, était de ceux qui, en participant à la formation du Bataillon de Marche N°2 (BM2), ont été les éléments fondateurs de la 2ème Division Blindée sous le commandement du général Leclerc.

        En raison de la poursuite de l’occupation, ce jour 15 Août 2014, de la Centrafrique par les barbares nazis soudano - tchadiens, les participants à la commémoration du soixante dixième anniversaire du débarquement des troupes africaines en Provence le 15 Août 1945, ont décidé de ne pas y associer les forces d’occupation nazie dans un pays dont huit cent ressortissants avaient vaillamment participé à la Victoire contre la barbarie nazie. L’Europe a une dette envers le peuple centrafricain qui a été parmi les premiers à participer à la lutte contre la barbarie nazie dès 1940. Le peuple centrafricain attend toujours la mise à disposition par les Européens, conformément aux résolutions des Nations Unies, des moyens humains et matériels, dans le cadre de l’EUFOR, pour la Libération totale et définitive de la Centrafrique.

        Tous les antifascistes du monde entier doivent se mobiliser pour la Libération de la Centrafrique de l’occupation nazie. Vendredi 15 Août 2014

        PASSEMA ENDJIAGO F. – cacdca@hotmail.com - +(33)6856119

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        15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 08:32

        CENTRAFRIQUE: MISE EN GARDE CONTRE LES POSTES PROPOSES A DES CRIMINELS

        Amnesty International invite Mme Catherine Samba-Panza, à veiller à ce qu’aucun poste au sein du gouvernement ne soit proposé à des individus soupçonnés d’infractions au droit international

         À la suite de la démission du Premier ministre centrafricain et de son gouvernement, Amnesty International a appelé les autorités centrafricaines concernées, notamment la présidente de transition,Catherine Samba-Panza, l’invitant à veiller à ce qu’aucun poste au sein du gouvernement ne soit proposé à des individus soupçonnés d’être impliqués dans des infractions au droit international. Pour Amnesty International, ces personnes doivent, au contraire, être traduites en justice dans le cadre de procès équitables à l’issue desquels, elles n’encourront pas la peine de mort. « Les autorités transitionnelles de Centrafrique doivent veiller à ce que les changements dans la composition du gouvernement ne débouchent pas sur une situation dans laquelle, les nouveaux membres du gouvernement se serviraient de leur position pour commettre de nouvelles violations des droits humains ou pour empêcher que des enquêtes efficaces soient menées contre eux-mêmes ou leurs alliés« , a déclaré Christian Mukosa, spécialiste de la République centrafricaine au sein d’Amnesty International.

        Cette organisation a reçu des informations dignes de foi indiquant que des personnes soupçonnées de graves atteintes aux droits humains tenteraient d’obtenir un poste au sein du nouveau gouvernement. L’appel de l’organisation intervient quelques heures après que le Premier ministre centrafricain, André Nzapayéké et l’ensemble de ses ministres ont présenté leur démission. Cette décision a fait suite à l’accord de cessez-le-feu signé le 23 juillet 2014 à Brazzaville, au Congo, par des représentants de groupes armés, y compris des anti-Balaka et de la Séléka, de partis politiques, de cultes et d’organisations de la Société civile. 

        Dans un rapport, intitulé « République centrafricaine: il est temps de rendre des comptes » et publié le 10 juillet 2014, Amnesty International citait des membres et des alliés des groupes anti-Balaka et de la Séléka soupçonnés d’être impliqués dans de graves atteintes aux droits humains et des violations du droit international humanitaire, notamment les anciens présidents François Bozizé et Michel Djotodia, des coordonnateurs anti-Balaka, comme Levy Yakété et Patrice-Édouard Ngaissona et des commandants de la Séléka, tels que Nourredine Adam. Ce rapport demandait que soient menées des enquêtes efficaces et que des poursuites judiciaires soient engagées dans tous les cas pour lesquels, il existerait suffisamment de preuves recevables d’implication dans des infractions au droit international. 

        Le 11 juillet 2014, un congrès de la Séléka a désigné Michel Djotodia, ancien président de République centrafricaine et Nourredine Adam, ancien commandant et ministre, comme les nouveaux président et vice-président du groupe armé, respectivement. Ces deux hommes sont sous le coup de sanctions de la part des Nations unies et des États-Unis pour leur implication présumée dans des violations des droits humains commises en République centrafricaine. « Si des individus soupçonnés d’être impliqués dans des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et d’autres graves atteintes aux droits humains sont autorisés à intégrer le gouvernement, ce sera un désastre pour un pays luttant pour mettre fin à l’impunité qui a alimenté une terrible violence pendant des mois« , selon Christian Mukosa« Au lieu de faciliter l’impunité, le gouvernement de transition doit veiller à ce que les membres des milices anti-Balaka et de la Séléka, leurs alliés respectifs et tous les autres individus et groupes soupçonnés d’être impliqués dans des atteintes aux droits humains et des infractions au droit international humanitaire soient traduits devant les tribunaux afin que le long parcours vers la justice puisse débuter pour les victimes en République centrafricaine« , a-t-il estimé.

        Par Source: PANA – 11/08/2014

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        14 août 2014 4 14 /08 /août /2014 10:35

        NDLR: le riducule ne tue plus , ils le payeront très cher

        RAINALDY SIOKÉ (RDC) ET MARTIN ZIGUÉLÉ (MLPC) PLAIDENT POUR LA SELEKA DE NOURREDINE ADAM

        Mercredi 13 Août 2014

        Cela tombe sous le sens. Comment s'étonner que les partisans indéfectibles d'hier puissent se départir de la séléka?


        A peine nommé président des conférences des présidents de l'Alliance des Forces Démocratiques pour la Transition-AFDT après le tristement célèbre cofondateur de la séléka Martin ZIGUELE devenu ennemi n°1 du peuple centrafricain, à cause justement de sa traîtrise, le Pr. Rainaldy SIOKE n'attendra jamais longtemps pour commencer à faire son travail de "porte-parole" de la nébuleuse coalition rebelle de la séléka, auteur du drame centrafricain.  

        Comment comprendre qu'une organisation dite "démocratique" apporte clairement son soutien à une organisation criminelle et terroriste? Là encore, il faut des preuves pour faire le lien? Lorsque les responsables de l'AFDT plaident pour la cause de la séléka librement sur les ondes des médias nationaux et internationaux et donnent clairement leur point de vue relatif à l'implication de ceux-là qui n'ont fait que mettre le pays à feu et à sang. 

        Il ne fait aujourd'hui aucun doute que l'aile politique de séléka, même changée de nom FARE, c'est bel et bien l'AFDT de Martin ZIGUELE, Me Nicolas TIANGAYE, Louis Pierre GAMBA et SIOKE Rainaldy. En tout cas, le contexte de globalisation permet à ce que tout se sait et tout finira par se savoir, c'est le cas actuel des soit-disant hommes politiques démocratiques alors qu'en réalité de tout temps sont des auteurs intellectuels des groupes armés en République Centrafricaine. 

        La crise sécuritaire et humanitaire qu'endure le peuple centrafricain est le fait des politiques malveillants d'une classe politique consubstantiellement indigente.

        Rainaldy Sioké (RDC) et Martin Ziguélé (MLPC) plaident pour la Seleka de Nourredine Adam
               ALLIANCE DES FORCES DEMOCRATIQUES POUR LA TRANSITION (AFDT) 
                                (ASD-CRPS-MCP-MDES-MLPC-RDC-UDECA) 
          
        COMMUNIQUE DE PRESSE 
          
           L’Alliance des Forces Démocratique pour la Transition (AFDT) s’est inscrite dans une dynamique de dialogue républicain en vue de la réussite de la transition en cours et du retour de la paix de la sécurité et de la concorde nationale. 
        Cette recherche constante du dialogue se fonde sur l’impérieuse nécessité d’une transition consensuelle, gage d’une véritable réconciliation nationale dans la justice. 

          L’AFDT a suivi, le dimanche 10 Aout 2014, la nomination du nouveau Premier Ministre de la transition en la personne de Monsieur Mahamat KAMOUN, ancien Conseiller Spécial à la Présidence de la République et en prend acte. 
        Toutefois, l’AFDT estime que dans la situation actuelle de notre pays où les tensions sont vives et les positions tranchées, la recherche absolue du consensus, conformément à l’esprit de la transition en cours, devrait prévaloir en dépit des difficultés objectives, dans la désignation d’un Premier Ministre ou d’un Gouvernement. . 

        En conséquence, l’AFDT souhaite que la mise en place du prochain Gouvernement soit momentanément suspendue et qu’entretemps, les autorités de la transition saisissent de manière diligente  la médiation internationale afin qu’elle s’implique sans délai dans la décrispation de la situation politique afin d’éviter à notre pays le risque d’un blocage institutionnel inutile, eu égard au refus de certaines entités de participer au prochain Gouvernement. 

                                                                                               Fait à Bangui le 12 Aout 2014 
                                                                                   Le Président de la Conférence des Présidents 
                                                                                               Pr. Joachim SIOKE RAINALDY     
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        13 août 2014 3 13 /08 /août /2014 22:38

        Bangui: l’élargissement du CNT aux Anti-Balaka est-il une nécessité?

        Par journaldebangui.com - 12/08/2014

        La question a été évoquée lors de la 5ème session extraordinaire du Conseil National de Transition (CNT) dont les travaux se sont achevés le 07 août 2014 dernier

         

        Le compte rendu du Conseiller National, Représentant élu de la Diaspora au CNT-Zone Europe

        Les lampions se sont éteints sur la 5ème session extraordinaire du Conseil National de Transition (CNT) le jeudi 07 août 2014. Convoquée au lendemain du Forum de Brazzaville le 1er août 2014, l’ordre du jour de cette session s’est articulé en trois points. 

        Et que faut-il en retenir?
        La restitution du Forum de Brazzaville par la délégation du CNT à cette rencontre aux Conseillers Nationaux a constitué la première partie des travaux, centrée essentiellement sur l’accord de cessation des hostilités. Car il n’y a pas eu d’accord, à Brazzaville, sur les deux ateliers de travail sur le Désarmement-Démobilisation-Reconversion (DDR) et les questions politiques pour lesquels les débats devraient, en toute logique, se faire sur le territoire national. 

        Il convient de préciser que le processus politique devant conduire au retour de la paix a commencé par cette première étape qu’est le Forum de Brazzaville. La deuxième étape va être les consultations populaires pour culminer en une troisième phase qui sera le Forum de réconciliation nationale et de reconstruction.

        Le mercredi 06 août 2014, la perspective de la démission du Premier Ministre et de son Gouvernement n’a pas permis l’examen du second point de l’ordre du jour de la 5ème session extraordinaire, à savoir, l’évaluation de la mise en œuvre de la Feuille de route. 

        L’éventualité de l’élargissement du Conseil National de Transition (CNT) aux Anti-Balaka, bien qu’il ne soit pas évoqué à Brazzaville, est une nécessité dans le nouveau contexte politique. Ce qui implique une relecture de la Charte Constitutionnelle, en son article 50. A terme, le Conseil National de Transition comptera 150 membres, au lieu de 135 aujourd’hui, avec 15 Représentants Séléka et 15 Représentants Anti-Balaka. Les débats à ce sujet sont ainsi lancés et ce troisième point de l’ordre du jour n’a pu être débattu en plénière lors de cette session.

        Fait à Bangui, le 08 août 2014

        Clotaire SAULET-SURUNGBA
        Conseiller National
        Représentant élu de la Diaspora au CNT-Zone Europe 
        Contact : clotairesaulet3@gmail.com
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        13 août 2014 3 13 /08 /août /2014 08:55

        NDLR: Analyse de l'aveu de la presidence de la mise sous tutelle de notre pays  

        DISCOURS DE SON EXCELLENCE MADAME LE CHEF DE L’ETAT DE TRANSITION À L’OCCASION DE LA CÉLÉBRATION DU 13 AOÛT, DATE ANNIVERSAIRE DE LA PROCLAMATION DE L’INDÉPENDANCE DE LA RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

        Mardi 12 Août 2014

        Discours de Son Excellence Madame le Chef de l’Etat de Transition à l’occasion de la célébration du 13 Août, date anniversaire de la Proclamation de l’Indépendance de la République Centrafricaine

        Centrafricaines, Centrafricains, 
        Mes chers compatriotes, 
        Demain 13 Août 2014, notre pays célébrera le 54e anniversaire de son accession à l’indépendance politique et à la reconnaissance internationale. D’  OUBANGUI-CHARI, ancienne colonie française de   l’A.E.F, notre pays devenait République Centrafricaine, à l’instar de nombreuses ex-colonies françaises  d’Afrique. 
        Le 13 août est de ce fait un grand jour pour tous les Centrafricains en tant que jour de ce passage historique de l’état d’un pays colonisé à un Etat indépendant. En tant que tel, il est le jour de la fierté d’un peuple qui s’est battu pour s’affranchir de la domination et de la servitude qui lui avaient été infligées pendant des siècles. 
        Nous nous souviendrons en effet qu’il a fallu la lutte héroïque et patriotique de figures emblématiques telles que  KARINOUBARAM-BAKIEBarthélemy BOGANDA et ABEL GOUMBA pour que nous puissions accéder à  cette émancipation historique.  Le 13 Août 1960 était donc l’aboutissement de la lutte de tout un peuple qui aspirait légitimement à la liberté, à la dignité et à la reconnaissance internationale. 
        Demain sera donc un grand jour pour l’ensemble du peuple Centrafricain, pour sa jeunesse, pour ses femmes et pour ses travailleurs dont les ancêtres se sont montrés à la hauteur de la mission historique qui était la leur, celle de sortir le pays d’une longue nuit de torpeur, de violations et d'exploitations éhontées. 
        Parmi les pionniers de cette lutte du peuple Centrafricain, demain nous nous souviendrons tout particulièrement du  feu Président David DACKO qui,  du haut de sa jeunesse (à peine 29ans), a eu la lourde responsabilité de recevoir des mains de la France le transfert de l’ensemble des pouvoirs régaliens d’un ETAT souverain et qui a impulsé le processus de construction d’une véritable République Centrafricaine indépendante. La tâche ne fut pas aisée, mais la Proclamation de l’Indépendance nationale fut à tous égards l’annonce d’un nouveau départ pour la République Centrafricaine. 
        C’est hommage au Président David DACKO est justifié dans la mesure où la prospérité de notre pays dans les années 60, 70, voire 80 ne s’expliquait que par la politique de rassemblement et de paix qu’il a pratiquée. A contrario, quand les dirigeants qui lui ont succédé se sont détournés de cette politique, notre pays a connu cette véritable descente aux enfers dont nous tentons péniblement de nous relever depuis lors. 
        Notre pays, naguère respecté de tous et qui connaissait un rayonnement international appréciable, a amorcé en l’espace de trois décennies infernales, une véritable descente aux enfers. 
        Ainsi, depuis environ trente ans, l’histoire de notre pays est ponctuée de turbulences récurrentes, marquées par les Coups d’Etat militaires, les grèves sociales à répétition, les mutineries d’une Partie des Forces armées Centrafricaines qui vont culminer depuis 2003 dans un cycle sans fin de rebellions armées. Ces rebellions à répétition ont engendré à leur tour un chaos indescriptible tant sur le plan Politique, sécuritaire, humanitaire qu’économique. 
        Mes chers compatriotes, 
        Comparativement aux autres pays qui ont accédé à l’indépendance au même moment que nous, le bilan de nos années d’Indépendance ne nous fait pas par honneur. Il ne fait en tout cas pas honneur aux successeurs des pères de l’indépendance qui sont certainement comptables des errements qui ont conduit aux graves menaces qui pèsent aujourd’hui sur le pays, sur son indépendance et sur l’intégrité de son territoire dont les frontières ont été héritées de la colonisation. 
        La pire de ces menaces est la menace de partition de la République Centrafricaine agitée par des extrémistes en mal de pouvoir. A juste titre, cette menace a été considérée par le Forum de Brazzaville comme un projet suicidaire. Elle est considérée par la majorité des centrafricains comme une imposture politique à l’égard des valeurs sacrées d’unité et de dignité léguées par le Président Fondateur, Barthélémy BOGANDA 
        Au regard de cette menace, tous les Centrafricains devraient aujourd’hui s’engager à combattre farouchement ce projet funeste pour ne pas que  le sacrifice suprême de BOGANDA ne soit pas vain.  Je note d’ailleurs que ce projet réveille déjà le patriotisme Centrafricain et je ne doute pas que ce 13 Août 2014 va raffermir ce sentiment d’appartenir à une Nation, à un pays uni et indivisible. 
        Au moment où nous célébrons le 54ème anniversaire de l’Indépendance de notre beau pays, la situation de la République Centrafricaine reste marquée par des tensions sécuritaire, politique et social perceptibles. 
        Tous les indicateurs de notre société sont aujourd’hui au rouge et expliquent à eux seuls la difficile transition politique dont j’ai la charge. 
        La République Centrafricaine notre pays n’a pas les moyens de son indépendance et de sa souveraineté, par la propre faute des ses filles et de ses fils. Tout comme les Autorités de la Transition n’ont pas les moyens de leur vision et de leur politique. Le gouvernement de transition n'a pas non plus les coudées franches pour porter la Feuille de Route qui justifie son existence et sa mission. 
        Mes chers compatriotes, 
        Je me suis personnellement investie pour que le Forum de Brazzaville se tienne parce qu’il nous fallait absolument cet Accord  de cessation des hostilités qui est la première étape d’une nouvelle dynamique de la Transition qui devrait déboucher sur les consultations populaires et le dialogue national au sommet à Bangui. Le Forum de Brazzaville doit être le point de départ d’une nouvelle ère de notre pays à la recherche d’un nouveau souffle et d’une nouvelle âme pour sa refondation sur de nouvelles bases. Le Forum de Brazzaville a en effet permis d’obtenir l’adhésion de toutes les forces vives de la Nation à une dynamique de Dialogue, de consensus, de Paix et de Réconciliation Nationale. 
        Dans le respect des engagements pris à Brazzaville et afin d’impulser effectivement cette nouvelle dynamique, j'ai demandé et obtenu la démission du Premier Ministre et de son  gouvernement pour permettre la mise en place d’une équipe plus étoffée, plus large, tenant compte de mes propres engagements, des critères de compétence, d’intégrité, de représentativité régionale, d'inclusion de toutes les sensibilités politiques y compris des représentants crédibles des groupes armés. 
        Je voudrais ici louer le patriotisme et le courage du Premier Ministre sortant, André Nzapayéké, qui n’a pas démérité et qui a su  percevoir l’enjeu  de la situation et a accepté de démissionner dans l’intérêt supérieur de la Nation. Il était en effet impérieux d’opérer ce changement afin de prendre en compte les attentes légitimes de nos Forces Vives. 
        La prochaine étape après la nomination du Premier Ministre est la formation du Gouvernement. Dans l’esprit du forum de Brazzaville, je veillerai personnellement   que le futur gouvernement résulte d’un jeu d’équilibre entre toutes les sensibilités mais qui ne transige pas sur les critères d’intégrité et de moralité. Car je ne dirai jamais assez qu’il n’y aurait jamais de prime à l’impunité sous mon mandat. 
        Mes chers compatriotes, 
        Profitant de cette occasion, je voudrais vous inviter à plus de responsabilité et de maturité dans le contexte actuel où les défis à relever sont encore nombreux. Je voudrais surtout vous inviter à plus de vigilance compte tenu de toutes les manipulations qui s’organisent chaque jour pour déstabiliser les Autorités de la Transition et mettre à mal ce qui reste encore de notre indépendance nationale. 
        Dans le contexte de chaos sécuritaire qui perdure et qui fragilise chaque jour le pays que les BOGANDA et DACKO nous ont léguénous devons sans doute aujourd’hui avoir  le courage de nous interroger sur notre propre vision de l’Indépendance et de la souveraineté nationale malmenées par nos propres turpitudes. 
        Tous ensembles posons-nous ces questions fondamentales: 
          
        • Quelle Indépendance et quelle souveraineté avec des institutions qui vacillent au gré des rebellions armées et des affrontements inter communautaires ?
          
        • Quelle Indépendance et quelle souveraineté avec une économie exsangue et des richesses nationales livrées au pillage et à la contre bande organisés ?
          
        • Quelle Indépendance et quelle souveraineté dans un pays dont l’image s'est ternie à cause de notre génie légendaire de destruction massive et systématique ?
          
        • Quelle indépendance et quelle souveraineté dans un pays pratiquement sous –tutelle et tenue à bout de bras par la Communauté Internationale?
          
        Puisque le 13 Août est aussi un jour de méditation, je vous invite à méditer ces questions dont dépendent notre avenir commun       et surtout la survie de notre Nation. Pour ma part, je dirai simplement que           toute indépendance se consolide et se fortifie au fil de l’histoire par des actes politiques positifs et courageux qui impliquent le respect sans faille des valeurs de la République et principalement les valeurs d’Unité, de Travail et de Dignité soutenues par celles de Liberté, de Démocratie, d’Egalité, de Fraternité et de Respect des règles de la République. 
          
        Mes chers compatriotes, 
          
        L’Indépendance politique dont nous nous targuons aujourd'hui doit être avant tout une attitude, un comportement patriotique et nationaliste, le rejet de la facilité et de l'assistanat. L'indépendance, c’est aussi un acte politique et éthique qui exige le respect des engagements pris soi-même, envers sa communauté et envers la  communauté internationale. 
          
        Pour que notre indépendance soit une réalité, nous devons sans relâche nous investir, nous impliquer dans nos familles, dans nos quartiers, dans nos localités, dans nos villages et dans nos villes pour ramener la paix. Nous devons apporter tout le soutien nécessaire aux forces internationales venues nous aider dans notre quête de paix. Nous devons tous, hommes, femmes et jeunes de Centrafrique apporter notre appui et notre collaboration aux forces de la Misca, de la Sangaris, de l'Eufor et très bientôt de la Minusca pour extirper de nos quartiers les fauteurs de troubles que nous connaissons tous et qui continuent à semer le désordre dans notre pays. 
        Enfin, l'indépendance un acte de Renaissance Nationale

        C’est pourquoi, je réitère mon attachement indéfectible à l’Unité de la République Centrafricaine, une et indivisible, au Travail dans l’Unité, à la compréhension mutuelle, au dialogue, à la tolérance, à la laïcité, au respect mutuel, à la solidarité, à l’honnêteté et à la défense de l’intérêt général. 
        Je m’engage à être la garante de toutes ces valeurs positives dans notre pays pour qu’elles nous aident à nous développer comme les autres pays du monde. J’appelle encore solennellement tous mes compatriotes à s’unir à moi ainsi qu’à toutes les Autorités de la Transition pour pousser la machine de la paix et de la Réconciliation nationale, seule planche de salut actuelle de la République Centrafricaine. 
        Vive la République
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        13 août 2014 3 13 /08 /août /2014 08:35

        Centrafrique. L’accord de Brazzaville, ou l’accord aux trois désarmements [Acte II : Le désarmement du droit en perspective]

        OLYMPUS DIGITAL CAMERA[ Lire le début de la série -1- L’accord de Brazzaville, ou l’accord aux trois désarmements [propos liminaires] ; -2-L’accord de Brazzaville, ou l’accord aux trois désarmements [Acte I : Le désarmement des milices en trompe-l'oeil ?]]

        Lorsque la règle de droit est dépourvue de la double dimension de contrainte et de sanction qui la caractérise, on peut dire que le droit est désarmé. Il est même possible de soutenir qu’il n’y a plus de droit du tout, et que les prescriptions qui sont posées, ou les engagements qui sont pris, ne sont guère plus que des préceptes moraux ou des incantations politiques.

        C’est le cas avec l’accord de Brazzaville, acte formellement juridique, mais dans lequel les parties s’emploient systématiquement à distendre les liens de droit, et donc de contrainte. Et cela dans les deux registres que nous allons voir.

        Un accord en forme de tigre de papier

        Le premier registre concerne l’accord lui-même en tant qu’instrument juridique. Un accord, disent les juristes, est une manifestation de volontés destinée à produire des effets de droit, c’est-à-dire à imposer des obligations de faire ou de ne pas faire dont le respect est sanctionné par l’ordre juridique. C’est ce que signifie la formule que l’on peut entendre ici ou là selon laquelle le contrat, l’accord ou la convention est la loi des parties.

        C’est à ce principe juridique de base que se sont attaquées avant toute chose les parties concernées par la cessation des hostilités et par le désarmement.

        On l’a vu, des engagements sont bien pris, mais sans que leur exécution fasse l’objet de stipulations conséquentes de l’accord. Les articles 8 et 10 qui sont dédiés à cette question de la mise en œuvre se bornent à prévoir la mise en place d’une commission de suivi et sa composition, et à préciser le cas dans lequel cette commission peut être saisie et par qui (article 9 : « En cas de différend ou de difficulté sur l’application du présent Accord, l’une ou l’autre des Parties peut avoir recours à la commission de suivi »).

        Sur les points essentiels, à savoir notamment les pouvoirs de cette commission de suivi, le rôle des organes de l’Etat dans la mise en œuvre de l’accord, les sanctions possibles en cas de non exécution des engagements pris, l’accord de Brazzaville reste totalement muet, délibérément et dramatiquement muet.

        Le droit, oui, mais sans la contrainte et la force nécessaires à son effectivité, tel semble avoir été le maître mot des négociateurs de Brazzaville. Aussi n’y a-t-il pas lieu de s’étonner de la suite qu’on connaît : qu’à peine l’encre des signatures séchée, les combats et les exactions ont repris de plus belle, les revendications de toutes sortes aussi, y compris celle de partition du pays qui implique le maintien, voire le renforcement de la capacité militaire des organisations qui la réclament. C’est que, ceux qui avaient prévu d’agir ainsi avaient pris la précaution de se garantir la liberté de le faire en toute impunité, tout du moins au regard du texte de Brazzaville.

        Un accord qui tente de neutraliser le droit international

        Le second registre du désarmement du droit concerne les rapports de l’accord de Brazzaville avec les ordres juridiques centrafricain et international. Tout est mis en œuvre, en effet, pour minimiser l’impact des normes issues de ces ordres juridiques sur le processus en cours et, finalement, pour poser le primat de l’accord sur ces dernières normes.

        Deux voies sont, à titre principal, empruntées pour tenter d’atteindre ce résultat.

        La première voie est une forme de reconstruction, au profit de l’accord du 23 juillet, de la hiérarchie des normes juridiques. On pourrait objecter à cela qu’une telle intention ne se rencontre pas dans l’accord lui-même, que ce dernier est placé sous le signe du respect du droit, au moins du droit international, ce dont attestent les références appuyées en son préambule à la Charte des Nations Unies et à la Charte constitutive de l’Union africaine, ainsi qu’aux résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU – 2121 (2013) ; 2127 (2014); 2134 (2014) et 2149 (2014) – de même qu’à la Convention africaine sur la protection et l’assistance des personnes déplacées.

        L’objection est sérieuse, mais elle ne résiste guère à l’analyse.

        En effet, pour peu que l’on ne s’en tienne pas aux apparences, le texte de Brazzaville livre une conception paradoxale du droit, une conception qui marche sur la tête en quelque sorte.

        Cette conception là se dégage de la manière dont les sources de droit sont utilisées, et spécialement de l’approche de confusion des sources juridiques qui a été retenue.

        Qu’est-ce à dire ?

        Observons qu’aux côtés des instruments internationaux cités précédemment, les rédacteurs de l’accord mentionnent aussi d’autres textes : Charte constitutionnelle de la transition, recommandations du dialogue inclusif, feuilles de route, résolutions des instances régionales d’Afrique centrale relatives aux conflits en Centrafrique, déclarations et discours politiques, etc.

        Mais ce qu’il importe surtout de relever est, primo, que ces textes sont cités pêle-mêle et, secundo, qu’ils ne sont pas considérés comme devant encadrer l’expression de la volonté des parties à travers l’accord de Brazzaville.

        Que déduire de là ?

        • D’abord qu’en mettant au même rang des instruments proprement juridiques et des déclarations politiques, on sacrifie forcément la force des premiers à la malléabilité et à la volatilité des secondes.
        • Ensuite, et sur le fond, que cette manière de faire tend à transformer l’impératif – l’obligation de désarmer – en une simple faculté, négociable qui plus est. Qui se souvient que les résolutions qui exigent ce désarmement en Centrafrique se présentent juridiquement comme des décisions du Conseil de sécurité et non comme de simples recommandations, et qu’elles ont été adoptées sur le fondement du Chapitre 7 de la Charte des Nations Unies qui implique le recours à la force pour mettre fin aux atteintes à la paix et à la sécurité internationales, mesure la régression que peut constituer pareille entreprise, ainsi que le mépris de la communauté internationale et du droit qui la sous-tend.

        Quoiqu’il en soit, l’accord est conçu comme s’il était affranchi de toute contrainte juridique, interne à la Centrafrique ou internationale, comme si la volonté des « belligérants » était souveraine en tout, qu’elle pouvait faire et défaire tout.

        Ceci n’est évidemment pas concevable pour des esprits attachés à l’Etat de droit, mais correspond bien à un travers pris dans cette longue crise. Les acteurs, aidés en cela par l’inconséquence de la Communauté internationale, n’ont pour référence que les accords qu’ils ont conclu entre eux, celui de Ndjamena et celui de Libreville avant celui de Brazzaville. On se bat alors à coup d’accords : la Séléka ne reconnaissant que l’accord de Ndjamena, l’opposition politique centrafricaine celui de Libreville, et le pouvoir se réclamant de celui de Brazzaville.

        On notera, en passant, que dans une telle conception souverainiste de l’accord, il n’y a que ce qui est convenu entre les parties qui vaille, mais aussi ce qui est ainsi convenu n’a pas à être nécessairement écrit. Seule compte la volonté des « parties » de se lier. Du moins est-ce ce dont convainc la pratique centrafricaine. C’est ainsi qu’est régulièrement invoqué un accord de Ndjamena dont personne ne connaît la teneur, et dont on ne sait même pas s’il a jamais été écrit. C’est ainsi aussi qu’alors que l’accord lui même n’en dit mot, la dévolution de la fonction de Premier ministre à un musulman est réputée faire partie de ce qui a été convenu à Brazzaville.

        J’ai dit précédemment que les « belligérants » tenaient leur volonté pour souveraine. Ce dernier élément montre que la souveraineté ne signifie pas seulement, pour eux, l’absence de contrainte juridique internationale, elle signifie aussi que cette volonté fait fi des citoyens de ce pays qui n’ont pas à connaître, et encore moins à discuter ce qui est décidé pour eux, fut-ce pour leur malheur !

        La seconde voie empruntée pour neutraliser le droit international est la manipulation des catégories et des qualifications juridiques. Pour le juriste, la qualification est une arme redoutable avec laquelle on peut refaire le monde. Selon le mot que l’on mettra sur une chose, un comportement ou une situation juridique, on lui appliquera certaines règles en vue d’obtenir un certain résultat. Prenons l’exemple de la machette qui est une chose bien connue en Centrafrique. En droit je peux la qualifier de bien meuble. Je lui appliquerai alors le régime du droit civil et le soumettrai aux règles de celui-ci. Si je veux le céder, ce sont ces règles qui vont s’appliquer à l’échange. Si quelqu’un me le détruit, il me devra une indemnité correspondant à sa valeur. Et si par un certain concours de circonstances cette machette vient à blesser accidentellement autrui, ma responsabilité, en tant que propriétaire, sera engagée, mais seulement ma responsabilité civile, en vertu de laquelle je suis tenu de réparer les dommages causés par les biens dont j’ai la garde. En pratique je serai obligé de verser une indemnité à cette personne. Mais la même machette peut aussi être qualifiée d’arme par destination. Dans ce cas, ce sont les règles du droit pénal (du droit criminel) qui s’appliqueront. La sanction que j’encourrai sera une peine d’emprisonnement en plus, éventuellement, de l’indemnisation de la victime…

        C’est à cet exercice qu’on s’est livré à Brazzaville, mais pour donner à des personnes, des groupes ou des situations, des titres juridiques pour le moins trompeurs.

        Le cas type, auquel on se limitera ici, est celui du terme « belligérants » employé pour désigner les groupes armés et milices, dont la Séléka et les anti-Balakas.

        Ce terme est loin d’être neutre. En droit international on ne qualifie pas de belligérant n’importe qui dans n’importe quelles circonstances. Par exemple ne sont pas des belligérants des individus qui ont décidé de régler leurs comptes au couteau ou à la kalachnikov, pas davantage que les gangs qui se battent pour un territoire. La belligérance est un état de conflit armé auquel s’applique le droit international. Elle renvoit à deux situations bien déterminées.

        La première, à laquelle le schéma de la crise centrafricaine ne semble pas correspondre a priori (mais cela se discute), est celle d’un conflit armé entre Etats ou, pour reprendre les termes de la 1èreConvention de Genève de 1949, d’une « guerre déclarée ou de tout autre conflit armé surgissant entre deux ou plusieurs Etats ».

        La seconde situation correspond, selon le protocole n° 2 aux conventions de Genève adopté en 1977, aux « conflits armés qui se déroulent sur le territoire d’un Etat entre ses forces armées et des forces armées dissidentes ou des groupes armés organisés qui, sous la conduite d’un commandement responsable, exercent sur une partie de son territoire un contrôle tel qu’il leur permette de mener des opérations militaires continues et concertées ». Le conflit en Centrafrique, qui est avant tout un conflit entre des groupes armés dont aucun n’est le bras armé de l’Etat, ne répond pas davantage à ces derniers critères. Il répond encore moins si on considère l’absence d’unité de commandement tant de la Séléka que des Anti-Balakas, et si on prend en compte le fait que nombre d’opérations menées par les bandes armées se réclamant de ces groupes sont des opérations relevant du pur grand-banditisme.

        Mais alors, direz-vous, pourquoi prendre ce titre de « belligérants », dans quel intérêt ?

        En essayant de m’attacher à la psychologie de ces bandes, j’en vois au moins deux.

        En premier lieu, se donner un statut d’honorabilité : « belligérant », ça sonne tout de même mieux et plus glorieux que « bandit », « brigand », « gang » ou « milice ».

        En second lieu, je n’exclus pas que ce terme « belligérant » ait été retenu pour l’avantage juridique qu’on pense pouvoir en tirer. C’est que les conflits armés qui entrent dans l’une des deux catégories visées plus haut sont soumis au droit international, mais pas à n’importe quel droit international. Ce droit, c’est le droit des conflits armés, encore appelé droit de la guerre, régi par les Conventions de Genève de 1949 et leurs protocoles de 1977. Or, si ces conventions obligent bien à la protection de certaines catégories de personnes – dont les populations civiles – leurs règles reposent sur le postulat, voire même sur la présomption que la mort infligée en temps de guerre est légitime et licite. De là à penser que la qualification de « belligérants » a été retenu pour couvrir et légitimer, sous couvert d’une guerre selon les canons du droit international, les meurtres de masse et autres exactions commises contre la population centrafricaine, il n’y a qu’un pas que je franchis. Même si, ce faisant, je suis conscient de prêter à nombre des groupes armés en question une plus grande lucidité juridique qu’ils n’ont.

        Fort heureusement, et à supposer que la terminologie employée dans l’accord de Brazzaville ait été ainsi pensée, le droit international de la guerre a aussi ses revers pour les groupes armés qui sévissent et pour leurs chefs. Il interdit certains comportements et certaines pratiques, et notamment ceux qui font figure en Centrafrique de méthodes ordinaires de guerre : exécutions sommaires, torture, incendies volontaires de villages, destructions d’édifices religieux, pillage, détention et exécution arbitraires des civils et militaires ainsi que recrutement et l’utilisation d’enfants soldats, violence sexuelle et l’armement des civils, etc.

        Chacun de ces actes constitue une violation du droit de la guerre et un crime en droit international. Et on espère que ceux qui s’en sont rendus coupables en répondront le moment venu, et le plus tôt possible, devant les juridictions pénales internationales et centrafricaines.

        LA SUITE :

        L’accord de Brazzaville, ou l’accord aux trois désarmements [Acte III : Le désarmement de l’Etat en filigrane].

        Pour lire le texte l’accord, cliquer ici.

        Jean-François Akandji-Kombé

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        Published by ALALENGBI SIMON - dans Actualités Nationales
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