5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 03:13

Rencontre des Candidats Nakombo, Patassé et Ziguele

Discours prononcé par Émile Gros Raymond NAKOMBO lors de la rencontre des Candidats à la présidentielle du 23 janvier 2011.

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Monsieur le Président Ange Félix Patassé,
Monsieur le Président Martin Ziguele,
Monsieur le Président Nicolas Tiangaye,


Mesdames et Messieurs,
Je voudrais d’abord que nous observions une minute de silence en mémoire du président André Kolingba et du général Malendoma ainsi que de tous les combattants et toutes les combattantes de la liberté.

Je vous remercie.

Les réalités et les nécessités nationales finissent toujours par triompher. Nous vivons une période difficile de l’histoire de notre pays. Et celle-ci commande à chaque Centrafricain épris de justice, de démocratie, de liberté et de progrès de se parler en dépit de ce qui les oppose ou les a opposés. Dans cette entreprise, j’ai joué le rôle de pèlerin. Je voudrai donc exprimer toute ma gratitude à tous les partenaires du Collectif des Forces du Changement (CFC), au Président Patassé, à mon frère Martin Ziguele, au Président Louis-Pierre Gamba et à mon Parti le Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC) pour avoir rendu cela possible.
Je remercie tous ceux qui sont ici présent pour lancer ensemble cette entente dont l’objectif est de faire respecter la volonté exprimée par le peuple centrafricain lors du double scrutin du 23 janvier 2011.

Mesdames et Messieurs,
Durant cette campagne électorale, j’ai porté un projet dont la caractéristique principale était la réconciliation de la RCA avec elle et entre ses fils. Je l’ai nommé SEWA OKO. Je suis satisfait de constater qu’en ce jour, face au rapt du vote des Centrafricains, nous sommes tous réunis pour faire triompher la vérité et la démocratie.

La situation économique de notre pays s’est dramatiquement détériorée ces dernières années. L'insécurité s’est généralisée. Les productions et les rendements agricoles sont en chute libre et ne suffisent plus pour répondre aux besoins nationaux. Les infrastructures sanitaires sont en abandon et les moyens de communication dans l'oubli. Notre environnement se dégrade et l'insalubrité gagne du terrain. L'accès à l'eau potable est une bataille perdue et la production électrique ne suffit même pas pour couvrir une journée nationale de consommation. L'offre scolaire ne répond pas aux exigences du développement. Les 2/3 de notre territoire national échappent au contrôle effectif du pouvoir central, laissant nos compatriotes à la merci des individus hors la loi.

C'est dans ce contexte de désintégration avancée et de violation systématique du code électoral que nous nous sommes rendus aux urnes pour choisir notre nouvel exécutif.

C’était un enjeu capital pour la poursuite de notre marche comme pays et du processus de stabilisation né du dialogue politique inclusif. Or ceux qui en huit années de gestion hasardeuse ont mis le pays par terre, se sont aussi amusés à prendre en otage l’expression réelle du suffrage du peuple centrafricain. Aujourd’hui la démocratie est ravie et l’espoir du peuple, trahi. Ce hold-up porte les germes d’une période d’instabilité aux conséquences fâcheuses si le droit n’est pas respecté. Voilà pourquoi est née cette initiative.

Qui peut croire un seul instant qu'un parti comme le Rassemblement Démocratique Centrafricain avec la base électorale qu'on lui connaît puisse faire de tels résultats qu'on lui a attribués. C'est d'ailleurs le cas pour les autres partis de l'opposition et même certains de la mouvance présidentielle qui s'oppose aujourd’hui à cette dictature qui ne dit pas son nom et qui appartient à une époque qu'on croyait à jamais révolue chez nous.

Nous ne baisserons pas les bras, nous croyons en notre qualité de démocrates que la voie judiciaire est la plus indiquée pour faire nos recours sans trop nous faire d'illusion sur la mainmise qu’exerce ce pouvoir sur les institutions d'encadrement et de contentieux du système électoral.

Néanmoins nous ne pouvons présager de la réaction du peuple face à un régime qui clame le respect des institutions de la république quand cela l'arrange, mais est le premier à bafouer ces mêmes institutions en témoigne toutes les irrégularités commises dans le processus électoral à dessein par les suppôts du pouvoir.

Mesdames et Messieurs,
Notre exigence est le respect de la légalité au travers d’opérations électorales légales pour que celles-ci nous permettent ensemble de reconstruire un Centrafrique pacifié, de relancer la démocratie, d’assurer le respect des droits de l’homme et de garantir l’émergence d’une économie moderne au service du Centrafricain dans un pays où les institutions ne cultivent pas que l’apparence.
Je prends donc part à cette entente avec la réelle ambition et la profonde conviction de veiller au respect strict du suffrage réel, exprimé par le Centrafricain lors du double scrutin du 23 janvier 2011.

Pour notre identité nationale, pour notre histoire commune, pour nos souffrances communes, pour nos responsabilités communes, pour l’espoir du peuple ; nous devrons être exigeant avec nous-même et ceux qui se reconnaissent en nous, en faisant l’essentiel pour que la voix du peuple soit respectée et que la démocratie soit restaurée. Il nous faut donc vaincre les pesanteurs du passé, l'esprit de suffisance et tous les autres complexes préjudiciables à cette entreprise. En acceptant ces sacrifices, nous serons mieux outillés pour canaliser l’énergie du peuple et faire respecter sa volonté du changement.

Nous sommes fils et filles de ce pays. Personne n’en détient le bail. Nul n’a donc le droit de priver la nation des hommes et des femmes qu’elle a choisi.
Mesdames et Messieurs,
Je ne parle pas ici en mon nom seulement ou au nom du RDC, ce serait prétentieux et égoïste.
• Je parle ici au nom de cette maman qui consent d'énormes sacrifices pour que son enfant et son foyer ne manquent de rien;
• Je parle ici au nom de l'espérance de ce père qui se bat au quotidien pour que les rêves de sa femme et de ses enfants s'accomplissent;
• Je parle ici au nom des agents de l'état dont le souhait est une amélioration des conditions de travail et de traitement;
• Je parle ici au nom de nos frères et sœurs militaires qui œuvrent pour une république pacifiée au prix du mépris des gouvernants;
• Je parle ici au nom des millions de Centrafricains, sans emploi ou sous-employés;
• Je parle ici au nom des élèves, des lycéens et des étudiants qui veulent étudier dans des conditions optimales de succès avec un emploi à la fin ou une alternative lorsqu'ils ne parviennent pas à achever le cycle scolaire;
• Je parle ici au nom de ces centaines de jeunes qui, de par le monde; étudient au nom de la RCA parfois dans des conditions difficiles;
• Je parle ici au nom des jeunes et de la femme; plus de 50% de notre population. Qu'ils soient avec ou sans emploi. Qu'ils soient scolarisés ou pas, ils veulent tous d'un Centrafrique en paix dans lequel les droits humains sont respectés et la science utilisée pour améliorer les conditions d'existence et de préservation de l'environnement;
• Je parle ici au nom du cultivateur, du chasseur, du pêcheur dont l'amélioration des conditions d'existence est le souci principal;
• Je parle ici au nom des populations de toutes nos régions ainsi que de nos frères et sœurs de l'étranger qui ont en assez de cette désolation permanente dans laquelle nous vivons ;
• Je parle ici au nom des centaines de milliers de Centrafricains que j’ai croisé durant cette campagne et dont le souci est un Centrafrique en paix dans lequel la fraternité et le progrès sont au rendez-vous ;
• Enfin, je parle en nom, au nom du RDC et de SEWA OKO dont l’objet est le redressement, la réconciliation et la reconstruction de notre pays.


Mesdames et Messieurs,
Ici et là ; s’allume la flamme de la liberté. Le peuple centrafricain ne peut pas rester en marge de ce mouvement, c’est la mission que nous nous assignons : respecter le suffrage du Centrafricain par le droit afin qu’émerge ce Centrafrique où l’Espérance de chaque citoyen est prise en compte, tel est le sens de notre rassemblement de ce jour.
Pour ma part, je ne ménagerai aucun effort afin de soutenir les grandes décisions et orientations qui sont les nôtres.
Allez ! Allez le dire. Moi aussi je ferai pareil.

Je vous remercie

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