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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 14:31
Pour sauver le lac Tchad, l’Ubangi et le barrage d’Inga, débit menacé ! 


Imaginez –scénario catastrophe toujours possible – le lac Moero (Katanga) s’assèche progressivement jusqu’à perdre plus ou moins quatre kilomètres carrés de son étendue avec ce qu’une telle situation peut entraîner comme conséquence sur son écosystème.

C’est ce qui est malheureusement arrivé au lac Tchad qui a donné, comme le fleuve Congo, son nom à la République du Tchad.

Ce pays s’en alarme à juste titre et ameute déjà la communauté internationale pour le sortir de cette mauvaise passe. Du coup, tous les regards se portent comme des rapaces affamés (assoiffés plutôt) sur la République démocratique du Congo réputée détenir des potentialités naturelles inépuisables dont le bassin hydraulique à revendre, pourrait-on être tenté de dire.

Et c’est malheureusement les   eaux de la RDC qui suscitent, comme le sont d’ailleurs d’autres de ses richesses naturelles, la convoitise du Tchad, mais aussi de tous ceux qui considèrent que la solution à la sécheresse du lac du même nom passe par la possibilité de transférer c’est bien de cela qu’il s’agit les eaux de la rivière Ubangi, frontalière avec la RDC comme avec le Congo Brazzaville, cers ce pays semi saharien.

Seulement voilà, pour légitime que puisse être la démarche du gouvernement de N’Djamena et sous réserve de la réaction des autorités congolaises compétentes tant il est vrai que solidarité africaine obligeant en cas de calamité naturelle comme celle qui frappe en ce moment le Tchad, ce pays est en droit d’attendre l’aide des autres, la RDC court elle-même le risque de connaître la même difficulté.

A ce propos, Didas Pembe, ancien ministre des Affaires sociales et de la Solidarité nationale et actuellement à la tête d’un parti politique- Peco- (Parti écologiste congolais) est monté lundi au créneau pour présenter le danger que peut constituer une telle éventualité.

Contrairement à certains experts qui préconisent déjà la possibilité de ‘’creuser un tunnel’’ devant relier la rivière Ubangi au lac Tchad avec pour finalité d’alimenter ce lac, Didas Pembe qui ne rejette pas à priori cette possibilité, n’en suggère pas moins que cela puisse préalablement faire l’objet d’une étude de faisabilité autour de cette question.

Pensez, par exemple, a-t-il fait remarquer, qu’avec le réchauffement climatique qui donne des tournis à tous les pays du monde, au point même d’instituer une conférence sur le changement climatique justement, le Nord-Ubangi n’est plus navigable depuis bientôt quatre mois. Le changement climatique aidant, la pluie ne tombe plus comme autrefois dans cette partie de la République. C’est dire que le bassin du Congo souffre lui-même des effets pervers de l’avancée du désert de Kalahari.

Recourir à l’embouchure du fleuve Congo ?

Pour certains analystes, faute de détourner une partie des eaux de l’Ubangi vers le lac Tchad à travers un tunnel, on pourrait recourir, au mieux, à l’embouchure du fleuve Congo.

Cette solution, au-delà du coût des études de faisabilité qu’elle pourra impliquer et de l’investissement pour matérialiser ce projet, serait l’idéal. Tout simplement parce que alimenter le lac Tchad à partir de l’Ubangi qui est elle-même déjà confrontée à une sécheresse lente que seul n’explique en ce moment que le réchauffement climatique, aurait pour conséquence immédiate la baisse sensible du débit du barrage hydraulique d’Inga dans la mesure où pour le moment, le cours du fleuve Congo est constant, n’obéissant qu’aux cycles saisonniers.
Voilà pourquoi des sources proches du ministère de l’Environnement, en l’absence d’une décision officielle du gouvernement congolais, estiment non sans raison qu’il convient, à ce stade, de constituer une commission chargée de connaître les tenants et les aboutissants de cette question de manière à en maîtriser les causes exactes ayant conduit à la brusque sécheresse du lac Tchad.

La même source pense qu’on ne peut pas toucher à l’Ubangi sans s’assurer des conséquences que peut entraîner son détour sur son propre débit.

On ne le dira jamais assez, navigable toute l’année avec tous les avantages qu’en tirent ses riverains en termes de mouvements des personnes et des marchandises, sans compter la pêche artisanale qui fait vivre des familles entières, l’Ubangi n’est plus aujourd’hui navigable que sur une période de quatre mois. On peut s’en inquiéter et c’est dire combien ce projet ne présente aucun intérêt pour la RDC. D’autant que le Tchad lui-même ne l’a pas encore officiellement présenté pour examen et discussion éventuelle au gouvernement congolais.

Quoiqu’il en soit, le gouvernement de N’djamena a-t-il lui-même déjà évalué l’impact financier d’un tel projet, à la limite pharaonique, et quelles sont les dividendes que la RDC peut en tirer sans mettre en danger ses propres intérêts ?
La baisse du débit autant de l’Ubangi que du fleuve Congo ( y compris la menace qui planerait sur le niveau des eaux du barrage d’Inga), ainsi que d’autres aspects environnementaux de tous les riverains sont de ceux-là. Il convient donc d’en tenir compte.

C’est plus qu’un impératif. Car après la guerre des minerais qui a embrassé l’Est du pays, la guerre du pétrole qui semble se profiler à l’horizon aux frontières angolaises et ougandaise ; voilà la RDC exposée à la guerre de l’eau.

Il faut veiller au grain.



Jkalm
Kinshasa, 11/11/2010 (Uhuru, via mediacongo.net)
 

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Published by ALALENGBI SIMON - dans Actualités Nationales
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