6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 21:21
 
 
 
 
Le départ du président sortant est « une question d’heures », a estimé mercredi le chef d’état-major des armées françaises. mais face au 5ème jour d’offensive des forces pro-Ouattara sur Abidjan, Laurent Gbagbo refuse toujours de reconnaître son rival comme président et résiste malgré la pression internationale et la nouvelle offensive des Forces Républicaines d’Alassane Ouattara.

Laurent Gbagbo n’a jamais été aussi seul. Acculé à la reddition depuis trois jours après une large offensive du camp Ouattara, le président sortant ivoirien serait « retranché dans un bunker dans le sous-sol de sa maison », selon les Nations unies. Les « assauts finaux » s’enchaînent mais Laurent Gbagbo ne lâche pas. Interrogé mardi soir par Vincent Hervouët sur LCI, il déclarait « je suis très fatigué mais pourquoi aurai-je envie de tout lâcher ? (...) Je tiens grâce à la recherche de la vérité ». Dans la journée de mardi, la sortie de crise était imminente, à en croire les déclarations successives de plusieurs responsables politiques. « Nous sommes aujourd’hui je l’espère à deux doigts de convaincre M. Gbagbo de quitter le pouvoir et de laisser Alassane Ouattara l’exercer », a affirmé mardi après-midi le ministre des Affaires étrangères français Alain Juppé durant la session de l’Assemblée nationale. L’agence Reuters a même annoncé son départ dans la soirée avant de revenir sur sa dépêche en évoquant simplement des négociations.

Refus de reconnaitre son rival

Selon plusieurs responsables diplomatiques et militaires, Les conditions du départ de Laurent Gbagbo étaient les seules choses qui restaient à négocier mardi matin. Entre temps, une source gouvernementale française a confirmé l’échec des négociations et un nouvel assaut final mené par les forces pro-Ouattara contre le « bunker ». L’ONU et la France avaient notamment demandé au président sortant de signer un document reconnaissant la victoire de son rival Alassane Ouattara aux dernières élections présidentielles. Inimaginable à l’heure actuelle pour le président sortant. « Je ne reconnais pas la victoire de Ouattara. Pourquoi voulez-vous que je signe ça ? », a-t-il lancé mardi sur LCI, réclamant « la vérité des urnes et le recomptage des voix ». Laurent Gbagbo demande à voir le président Ouattara en tête à tête pour « discuter tous les deux et confronter les arguments », mais le camp du président reconnu par la commission électorale est passé à autre chose depuis une semaine et demie. Plus question de revoir le scrutin, « les forces pro-Ouattara sont parties chercher Gbagbo », a annoncé mercredi matin Sidiki Konaté, le porte parole du premier ministre Guillaume Soro. Le camp Gbagbo parle, lui, d’unetentative d’assassinat ».

La situation politique est bloquée et la situation humanitaire ne s’améliore pas. Le chef d’état-major de l’armée pro-Gbagbo a demandé hier un cessez-le-feu qui a été respecté dans la journée mais des échanges de tirs et des détonations ont à nouveau été entendus mercredi matin dans Abidjan. Ils seraient concentrés autour de la résidence présidentielle et du palais. Les forces de l’ONUCI et de la Licorne n’auraient pas rouvert le feu depuis l’opération menée conjointement contre les derniers bastions des forces fidèles à Laurent Gbagbo, lundi soir. Alain Toussaint, le conseiller du président sortant actuellement en France a cependant affirmé à la mi-journée que les forces françaises « bombardent » actuellement le bunker. Une information démentie par le porte-parole de l’état-major français.

Jusqu’au boutiste

Interrogé mardi soir sur RFI pour savoir s’il regrettait de ne pas avoir saisi les occasions de se retirer dignement de la présidence, Laurent Gbagbo a déclaré : « Je ne regrette rien, j’ai gagné les élections ». Dos au mur, le président sortant continue cependant de mener le combat politique. Laurent Gbagbo est réputé pour sa ténacité et son « jusqu’au boutisme », sans doute hérité de son passé de leader syndical dans le secteur de l’enseignement et de ses multiples combats contestataires alors qu’il n’était encore qu’étudiant.

La religion tient également une part importante dans son action de résistance actuelle. Il a tenu à le rappeler hier soir sur LCI précisant qu’il sortait justement d’un culte avant l’interview et qu’il avait « prié pour qu’on puisse s’assoir et discuter ». Laurent Gbagbo baigne dans un environnement très religieux. Sa femme, Simone Gbagbo, est comme lui proche des milieux chrétiens évangélistes. Des prophéties de pasteurs évangéliques circulent actuellement à Abidjan, qui affirment que l’issue serait favorable à Laurent Gbagbo quoi qu’il advienne.

Dans les deux interviews accordées à LCI et RFI, Laurent Gbagbo a cependant précisé qu’il n’était pas prêt à mourir, alors que plusieurs proches du président sortant avaient déclaré qu’il « ne sortirait pas vivant » du palais présidentiel. « Je ne suis pas un kamikaze, j’aime la vie. Ma voie n’est pas une voie de martyr », a confié Laurent Gbagbo à ce sujet, alors que la Télévision Côte d’Ivoire (TCI) créée par Alassane Ouattara diffusait hier soir des extraits du film La Chute, retraçant les dernières heures de la vie d’Hitler, isolé dans son bunker bavarois où il s’est donné la mort.

 

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