3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 23:46

Madame La Présidente : STOP à la criminalité

par Marcel Monzala (3 février 2014)

 

L'enthousiasme qui avait suivi votre élection devrait être soutenu par la satisfaction populaire.  Eviter les erreurs de Monsieur DJOTODIA et de ses couvertures politiques, Maître Nicolas TIANGAGNE et Monsieur Martin ZIGUELE, devrait être votre priorité. Ces derniers n'avaient pas une moindre vision politique et un programme de pacification et de la quiétude de la population. Leur gestion de la crise post coup d'Etat était tellement improvisée que personne ne comprenait ce qu'il voulaient pour notre pays sinon des tueries, des vols, des viols...

Madame la Présidente, au lendemain de votre élection, vous aviez tenu une conférence de presse au cours de laquelle vous aviez demandé aux groupes armés de déposer les armes. Ensuite, plus rien, silence radio. Il a fallut attendre, onze jours plus tard, l'échos de la séparation de la République par les SELEKA au niveau de Sibut pour que, vous réagissiez et que vous preniez le chemin de la visite des camps des réfugiés de Bangui.

Madame la Présidente, ne faites surtout pas comme Monsieur DJOTODIA qui avait laissé mourir les Centrafricains en masse sans lever le petit doigt en préférant resté dans son territoire de Camp de Roux. Il faut battre le fer quand il est chaud. Le fait que Maître TIANGAGNE avait attendu plus d'un mois après le massacre de BOSSANGOA, pour s'y rendre, a été perçu par les Centrafricains comme une erreur politique et une insulte pour les nombreux compatriotes tombés sous la barbarie des SELEKA.

Nous attendons de vous une réaction rapide, immédiate et efficace avant que le poids du Palais de la Renaissance et des politicards de tout bord ne vous enrôlent dans leurs pratiques de tout pour leurs ventres. Sortez des griffes de ces éternels conseillers situationnistes. Comme vous venez de le commencer, allez visiter le KM5, le quatrième arrondissement, le huitième, le sixième, PK 12, BIMBO etc... Restez y au moins une journée entière. Si possible, trouvez y un endroit pour y passer la nuit avec la population. Vous écouterez, avec elle, le bruit de la nuit. Votre présence la mettra en confiance et sécurisera en même temps son quartier. Vous constaterez qu'avant votre arrivée, les forces de l'ordre se verront dans l'obligation de nettoyer les lieux des groupes armés. Répétez l'action autant de fois que possible. Faites vous aimer par la population et non par ceux-là même qui avaient entouré vos prédécesseurs KOLIGBA, PATASSE, BOZIZE et DJOTODIA sans rien apporter de significatif à notre pays. Méfiez vous des éternels diseurs de "TOUT VA BIEN". Ils l'on dit à KOLIGBA, à PATASSE, à BOZIZE et à DJOTODIA et ces derniers ont tous perdu leur pouvoir. Ce sont des professionnels en changement de veste. Après la chute de leurs mentors qu'ils avaient déifiés, ils ne manifestent jamais d'état d'âme pour diviniser le prochain corbeau. Les moutons, au moins, ont une valeur et une fierté par rapport à eux, parce que ces derniers reconnaissent et suivent seulement leurs bergers.  Ces soi-disant hommes du pouvoir sont toujours prêts à fuir pour l'étranger au moindre couac. Mais ils reviennent toujours, sur la pointe des pieds et en toute impunité, pour se chercher une place au moindre changement politique et recommencer les mêmes dribles. Pour éviter la feinte, les Centrafricains, chaque dix ans, créent naturellement une occasion de déstabilisation des mangeoires.

En vous entourant de ces mêmes personnages, le peuple, naturellement, rentrera en conflit avec vous. Non par manque d'amour pour vous mais parce qu'il en a assez d'entendre les mêmes noms tourner autour du pouvoir qui ne fait pas progresser son pays et ses conditions de vie. Vous venez de la société civile et deviez comprendre le langage populaire. Ces politicards ont fait du mal à notre peuple parce que dire la vérité, à leurs supérieurs pour l'établissement d'un Etat de droit, ne fait pas parti de leur culture. C'est pourquoi, nous faisons appel à votre vigilance quant aux choix de vos proches collaborateurs capables de vous et de nous aider à bâtir notre maison la RCA. Formez votre cabinet avec des hommes neufs qui vous apporterons des idées neuves et une autre vision responsable pour l'émancipation de notre nation. La clé de la réussite de votre régime réside dans le choix de ceux que vous appelez des technocrates.

Madame la Présidente, vous avez déjà un Premier Ministre, un Ministre de la Communication, un Ministre de la Défense et un Chef d'Etat Major. Pourtant nous continuons à compter nos morts tous les jours sans une réaction visible de ces derniers alors qu'ils devraient jouer un rôle important en ce moment. Le fait que le Premier Ministre ait déclaré, au sujet de la formation du gouvernement, que c'est le terrain qui commande, prouve qu'il est conscient de cette situation et qu'il doit lui-même occuper une bonne place sur le terrain. Nous voulons des technocrates au travail et non des beaux parleurs. Le temps n'est pas à la réflexion intellectuelle mais à l'action. Un DJOTODIA bis et un TIANGAYE bis ne feront pas l'affaire des centrafricains. Nous sommes fatigués de «ON PREND LES MEMES ET ON RECOMMENCE». 

Madame la Présidente nous sommes convaincus que si votre équipe gouvernementale décidait d'organiser une caravane de la paix depuis Bangui pour se rendre par la voie routière à Berberati, Bossangoa, Bozoum, Kaga-Bandoro, Bambari, Bria... les tueries à l'intérieur du pays vont cesser parce que les forces de l'ordre qui sont à votre disposition feront de leur mieux pour nettoyer et sécuriser les lieux avant l'arrivée de cette caravane.

Aujourd'hui, vous avez l'armée internationale à votre disposition et l'urgence est à la cessation des tueries. Nous avons besoin d'une Mère, et de surcroît Présidente, qui sait manier le sentiment maternel et le châtiment pour redresser l'éducation de ses enfants. Le combat contre l'impunité devait figurer à la première ligne de votre programme d'action. Ne vous laissez pas déborder par les évènements comme Monsieur DJOTODIA et TIANGAYE qui s'étaient fait entourer de tous les caciques des anciens régimes.

Nous apprenons çà et là que des financements sont accordés à la RCA sans que le gouvernement ne puisse y communiquer. La gestion de l'opinion publique dans l'opacité crée toujours des malentendus qui sont difficiles à rattraper. Ce point est aussi une des raisons qui entraînent les mécontentements de la population qui veut souvent savoir ce qui se passe dans son pays.

Madame la Présidente, le Centrafricain sait applaudir comme il sait lancer des pierres. Nous estimons, à juste titre, que vous vous êtes préparées suffisamment pour affronter le défi de la transformation de notre pays en une cité de paix et de bonheur. C'est pour cela que nous comptons sur votre capacité de conduire le pays à bon port avec efficacité et droiture. Ne nous décevez pas...

 

Marcel MONZALA

Partager cet article

Repost 0
Published by ALALENGBI SIMON - dans Actualités Nationales
commenter cet article

commentaires

Recherche