12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 23:10

A quoi sert Catherine Samba-Panza ?

csp

Par Albert FALL | LNC

L’image a fait le tour du monde.
Catherine M’Bala, épouse Samba-Panza, en ce lundi 20 janvier levait les bras au ciel en signe de triomphe.

Elle venait de gagner. 
La voilà devenue la première femme présidente de la Centrafrique.
Mais ce triomphalisme exagéré avait en soi quelque chose d’indécent, si on l’associe à la situation catastrophique du pays et également aux conditions de son élection.
Pas de quoi pavaner en étant élue par uniquement 135 personnes auto-proclamées représentants du pays.

Dans son tailleur rose très chic rive gauche parisien, elle faisait poupée Barbie.
Uniquement poupée ou également marionnette ?

Les compliments ont plu sitôt son élection sue.
A Paris, Yamina Benguigui la Ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères, chargée de la Francophonie n’était pas en manque de superlatifs pour la louanger : “Elle est formidable”.
Laurent Fabius le ministre des affaires étrangères non plus ne tarissait pas d’éloges.
Quant au président Hollande, c’est tout sourire qu’il applaudissait à son élection. Et comment !

MAMAN CATHERINE

Dès son élection, devant le CNT, elle lançait un appel : “Je lance un appel vibrant à mes enfants anti-balaka qui m’écoutent. Manifestez votre adhésion à ma nomination en donnant un signal fort de dépôt des armes”, et d’ajouter : “À mes enfants ex-Séléka qui m’écoutent aussi, déposez vos armes”.

Vœu pieu, car la veille même du jour de sa prestation de serment le 23 janvier, les Anti-Balaka la fêtaient en assassinant des musulmans civils à Bangui.

CSP comme d’aucuns la surnomment, démarrait son mandat dans un cauchemar sanglant.

LE GOUVERNEMENT

Elle annonçait qu’elle le voulait resserré, pas plus de 18, ce sera 20, mais surtout fait de technocrates.
Le premier ministre nommé André Nzapayéké la relayait répondant à RFI le 26 janvier :
“Ce qui est certain, c’est qu’il faudrait tenir compte des réalités du terrain. Comme on le dit, c’est le terrain qui gouverne. Il y a différentes tendances aujourd’hui en République centrafricaine, nous en tiendrons compte, mais vraiment, il nous faut des technocrates, quelle que soit la tendance, ou bien la couleur politique de la personne qui va entrer au gouvernement. Une fois entrés au gouvernement, nous sommes des ministres au service de la République. On ne viendra pas défendre des intérêts partisans au sein du gouvernement.”

Cependant, surprise à l’annonce de la liste des membres du gouvernement de Nzapayéké.
Ca a ratissé large…
Les Séléka sont toujours là avec trois ministères clés, ce qui les satisfait amplement.
Mais la grosse surprise fut de voir entrer au gouvernement un Anti-Balaka – au passage contesté par les Anti-Balaka eux-mêmes – LÉOPOLD NARCISSE BARRA à la Jeunesse, aux Sports aux Arts et à la Culture.
Et l’on se demande ce qu’ont de technocrates des ministres comme Gisèle Bedan à l’Education Nationale, une ancienne surveillante du lycée Jean-Rostand de Mantes-la-Jolie (Yvelines – FRANCE), ou Antoinette Montaigne, élue d’une ville de la banlieue parisienne(Bussy-St-Georges) à la Communication et de la Réconciliation nationale ?
En somme un gouvernement fourre-tout, à l’image de la composition du CNT, le Conseil National de Transition, véritable cour des miracles.

CONDITIONS DE SON ELECTIONS

CSP n’a jamais été une élue à quoique ce soit en Centrafrique.
Son expérience politique en conséquence est nulle.
Ce qui, si ce n’est pas rédhibitoire, ni une sinécure, peut être un terrible handicap face à la tâche immense qui l’attendait.
Mairesse de Bangui durant quelques mois, un poste d’élue en temps normal, elle le fut par décret de Djotodia, deux mois après le coup Séléka de mars.

“Des billets circulaient”.

On la disait libre de toute influence, une indépendante en politique. 
Mais les circonstances de son élections prêtaient à investigation et révélèrent tout le contraire.
Et à Bangui au sein du CNT, les langues commencent à se délier.
Un parlementaire sous anonymat avouait que durant les phases de l’élection, des billets de F CFA circulaient pour favoriser l’élection de CSP au détriment de Désiré Kolingba AKA “Dédé Ngozo (manioc froid)”.

La filleule de la France. 
Décision de François Hollande, exécutée par le président congolais Denis Sassou N’Guesso, le CNT n’avait plus qu’à avaliser par une fausse élection.
A peine installée, Catherine Samba-Panza était déjà sous influence de la Françafrique.

Raison pour laquelle dès que élue, son premier voyage à l’étranger sera d’aller à Brazzaville pour remercier son parrain Sassou, puis derrière, d’aller à N’Djamena calmer Deby, furieux de s’être fait doubler par Sassou.
Car l’élection de CSP, Deby ne l’a pas vu venir.

SON ARMEE MEXICAINE

Le 4 février dernier, par décret, elle dévoilait la composition de son cabinet. 
31 personnes en plus, 22 conseillers, dont 9 avec rang de ministre et s’il vous plaît, même 2 au rang de ministre d’État. 
Du jamais vu dans le monde concernant de simples conseillers gouvernementaux.
Et même le Premier ministre, André Nzapayéké, se voit doublé par un membre du cabinet présidentiel au même rang que lui. 

Les copains et les copines de sa région maternelle ont des postes, voire même sa propre fille devenue sa cheftaine de cabinet.
Le discours sur un gouvernement restreint a fait long feu.

Politiquement, en voulant faire plaisir à tout le monde, elle s’est perdue.

Car comment s’insurger contre les exactions des Séléka et des Anti-Balaka quand en possède des représentants au sein même de son gouvernement ?

C’est ingérable, stupide, et cela la décrédibilise de facto.
Et la réalité du terrain valide.
Impact nul !
Ni les ex Séléka, ni encore moins les Anti-Balaka ne la respectent, ni encore moins ne l’écoutent.
En matière de gouvernance, elle n’a pas de feuille de route.

ERREURS ET IMMATURITE

Maman Cathy parle beaucoup, avec autorité. Mais ce ne sont pas les paroles qui font l’action. Car il faut savoir les mettre en application.
Déclamer est une chose, le faire en est une autre.

Elle déclarait récemment : « l’Etat n’est pas présent partout, mais l’embrasement du pays a été évité ».
Mais le pays dont elle parle, elle n’y va pas.
Sa seule sortie en province fut un petit saut de puce à M’Baïki, c’est tout.
Nul encore ne l’a vu à Bossangoa consoler les habitants de la terrible tragédie que vit cette ville, ni à Bouar, ni à N’Délé, ni à Berbérati, ni ailleurs en province.
A sa décharge, tous les politiciens centrafricains font de même.
Comme ses prédécesseurs, elle vit dans ce fantasme consistant à résumer la Centrafrique à seulement Bangui.

Conclusion, elle sert à quoi ?

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Published by ALALENGBI SIMON - dans Actualités Nationales
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