8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 17:53

Le porte-parole de Patassé dénonce l’hommage annoncé par les autorités
(Afriscoop 08/04/2011)


Guy Kodégué, porte-parole de l’ex-président centrafricain Ange-Félix Patassé, a dénoncé l’initiative des autorités de Bangui d’organier un "hommage mérité" en l’honneur de M. Patassé, décédé mardi à Douala au Cameroun.

"Ils n’ont pas honte, le ridicule ne tue pas. Alors qu’hier ils disaient que le président Patassé faisait le petit malin, qu’il n’ était pas malade. Par trois fois, il a été empêché de quitter le pays pour son évacuation sanitaire à Malabo (Guinée équatoriale). Ils n’ont pas débloqué le moindre sou des fonds du trésor public", a déclaré M. Kodégué, joint par Xinhua.

Plus menaçant, M. Kodégué a soutenu que les obsèques officielles à la mémoire du défunt dirigeant ne sont pas envisageables sans l’accord et l’implication de la famille propre et de la famille politique de celui-ci.

"Ils ne peuvent pas le faire. Aujourd’hui, Patassé est un patrimoine national, une propriété du peuple centrafricain", a-t- il relevé.

Selon lui, les Centrafricains "sont en colère, ils ne veulent pas voir Bozizé aux obsèques de Patassé. Sinon, ce sera le début de la guerre civile".

Pour l’heure, on n’a annoncé une date pour rapatrier la dépouille de M. Patassé, débarqué à Douala samedi où il a été aussitôt hospitalisé à l’Hôpital général, en attendant d’être transporté à Malabo, sa destination finale.

"Pour l’instant, il y a encore des démarches qui sont menées auprès des autorités camerounaises. Il est normal que les règles de l’Etat soient respectées à partir du Cameroun dont les autorités ont pris en charge le président Patassé et sa famille qui l’accompagnait", a dit le porte-parole de l’ancien président.

Elu en 1999, Ange-Félix Patassé, 74 ans, a dirigé la République centrafricaine(RCA) jusqu’au coup d’Etat du 25 mars 2003 de son ancien chef d’état-major des armées, le général François Bozizé. Contraint à l’exil à Lomé au Togo, il a regagné son pays en décembre 2008 lors du dialogue politique inclusif entre le pouvoir, l’opposition et les mouvements rebelles.

Candidat indépendant à la présidentielle du 25 janvier 2011, il a perdu face à son tombeur, accusé de fraudes par l’ensemble de ses concurrents de l’opposition.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Recherche