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26 août 2013 1 26 /08 /août /2013 06:55

LA RCA : UN ATOUT STRATEGIQUE POUR LA FRANCE

La RCA n’a guère eu l’occasion depuis son accession à l’indépendance en 1960, de la stabilité politique, et est aujourd’hui à sa sixième République.

 


LA RCA : UN ATOUT STRATEGIQUE POUR LA FRANCE
Dans la longue marche successive qui a caractérisé l’instabilité politique au gré des centrafricains, figure le rôle joué par la France. 
La Centrafrique a toujours eu des bons dirigeants, comme le cas du Barthelemy Boganda qui s’explique par le fait de ses remarquables pensées contemporaines qu’il a sues bénéficier des missionnaires catholiques. Cet ancien clergé qui avait le souci du développement de son pays a été tragiquement supprimé pour ses visions nobles qu’il attend mettre au service de son peuple. 

Cinquante trois ans d’indépendance, égalent, cinq coups d’état, à divers degrés de souffrances notamment par l’étendue et l’intensité des dégâts occasionnés. Des pertes en vies humaines, des déplacements massifs de la population rurale, d’importants dommages matériels, et des destructions des infrastructures économiques, des structures scolaires en détérioration, insuffisances des cadres et des agrégés dans les différents corps constitués de l’État. 
Ces derniers événements viennent fragiliser les tissus économiques, et sociaux- éducatifs ainsi que les structures sanitaires longtemps en péril. Suivi des vols, viol, rackettes, assassinat et exportation des biens des centrafricains au Tchad et au Soudan, aux yeux et aux sus de toutes les puissances étrangères installées en République Centrafricaine. 

Après la mort de Barthélemy Boganda, Abel GOUMBA, successeur légal de ce dernier s’est confronté à une coalition de l’Administration coloniale face à David Dacko. Écarté par un vote orchestré au profit de David Dacko, Abel GOUMBA entra dans l’opposition. 
Cependant, les jalons qui devraient servir de bases institutionnelles fortes, rêvés par Boganda n’ont pas survécu, car l’un des maillons clés du panafricanisme a été repoussé. 
La suite illustre la conduite monumentale des différents régimes qui vacillent, avec des lourdes conséquences sur toutes les institutions de l’État. 

La France giscardienne, offrit au pays son premier coup d’État militaire en 1966 renversant David Dacko du fait de son ouverture à la Chine communiste. Jean Bedel BOKASSA devint le Président et organisa plusieurs reformes avec succès, mais devient de plus en plus autoritaire au fil des années. Ainsi, l’instrumentalisation se mettant en place pour se séparer de son régime quand celui-ci se trouvait en Libye. 
Le 20 septembre 1979, deuxième coup d’état, David Dacko renversera Bokassa grâca à l’opération Barracuda. Ce dernier sera évincée lors d’une élection organisée et dont, les résultats seront contestés par les partisans d’Ange Félix Patassé. 

Le Chef d’état major, le général, André Kolingba avec l’aide de la France a réussi à s’emparer du pouvoir le 1er septembre 1981. Investi du pouvoir, il sera assisté du « gouverneur, homme de main » en la personne du Colonel Mansion, l’homme à multiples tâches, dont l’une des principales était de : verrouiller la RCA au profit des intérêts stratégiques et économiques français, du moins tels qu’ils étaient perçus à Paris pendant la Françafrique. Mansion n’était pas seulement au cœur de l’appareil d’État, il était l’État...C’était également l’époque où le budget français assurait les fins de mois centrafricains, en dépit de tous les plans d’ajustement structurel du FMI, pour que les fonctionnaires soient payés à temps et en heure et ainsi éviter un mécontentement populaire inévitablement dirigé contre la France – mais sans réellement aider ce pays déstructuré à bâtir un avenir. Source : « Jeu trouble de la France » 

Le 19 septembre 1993, Ange Félix Patassé remporte l’élection présidentielle, face à une importante coalition des opposants représentés par le Pr Abel Goumba, le sacré panafricaniste encore vivant à l’époque, et l’un des grandes figures respectées et compagnon de lutte de Boganda, connu pour son intégrité et sa prise de position. Mais, la France a choisi celui qui pouvait faire son affaire, malgré les irrégularités décriées lors de cette première élection démocratique de l’histoire centrafricaine. 
Le péché du président démocratiquement élu, était étanché du comportement revanchard de ses partisans, émaillé de la défaillance du système de contrôle de l’État, et de sa volonté de ne pas tendre la main du mendiant. 

Malgré le manque des mesures d’accompagnement de la dévaluation du Franc CFA en 1994, Ces actes ont profité à ces détracteurs politiques et ses alliés de faire mains basses sur les richesses naturelles jusqu’à sa chute. 
D’où, le quatrième coup d’état d’une comédie satirique sous le commandement de la France et son futur allié le Tchad, le 15 mars 2003 lorsque celui-ci revenait d’un sommet à Niamey, plaçant ainsi, François Bozizé à la tête de l’État. 
Ce dernier trop sûr de lui, et rassuré de sa protection par l’armée tchadienne et de l’aval de la France n’a pu conserver son pouvoir, rempli du népotisme et du caractère grandissant de la corruption, a fini par donner raison aux alliés de l’occident pour se séparer de son régime. 

Ces troubles à répétition ont pour conséquences, l’arrivée des mercenaires Tchadiens et Congolais en 2002, bien qu’étant parti pour la plupart, mais les rares qui se sont transformés en coupeurs de route, et sont devenus aujourd’hui des « Colonel » et « Généraux » dans la coalition SELEKA, qui sèment la désolation et la terreur aux seins de la population ; a l’issu d’un cinquième coup d’état le 24 mars 2013. 
Ces épisodes, malheureusement détruisent l’élan, individuel, et collectif pour toutes les institutions nationales de la République Centrafricaine. Cet état de fait, nous amène à dépendre totalement des partenaires extérieurs et remet en question tout effort de développement humain, économique, éducatif et sanitaire. 

Sur le plan humain :
 Des conséquences irréparables au sein des foyers centrafricains par les traitements inhumains orchestrés par les hommes à la gâchette facile, des humiliations que subissent les religieux, les fonctionnaires, des familles endeuillées et chassées de leur maison par les éléments mercenaires incontrôlés, la dignité réduit en cendres, la régression du système éducative. 

Sur le plan économique : Le cadre macro-économique présente de profonds déséquilibres. 
Plus de 65% de centrafricains vivent avec moins d’un US$ par jour. Avec une sous alimentation aiguë. Notre espérance de vie, est l’une des plus faibles du continent avec 47 ans en 1999. Le secteur informel est très réduit et complètement pressuré par les services fiscaux. Les sociétés d’Etat comme la SODECA (Société de Distribution d’Eau en Centrafrique), L’ENERCA pour l’Energie Centrafricaine, et la Société Centrafricaine des télécommunications (SOCATEL), connaissent une descente aux enfers et sont incapables de moderniser leurs installations et d’améliorer leurs services. 

Sur le plan universitaire : La rareté des professeurs qualifiés et décimés pour la plupart par des maladies et le caractère profond de la misère, la qualité de l’enseignement reste à désirer. Le calendrier académique n’est plus le même que celui de la France, du temps ou le Général Kolingba était à la commande avec le Colonel Mansion. L’université construite pour 800 étudiants se retrouve aujourd’hui avec plus de 15 mille jeunes âmes. 
Le laboratoire des sciences à l’université n’existe que de nom. Les matériels didactiques des travaux pratiques se font rares. 

Sur le plan Sanitaire : La précarité, sinon l’absence des structures sanitaires et hospitalière adéquates sans moyens et un personnel insuffisamment formé et démotivé. 
Toutes ces conséquences succinctement énumérés résultent des multiples changements militaro-politiques qu’a connus la République centrafricaine depuis son accession à l’indépendance. 

Des séquences d’instabilités politiques après la mort de Barthélemy Boganda, suivies des séries de feuilletons animés dans le milieu d’affaire Français, à l’exemple de « Dacko 1 et Dacko 2 ». Ainsi, nous pouvons comprendre que la politique est un jeu ou s’affrontent les passions et les intérêts, parole de « Nicolas Machiavel, homme politique et philosophe Italien» dans la parution, Le Prince, 

Un regard très modeste sur l’intermittence des perturbations issues des divers coups d’état nous montre comme suit : 
1959, disparition non-élucidé sur la mort de Barthélémy Boganda ; 
1960 : David Dacko, Président 
1966 : Jean Bedel Bokassa, Président ; 
1979 : David Dacko, de nouveau Président ; 
1981: première élection démocratique, David Dacko élu président 
1981 : André Kolingba Président ; 
1993 : deuxième élection démocratique, Ange Félix Patassé Président ; 
2003 : François Bozizé Président ; 
2013 : Michel Ndotodjia Président.
 
Fort de ce constat, le Centrafricain se demande, s’il a cette liberté de pensée et d’expression en dehors de toute forme d’influence et de pressions extérieures ? 

Aujourd’hui, que constate-t-on ? Nos hommes politiques avec, l’innombrable coloration des partis politiques, réclament tous l’idéologie de Boganda, alors que la nouvelle génération ignore les réels exploits, les idéologies, et la nature de lutte mener par ce grand homme, dont la vision était le bien-être de son peuple. Si ce n’est que l’hymne national et la devise que nos enfants en chantent et répètent sans connaître la profondeur. Quel héritage pourrions-nous laisser à cette progéniture sur Barthélemy Boganda ? L’éternel mausolée flanqué au carrefour de l’avenue baptisé en son nom ? 

La République Centrafricaine a des atouts, d’abord, par sa position géographique, au centre de l’AFRIQUE ou du moins le carrefour de cinquante quatre (54) Etat Africains ensuite, sa faune, ses forêts, son sous sol, son climat et la vision des ses fils et filles au lendemain de l’indépendance sont détournés dans le but de maintenir la Centrafrique comme un ballon d’oxygène suspendu dans l’air. 

La RCA et la France n’ont jamais un destin commun, et n’auront jamais un destin en commun. C’est de l’illusion et de la sophistique. Nous sommes liés par des accords de tutelle qui posent toujours problème, du fait de manque des institutions fortes telles que, l’Assemblé nationale qui doit contenir dans son ensemble, les hommes et femmes, dotés de solides connaissances des affaires de l’État. Ensuite, asseoir l’indépendance de la justice, guidée par le courage et l’honnêteté des Magistrats. Enfin, le sérieux et l’unification des hommes politiques pour la même cause quand il s’agit de l’intérêt national du Pays. 
Nous devons plutôt encourager et privilégier le partenariat dans les domaines pouvant tirer des bénéfices d’une action commune, et c’est l’une des exigences de la mondialisation. 

Chers compatriotes, notre Pays a beaucoup souffert et continue de souffrir. Quels bilans pourrions- nous tirer de ces Cinquante trois ans d’indépendance ? 
La division, le tribalisme et l’égoïsme ont fait notre faiblesse dans le passé. La division, le tribalisme et l’égoïsme feront notre malheur dans l’avenir. L’union fait la force. Notre Unité sera la condition sine qua non de notre indépendance. Parole du Président Barthélemy Boganda. Source, Gblobevisionnaire. 
L’Unité, la Dignité, et le Travail, feront de nous des hommes capables pour l’émergence de notre Pays. 


Par OUMAR YAGUITI, ICT 
Dimanche 25 Août 2013 - 21:26
bêafrika Sango

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Published by ALALENGBI SIMON - dans Actualités Nationales
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