3 septembre 2011 6 03 /09 /septembre /2011 11:52

 

L’unité, du moins l’union, reste à jamais une force pour des actions communes comme l’a si bien soulignée une maxime populaire ; et toute division est suicidaire et fragilise.



Ce principe sacro-saint nous interpelle tous. Cependant l’opposition centrafricaine semble l’ignorer. Aujourd’hui, elle doit savoir que les élections qui continuent de faire couler la salive l’ont mise dans position inconfortable, disons une position de faiblesse. A cet effet, elle partage un même objectif, qui est celui d’imposer une alternance au régime en place, quels que soient les idéaux de chacun des partis qui la composent. A ses yeux, le régime de BOZIZE a montré et continue de montrer ses limites ; rien n’empêche de penser à une descente aux enfers dans un avenir proche.

Le déclic de tous les maux que connaît le pays en ce moment reste les élections qui divisent la classe politique. Certes, les conditions dans lesquelles ces rendez-vous électoraux s’étaient déroulées avaient déçu, à n’en pas douter, plus d’un et n’honorent pas le pays. N’empêche que les acteurs politiques puissent penser aux moyens pouvant sauver le pays de cette dérive. Malheureusement, l’attitude de l’opposition centrafricaine montre combien elle tourne en rond, au point qu’elle est devenue victime de la stigmatisation de ses adversaires qui sont aux commandes, allant jusqu’à la qualifier d’opposition en perte de vitesse.

Là où le bât blesse, c’est cette scission de l’opposition qui laisse pantois beaucoup d’observateurs politiques. ‘’A quelque chose malheur est bon’’, dit-on. En principe, la mort de l’ancien chef de l’Etat A.F.Patassé, membre du Front pour l’Annulation et la Reprise des Elections de 2011 (FARE-2011), devait unir davantage l’opposition, particulièrement les membres de son comité de soutien et son ancien parti, le Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC). L’occasion était propice d’enterrer la hache de guerre entre les frères ennemis ; malheureusement cela n’a pas été le cas. Quelques mois seulement après le décès de cet homme d’Etat, les membres de son comité de soutien et quelques personnalités politiques ont voulu prendre leur revanche contre le MLPC de M. Ziguélé et ont enfin jeté le pavé dans la mare en décidant de créer une formation politique dénommée Mouvement de Libération Démocratique (MLD).

Malgré l’acte de bonne volonté qu’avait posée le MLPC en réhabilitant à titre posthume l’ancien chef de l’Etat comme membre d’honneur du MLPC, lors du Conseil politique national en juin dernier, et envisage même d’organiser un congrès de réconciliation d’ici 2012 qui, éventuellement devrait donner l’occasion au MLPC d’accueillir ses frères ennemis d’hier dans les instances du parti, cela n’a pas changé d’un iota l’envie de ces personnalités qui sont décidées d’en découdre avec le MLPC.
Une opposition fragilisée
Mais il faudrait savoir que c’est un droit reconnu à tout citoyen de créer une association, fut –il un parti politique, pourvu qu’il respecte les lois en vigueur. Cependant, il y a lieu de dire que la formation de cette nouvelle formation politique apparaît comme un mauvais calcul politique, puisqu’avec le nombre pléthorique des partis politiques qui existent en RCA, il pourrait ne pas être opportun d’en créer un de plus. Il faudrait savoir si les partis politiques sont souvent créés sur des bases ethniques et si les élections sont aussi souvent sociologiques en Centrafrique. Nous pensons alors qu’il est n’est pas de bon ton de continuer avec une telle erreur. L’important pour l’opposition politique est de s’unir plus qu’avant afin de ne plus tomber dans les erreurs du passé. Si elle avait proposé un seul candidat aux élections passées, on ose penser qu’elle pouvait peser de tout son poids afin de réaliser l’alternance. Malheureusement, elle a payé les pots cassés de ses querelles intestines. On imagine bien que l’avènement de ce nouveau venu qu’est le MLD dans le marigot politique de Centrafrique va profiter au pouvoir en place et certainement va lui plaire, puisqu’il sait que dorénavant il fera avec une opposition fragilisée contrairement au principe de la force de l’union. De ce qui précède, il y a lieu de dire que le grand perdant demeure l’opposition.

Victime de ses propres erreurs, elle sera toujours en mauvaise posture et ne rassurera pas car elle n’est pas disposée, compte-tenu de ses problèmes internes, de démontrer sa force. Au demeurant, toutes les revendications de l’opposition sont au point mort pour la simple raison qu’il y a un manque d’esprit d’équipe et de travail collégial. Nous avions connu d’importants regroupements politiques de l’opposition, depuis l’Union des Forces Vives de la Nation (UFVN) en passant par le Collectif des Forces de Changement (CFC) jusqu’au FARE-2011, qui ont tous, dirait-on, accouché d’une souris. Le FARE-2011 est loin d’atteindre ses objectifs parce que ses membres ne sont pas convaincus de leur adhésion. L’opposition ne manque pas d’initiatives politiques. Elle représente de nos jours un véritable laboratoire des idées politiques. Mais force est de constater que les coalitions qu’elle a eues à créer n’ont pas toujours atteint leurs objectifs ; car toutes ses revendications sont restées lettre morte. Cela est dû à un manque de convictions de ces opposants. Espérons qu’ils tireront les conséquences des échecs du passé, car l’échec est la mère de la réussite, comme disait l’autre.      


Freddy M.(le confident)

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