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26 juillet 2013 5 26 /07 /juillet /2013 23:31

INTERVIEW EXCLUSIVE LNC DE CHARLES ARMEL DOUBANE, EX AMBASSADEUR DE LA RCA A L’ONU

doubaneca

Propos recueillis pas Fatima Lamine

- LNC: 
Excellence, tout d’abord pouvez-nous dire les raisons qui ont fait que vous aviez refusé le poste de ministre des affaires étrangères dans le gouvernement de Tiangaye III ?doubane
- Charles Armel DOUBANE: 
Sur cette nomination, que de salives versées, que d’encres coulées.
Trois ou quatre raisons justifient la déclination de l’offre.
Je n’ai jamais été consulté. 
Même si je sais d’ou venait la suggestion, rassurez-vous, ne venant pas de mon jeune frère Me Mboligoumba comme plusieurs fois dit.
J’ai été appelé aux responsabilités depuis plusieurs années, et me trouvant toujours en dehors du territoire national.
Les responsables prenaient toujours soin de me prévenir, de discuter avec moi, mais cette fois-ci, cela n’a pas été le cas. 
Je ne connaissais pas la seleka, ses idées, ni ses acteurs. 
Le changement s’est fait dans le sang, la violence, les pillages, les viols. etc… 
Ayant des convictions fondées sur des principes et valeurs, il ne m’était pas possible que je fasse chorus avec les nouveaux maîtres du pays. 
Victimes comme la plupart des compatriotes, car lynché, humilié et pillé, même après avoir été nomme ministre, et mes proches agressés; accepter ce poste, fut-il prestigieux et lucratif était féliciter Neron pour ce qu’il a fait au peuple.
Peut être qu’on croyait que tout le monde viendrait a la soupe. 
En dépit de la disette du moment, j’ai accepté de rester loin du réfectoire et solidaire du peuple, refusant par la même toute compromission complice. 
Car viendra un jour, le temps des comptes. 
L’on dira, certainement, c’était pour la cause nationale. 
Oui, sous Pétain, les gens ont parlé ainsi, et l’histoire a su par la suite ou les placer.
Mes médecins n’ont pas été du reste dans cette décision. Enfin mes enfants m’ont dit; ” Papa, cette fois-ci, tu penses, a nous”. Je leur ai répondu, oui, mais je vais être utile à mon pays dans cette circonstance particulière”. 
Et j’ai choisi de rester a l’ONU ou réellement, je pouvais faire quelque chose. Et le passage du PM N. TIANGAYE a été un succès. La suite ?
Des personnalités onusiennes et européennes ont fait, font et feront le déplacement en RCA au chevet de son peuple en détresse. Des aides leur ont été, sont et seront apportées.

- LNC: 
Votre très récent départ en tant que Ambassadeur de la Centrafrique à l’ONU est-il une conséquence ?
- C.A.D: 
Oui en partie je m’y attendais. 
Le détonateur est que certains marchands d’illusion zélés autour du chef de l’Etat de la transition, ignorant le contexte dans lequel se trouve notre pays, lui ont fait croire que je travaillais contre ses intérêts au service du PM. 
Il veulent lui faire subir un camouflet diplomatique au niveau de la communauté internationale en le faisant venir à la prochaine Assemblée Générale qui ruinerait le peu de crédibilité dont dispose encore notre pays et son chef fut-il de la Transition. 
Ce contre lequel je me suis opposé et m’opposerai encore, même en dehors, et loin des Nations Unies. 
C’est notre pays après tout.
Par ailleurs que je passerai mon temps à faire ma campagne pour les prochaines consultations électorales etc… 
Mais une chose est sûre, j’étais en mission, elle commença un jour et devait prendre fin et le moment est arrive.

- LNC: 
Vous avez une très grande expérience de la politique en Centrafrique, en ayant été ministre sous le président Patassé, ministre des relations avec le parlement européen, ministre de l’éducation nationale, député de l’ADP, l’Alliance pour la démocratie et le progrès, un parcours sans faute, pour vous, ne pas vous impliquer dans le pouvoir Séléka, est-ce une manière de vous en démarquer ?
- C.A.D: 
Il est clair que la Séléka ne correspond pas à mes vues, le résultat de sa prise de pouvoir et de sa gouvernance nous ramènent au moyen age. 
Décrédibilisant notre pays qui ne répond plus aujourd’hui aux standards internationaux de notre temps, 53 ans après l’accession à la souveraineté internationale.
Par conséquent je ne pourrais jamais lui être d’un quelconque appui. 
J’ai choisi le peuple et la “légitimité”

- LNC: 
L’image diplomatique de la RCA dévalorisée dans le monde du fait des abandons de ces rares représentations internationales, problèmes d’intendance au Congo, en France, aux USA, en Egypte, etc…Les ambassadeurs faute de moyens, tirent le diable par la queue, votre avis là dessus ?
- C.A.D: 
En dehors des questions de déficit de moyens (humains, logistiques et financiers), la diplomatie centrafricaine a généralement été pilotée a vue, SANS ORIENTATIONS PRECISES sur les grandes thématiques internationales. 
Si l’on y ajoute le non paiement des contributions qui devaient renforcer notre crédibilité et respect internationaux, le résultat est là.
Cependant, quand on sait ce que l’on veut, si l’on s’organise mieux avec le peu de moyens dont on dispose, avec une bonne organisation et gestion, avec les méthodes qui en correspondent, on peut s’en sortir. 
Sans triomphalisme aucun, il suffit de venir voir ou visiter la RCA aux Nations Unies pour s’en convaincre.

DOUBANE--1-- LNC: 
Si vous pouviez passer outre votre prudence de diplomate, pouvez-nous dire votre appréciation sur la situation actuelle de la Centrafrique, surtout du juriste que vous êtes de par votre formation ?
- C.A.D: 
La RCA va mal très mal. 
C’est un pays certes, mais plus un Etat, et je pèse mes mots, car un grand courant a même travaillé pour que, de jure l’on réouvre le désuet Conseil de tutelle pour s’occuper de son cas. 
Dieu merci avec l’aide de certains pays amis, mais surtout de l’Union Africaine, cette humiliation suprême nous a été épargnée. 
Mais ce n’est pas une fatalité. 
Nombre d’Etats ont connu de pareilles voire pires situations. 
Nous pouvons nous en sortir, si nous le voulons individuellement et collectivement. 

- LNC: 
Quelle est votre vision pour un meilleur Centrafrique ?
- C.A.D: 
Un Centrafrique ou il fait bon vivre, construit sur quatre pilliers.
LA RECONSTRUCTION D’UN ETAT DE DROIT; 
UNE EDUCATION ET FORMATION ADAPTEES AUX REALITE NATIONALES ET UNIVERSELLES AINSI QU’UNE SANTE ACCESSIBLE A TOUS.
UNE ECONOMIE AXEE SUR LA PROMOTION ET LA VALORISATION DES RICHESSES NATIONALES ET INTEGREE DANS LE COMMERCE INTERNATIONAL.
UN ETAT MODERNE OUVERT SUR LE MONDE BASE SUR UNE DIPLOMATIE DE DEVELOPPEMENT.
Mais pour y parvenir il nous faut des leaders amis de la RCA, visionnaires et volontaristes, organisés et méthodiques, gérant selon les règles du 21ème siècle avec de bonnes évaluations.

- LNC: 
Etant avec Mme Andet-Koyara les centrafricains non seulement les plus expérimentés à l’international, mais aussi les plus connus et les plus crédibles, avez-vous des projets personnels à court terme ?
- C.A.D: 
Mon projet personnel a court moyen et long terme c’est servir le peuple centrafricain et notre pays. 
Et pour l’immédiat c’est aider à la sécurisation du pays, et je suis heureux de l’aboutissement de l’initiative de l’UA, la MISCA qui sera appuyée par les NU j’en suis persuadé. 
Dieu merci nous sommes en train de convaincre deux grands Etats Africains à intégrer le processus (je ne les nommerai pas) par l’envoi des troupes. 
Apres, il nous faut restructurer nos forces de défense pour prendre la relève, même si cela n’est pas facile. 
Faire sortir la crise centrafricaine de l’oubli, intéresser le monde et la communauté internationale à la cause centrafricaine, rechercher auprès des bailleurs l’aide alimentaire nécessaire; car il y a un réel risque de catastrophe alimentaire. 
Et là, j’appuierai à 100/100 les initiatives de la Ministre Marie Noelle KOYARA.
Comptons d’abord sur nos capacités d’organisation interne, car de cela dependront l’adhésion et l’accompagnement des autres.
Quand on aura résolu ces priorités, chacun pourra retrouver sa chapelle.
Et comme aimait dire F. MITTERRAND, “chaque chose en son temps. Le moment venu, j’aviserai.”

- LNC: 
Vous pourrez être dans la course aux prochaines présidentielles, seul ou avec un ou des partenaires ?
- C.A.D: 
La RCA et son peuple ont reçu un grand coup. 
Mais ils ont su résister et rester debout.
Le plus grand bien de la Séléka a été de créer et de faire se développer dans le péril et l’adversité une grande conscience patriotique et nationale sans faille.
En témoignant, les manifestations et l’élan de solidarité en cours.
Unis nous vaincrons.
Travaillant ensemble nous parviendrons à faire de notre pays un Etat où il fait bon vivre.
C’est possible, c’est faisable, avec l’Aide de Dieu, si nous le voulons tous. 
Travaillons en créant les conditions pour refaire de notre pays un havre de paix où il fait bon vivre, au moins pour nos enfants.

- LNC: 
Si vous aviez un mot à dire aux centrafricains qui vous lisent pour les réconforter
- C.A.D: 
Bonne chance à la nouvelle RCA, unie et prospère. J’y crois dur comme fer

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Published by ALALENGBI SIMON - dans Actualités Nationales
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