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16 janvier 2014 - EMILE GROS RAYMOND NAKOMBO-DECLARATION DE CANDIDATURE A LA PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE POUR LA TRANSITION

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DECLARATION DE CANDIDATURE D’EMILE GROS RAYMOND NAKOMBO A LA PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE POUR LA TRANSITION

Oubangui Hôtel, Bangui 16 janvier 2014

 

Mesdames et Messieurs,

Depuis un mois, j’ai parcouru Bangui.

A l’archevêché, l'Aéroport Bangui Mpoko, Elim, Saint Sauveur, l’Hôpital Communautaire, le Centre de la Mère et de l’Enfant; j’ai, sur ces sites, lu le désarroi dans les yeux des adultes et des enfants. Chaque regard bégayait de peur, traduisait la douleur du vécu  et portait  un désir de paix.

Des milliers de biens publics et privés, saccagés. Des milliers de blessés et traumatisés. Plus d’UN million de déplacés et des milliers de morts.

Je demande d’observer une minute de silence en mémoire de nos Compatriotes ainsi que des amis de la RCA résidents dans notre pays décédés depuis le début de cette crise.

Merci.

Mesdames et Messieurs,

Nous avons l’impérative obligation de ramener la paix dans notre pays, de sortir ses populations de cet enfer, de les réconcilier et de le reconstruire.

La République Centrafricaine connaît une situation conflictuelle quasi permanente depuis  bientôt  deux décennies.

L’origine de cette situation de crise se trouve dans  la gestion de l’ordre politique post 1993.

Contrairement à l'habillage ethnique, régional et religieux qu'on a voulu donner à cette crise, son origine se résume en une phrase : La carence de l’État, la fragilité d'un pays sous perfusion depuis trop longtemps.

Douze mois,

Douze mois de désolation. Douze tragiques mois qui auront fini par mettre à genou la République et briser la cohésion de ses populations.

Mais en dépit du sombre tableau clinique de notre pays, nous devons croire en notre destin et donner le meilleur de nous pour que demain soit différent d'aujourd'hui. Pour cette exigence existentielle, nous devons engager avec détermination l’œuvre de Redressement et de Reconstruction de la République Centrafricaine.

 

Mesdames et Messieurs,

Nous qui avons des cadets, enfants ou des petits enfants.

Quel avenir pouvons-nous leur promettre ?

Cette interrogation doit nous habiter lorsque nous regardons l'état de la République Centrafricaine.

Je crois que chaque personne ici présente, malgré cette crise ; souhaite que nos cadets, nos enfants et nos petits-enfants grandissent dans un pays enfin débarrassé de la tragédie. Un pays qui se développe et qui maîtrise les contours de sa souveraineté. Un pays moderne, profondément africain, ouvert au monde, respectueux de toutes ses traditions et des peuples qui le compose et qui nous rappellent en permanence ce que nous sommes : des filles et des fils de Centrafrique.  Un pays où le don de soi est encore possible. Où la fraternité et la liberté sont permanentes.

Je crois que nous aimerons qu’ils vivent dans un Centrafrique  où les individus sont jugés sur leur mérite et civisme et non sur leur ethnie ou leurs religion.

Je crois que nous aimerons qu’ils se sentent éblouis par les merveilles de notre pays.

Je crois que nous souhaiterons tous qu’ils soient fiers d’être Centrafricains, africains et citoyens de la CEEAC.

 

Mesdames et Messieurs,

Le défi aujourd’hui est de reconstruire un  ETAT digne de ce nom, de recréer le lien national ou de le renforcer là où il est fragile ou agonisant. Ce qui est en cause depuis le début de la transition,  c’est la relation gouvernants/gouvernés.

L'urgence des urgences est de stopper l'escalade meurtrière. De désarmer les villes, les corps et les esprits, de sécuriser nos compatriotes, de leur porter assistance, d'organiser leurs retours progressifs dans leurs foyers et de redémarrer le pays.

Face à cette urgence et au risque que le pays ne sombre définitivement, j’ai décidé de faire l’impasse sur ma candidature pour les prochaines élections et d’œuvrer maintenant pour restaurer la République, secourir les Centrafricains, les sécuriser et relancer le pays. Je suis donc Candidat à la Présidence de la République pour la Transition ; car ignorer les défis du moment et ne rêver que des prochaines élections, c’est faire preuve d’un cynisme à la lisière du mépris pour le peuple qui souffre. Je ne veux pas être de ceux-là, j’ai l’ambition d’être utile maintenant.

Je suis candidat à la Présidence de la République pour la Transition pour :

·Défendre le Centrafricain et ses droits ;

·Défendre la démocratie, les Institutions de la République et renforcer l’unité nationale ;

·Réconcilier et Reconstruire.

 

Mesdames et Messieurs,

Des voix se sont élevées m'appelant au service du Peuple,

Je les ai entendus,

J'ai également entendu des cris de souffrance de mon Peuple, le bruit des pas de ceux qui fuient,

J'ai entendu, par-delà celles-ci, le silence des morts,

J'ai donc répondu OUI. Un Oui "franc et massif" pour servir le Peuple à la tête de l'Etat pendant la période de transition. Ce service-là, je le place sous le signe de la PAIX et de la réconciliation.

L’Avenir commence maintenant, ouvrons sa porte et engageant la transformation des conditions d’existence de nos compatriotes.

Cet avenir pour qu’il ne soit pas compromis exige des efforts et des sacrifices de tous mais en particulier de ceux qui ont l’ambition de servir et surtout dans ces périodes difficiles.

En effet, il faudra apporter des solutions à ces femmes et hommes meurtris, affamés, malades, brimés, réfugiés, déplacés, en brousse et qui ont tout perdu...

Il faudra créer les Conditions pour que  celle ou celui dont la maison ou le village a été incendié, le champ saccagé, l'instrument de travail saboté, l'épouse ou l'époux assassiné, l'enfant exécuté, blessé ou enrôlé de force, puisse se relever.

C’est par le travail et la Discipline que nous  parviendrons à faire renaître notre pays de ses cendres et redonner à nos compatriotes, la joie de vivre. Nous devons donc rompre avec le chaos pour refonder l’espoir car la fatalité et la tragédie ne sont pas des normalités centrafricaines.                             Répondre aux inquiétudes, aux angoisses et à l’incertitude, c'est proposer un modèle de résolution de la crise qui bâtisse pour l'avenir et permette de retrouver l'espoir. C’est pour le faire que je me présente à la Présidence de la République pour la Transition.

En effet, dans ces périodes ô combien douloureuses, nous devons nous appuyer sur ce que le Centrafricain peut offrir de meilleur et qui  faisait la fierté de notre pays : la solidarité, la justice, la démocratie, la tolérance et la diversité.

 

Mesdames et Messieurs,

Centrafricaines, Centrafricains, mes chers compatriotes,

Vous tous qui aspirez  à un Centrafrique pacifié et réunifié, un pays bien gouverné; c'est à vous que je m'adresse maintenant.  

Après dix mois de transition, vos conditions de vie se sont effroyablement dégradées. Vos doléances et besoins légitimes, multipliés.  Vous avez été trahi, brimé et martyrisé.

Ensemble nous devrons reconstruire un Centrafrique fraternel. Relancer la démocratie, assurer le respect des droits de l’homme.

Ensemble nous devrons travailler à l’avènement d’un Centrafrique moderne, prospère et laïc.

Au moment où tout va mal. Au moment où l’espoir s’est transformé en désespoir plongeant notre pays dans la crise la plus aiguë de toute son existence, nous devons être du bon côté de l’histoire c’est-à-dire être de ceux qui ne baissent pas les bras, qui croient et qui œuvrent pour le redressement et la reconstruction. C'est le sens de mon engagement. Un engagement qui s'inscrit dans une perspective nouvelle : Rassembler, Réconcilier, Reconstruire.

Croire.

Oui croire que la République Centrafricaine renaîtra de ses cendres.  Croire que nous pourrons ramener la Paix et la Sécurité, restaurer la République, la Démocratie et la Justice, relancer l’Économie. En un mot Construire notre pays.

C'est donc le lieu et l'occasion pour lancer ce message : la RCA AVANT TOUT.

Vive la République !

Je vous remercie.


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Published by ALALENGBI SIMON - dans Actualités Nationales
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