31 mai 2014 6 31 /05 /mai /2014 08:44

NDLR: Comment peut-on marcher avec un caillou dans la chaussure? La primature est truffée de antibalaka et la présidence de Séléka... 

 

CENTRAFRIQUE : PRÉSIDENCE ET PRIMATURE ENTRE LA MÉFIANCE ET LA SUSPICION

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Les évènements de ces derniers à Bangui ont atteint les plus hautes institutions de la transition. A la présidence et la primature la méfiance et la suspicion gagnent les relations. Le bal a été ouvert par le premier ministre André Nzapayeke qui dans sa sortie médiatique au lendemain de l’attaque de la paroisse Notre Dame déclarait que les évènements de Bangui sont montés par des hommes politiques et des membres du cabinet de la présidente et ceux de son propre cabinet.

Le chef du gouvernement s’est refusé de donner des noms mais de sources bien informées, c’est depuis plusieurs mois que le pouvoir de Bangui tient certaines personnalités politiques à l’œil. « Ce n’est pas aujourd’hui que la méfiance est visible dans le relations des uns et des autres au niveau de la présidence » a confié à Centrafrique Libre, une proche de Mme Catherine Samba-Panza.

De nombreux conseillers de M. André Nzapayeke nous ont confiés que le chef du gouvernement est bien informé des agissements de ses proches et de ceux de la présidente qui tentent de déstabiliser le régime de la transition.

L’on sait qu’au niveau du cabinet de la présidente, ouverture a été faite à la coalition ex-Séléka. Plusieurs cadres et membres de cette rébellion ont été nommés aux postes parfois importants au niveau de la présidence. A la primature, le premier ministre s’est entouré des membres des Antibalaka.

A l’époque, on justifiait ces nominations par les besoins d’équilibre et d’ouverture mais quatre mois après, la méfiance et la suspicion ont rattrapé ces besoins d’équilibre et d’ouverture. Le premier ministre qui, jusque là est le seul à se prononcer sur cette question: certains membres de son cabinet et de ceux de la présidente voudraient déstabiliser la transition.

Il faut dire que de nombreux observateurs croient à la thèse de tentative de déstabilisation de la transition actuelle. « Il est possible qu’il y ait tentative de déstabilisation du pouvoir. Nous l’avons dit et redit même au premier ministre que ceux qui se faisaient nommer à la présidence et à la primature n’avaient pas abandonné leur ambition pourvoiriste. Alors pour moi, je m’attendais déjà à des tentatives de déstabilisation surtout lorsque les deux cabinets soient remplis d’anciens chefs rebelles pas encore reconvertis » a confié un Conseiller National.

De sources bien informées, d’anciens hommes politiques et chefs rebelles sont à la base de cette méfiance. Le nom de l’ancien ministre de la défense Jean Jacques Démafouth et celui de Abdoulaye Hissen, coordonnateur politique de l’ex-Séléka, tous deux ministres conseillers et donc membres du cabinet présidentiel sont cités.

Ces deux personnalités qui ont fait leur preuve dans plusieurs rebellions monteraient des coups dans l’ombre. « C’est depuis qu’on sait que ces hommes sont flous » a raconté un proche de Samba-Panza.« Jean Jacques Démafouth pense profiter de la naïveté de Mme la présidente mais il a tapé à coté » confie une très proche de la présidente de Samba-Panza favorable à la mise à l’écart de ces deux personnalités.

La chaine de déstabilisation ne se limiterait pas à ces deux chefs rebelles. Il y aurait d’autres membres du cabinet présidentiel mais ceux-ci ne s’afficheraient pas encore de manière précise.

A la primature aussi des noms circulent. Il s’agit entre autres de celui de Kokaté un ex-Séléka dissident, devenu Anti-balaka. Cette personnalité serait toujours dans les coups ou mouvements qui placent le retour deFrançois Bozizé devant la scène. « Malgré l’apparence qu’il donne, il est connu que ce Monsieur organise de loin des mouvements. En plus, partout il passe des troubles se font signaler, tout ceci n’est pas gratuit » a confié un proche du premier ministre.

Désormais, il est clair qu’au niveau de la présidence et de la primature la méfiance et la suspicion deviennent les mots d’ordre. Personne n’osera le dire mais, elles se verront dans les relations. C’est peut être cette méfiance et cette suspicion qui déstabiliserait le pouvoir de Samba-Panza qui a prouvé ses limites dans la gestion de la chose publique depuis quatre mois.

Diane LINGANGUE

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Published by ALALENGBI SIMON - dans Actualités Nationales
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