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26 décembre 2013 4 26 /12 /décembre /2013 09:50

CENTRAFRIQUE: LES JEUX TROUBLES DE LA FRANCE

Trois semaines après le début de l’opération Sangaris et une semaineaprès l’entrée en matière de la MISCA, le microcosme Centrafricain se pose des questions sur le rôle de la France.

Comme par hasard au moment où l’opération Sangaris débutait le 05 décembre les Anti- Balakas appuyés par les FACAS et quelques jeunes volontaires déclenchaient les hostilités en s’attaquant à une mosquée, tuant des centaines de musulmans. Les représailles sanglantes s’en sont suivies par la Séléka qui a tué presque un millier  de chrétiens.

D’après des sources concordantes, c’est la France qui aurait livré des armes aux combattants Anti-Balaka.Après avoir déclaré : En Centrafrique, on ne peut pas laisser en place un président qui n’a rien pu faire, voir même a laissé faire, le président français  François Hollande connu pour son manque de fermeté est resté muet pendant que des civils continuent d’être tués.

Depuis plusieurs mois voire années les Centrafricains dans leur majorité, certains élus Français et de nombreux africains remettent en cause l’ implication du Tchad et de son président Idris Deby dans la déstabilisation de la RCA ces dernières années.

Si la France a écarté le Tchad dans les commandes de la MISCA, elle a néanmoins accepté que l’effectif de son armée armée  soit portée de 350 à 850. On sait tous que la majorité des soldats de la Séléka sont des tchadiens.

Les soldats de l’armée tchadienne qui sont impliqués dans l’ ultime  attaque perpétrée sur les Sud Africains lors de la prise de Bangui n’ont jamais arrêté de collaborer avec les soudards de la séléka au vu et au su de la France.

 Plusieurs accrochages ont eu lieu entre les éléments Tchadiens et leurs homologues congolais lors des opérations de désarmement, 3 mois après le début de la transition.

Au quartier Boyrabé devant des témoins, les soldats tchadiens en surnombre venus « secourir » un commerçant tchadien chez qui les soldats congolais ont découvert un stock d’armes de guerre ont humilié ces derniers, mettant à mal le processus de la pacification.

Les soldats français, les journalistes et les téléspectateurs du monde entier ont suivi en direct les tirs  d’une patrouille tchadienne  sur des manifestants faisant un mort et plusieurs blessés aux environs de l’aéroport sans que cela n’émeuve les dirigeants français.

A ce jour les auteurs de ces tirs n’ont pas été arrêtés. Djotodia et son allié Déby ont même osé faire un démenti sur cette bavure.

Il y a eu il y a deux jours des tirs fratricides au sein même de la force africaine entre burundais et tchadien. Cette information a été révélée par le chef du contingent burundais. »  La France et le commandant en chef de la MISCA tardent à trancher en faveur de la volonté de la majorité des centrafricains qui souhaitent le départ définitif de l’armée tchadienne du territoire centrafricain.

« Mis en cause dans plusieurs incidents récents, et accusé par de nombreux Banguissois de complicité avec l’ex-Séléka, le contingent tchadien de la Misca devrait prochainement quitter Bangui et être redéployé dans le nord du pays à majorité musulmane » a écrit nos confrères de l’AFP dans leur colonne.

Au lieu de rapatrier le contingent tchadien au Tchad, un porte parole de la MISCA a déclaré à l’AFP que »«Tout le contingent tchadien va être envoyé pour sécuriser le Nord dans les prochains jours»

Le lieutenant colonel Ndong Toutune n’a pas précisé les modalités ni la localisation de ce redéploiement.

Le redéploiement annoncé de l’armée tchadienne au Nord suscite déjà une polémique dans le microcosme centrafricain. Les problèmes de ces dernières années viennent du Nord où les chinois exploraient du pétrole sur le site de Boromata. L’uranium de Bakouma n’est pas également éloigné du fief de la Séléka dans le Nord-EST.

La France se décrédibiliserait en privilégiant son partenaire tchadien dans sa quête permanente du contrôle des ressources minières centrafricaines. Si elle maintien son chien de garde tchadien en Centrafrique, il n’y aura jamais de stabilité dans ce pays.

Wilfried Maurice SEBIRO

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Published by ALALENGBI SIMON - dans Actualités Nationales
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