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14 juillet 2013 7 14 /07 /juillet /2013 10:28

INTERVIEW DE SON EXCELLENCE JOSEPH BEDOUNGA, MINISTRE DE L’ ELEVAGE ET DE L’INDUSTRIE ANIMALE

La RCA est un bateau qui chavire à tout moment faute de véritables capitaines. Depuis des décennies, les Centrafricains sont à la recherche des hommes capables et dotés d’un esprit patriotique.

  »N’est pas un leader qui veut », et un bon chef doit toujours montrer l’exemple. Depuis son entrée en politique Bédounga s’est toujours battu contre vents et marrées  pour créer un Etat de droit en Centrafrique.Chassé le naturel, il revient au galop. Si les opposants Centrafricains ou les leaders des partis politique brillent par leur silence sur les malheurs qui rythment le quotidien des centrafricains, Joseph Bédounga  est le seul politicien Centrafricain qui a toujours eu le courage de défendre les intérêts de ses compatriotes.

 Alors que tous les politikards se plient devant les dérapages de la Séléka ,Joseph Béndounga qui s’était fait lyncher par les sbires de Bozizé, continue de prendre le risque pour reprocher au président Djotodia voire à ses collègues de la Séléka  la lenteur dans le processus du retour de la paix en Centrafrique.

 A 60 ans à peine ce natif de Bocaranga’ Ouham Péndé), est devenu un ministre piéton, le seul au monde après que les éléments incontrôlés de la Séléka eurent emporté une de ses voitures de fonction et endommagé la seconde.

Austère, on a pas besoin de formalité pour rencontrer le ministre de l’élevage qui n’a pas d’aide camp dans ce pays devenu une poudrière à ciel ouvert. Habillé d’un tissus traditionnel Africain, Bédounga s’est livré aux Centrafricains et à tous les lecteurs de Centrafrique Libre, pour commenter l’actualité politique de son pays.

Même si sa priorité est de redresser le secteur de l’élevage, Béndounga se prépare pour les grands rendez électoraux avec son  avec son peuple. Il espère que le peuple Centrafricain, humilié, martyrisé choisira pour la première fois un homme proche de leur aspiration dans un milieu politique dominé par les adeptes de la françafrique et les défenseurs des entreprises françaises du cac 40.

Wilfried Maurice SEBIRO 

Centrafrique Libre : Bonjour M. veuillez vous présenter à nos lecteurs

Joseph Béndounga : Je suis le démocrate Joseph Béndounga président du MDERC et ministre en charge de l’élevage

CL : Quelle est la situation de la paix dans votre pays la RCA?

«  la faim chasse le loup de la forêt  »

JB : La paix ne reviendra jamais et quand le peuple a faim, c’est qu’il n’y a pas la paix, et la famine est à nos portes. Après les crises militaro-politiques, ce sera la crise alimentaire, «  la faim chasse le loup de la forêt » dit un adage et dîtes vous bien que si le peuple n’a pas à  manger, la sécurité reste toujours menacée.

La sécurité et la paix que nous commençons à amorcer sont très fragiles. Donc l’apport et le soutien de tous les compatriotes nous permettront de sortir le pays de la situation dans laquelle la SELEKA nous a plongée.

CL : Monsieur le Ministre comment va l’institution que vous dirigez actuellement ?

« Notre souci, je l’ai souvent dit et je le répète encore, concerne la famine et la disette qui sont déjà dans la cité. Nous sommes en train de concocter un programme d’urgence dont la relance de l’élevage qui commencera par l’aviculture qui a seulement un cycle de 45 jours« 

JB : L’institution que je dirige qui, hier était le ministère délégué au Développement rural Chargé de l’élevage. Il est devenu maintenant le ministère de l’élevage. C’ est l’un des départements qui a été sévèrement touché par les actions néfastes et destructives de la séléka.

  »Même la viande que vous consommez aujourd’hui dans la ville de Bangui et dans toutes les autres villes du pays, sont à vos risques et périls  parce qu’aucun docteur vétérinaire, aucun technicien d’élevage inspecte la viande que la séléka à travers ses hommes met sur le marché ».

Au moment où je vous parle sur toute l’étendue du territoire national, aucun bien, aucune structure de ce département n’a résisté à leur tsunami, et même l’abattoir frigorifique de Bangui est tenu par la Seleka. Le marché à bétail est géré par ces derniers, toutes nos structures sur toute l’étendue du territoire sont entre leurs mains.

Même la viande que vous consommez aujourd’hui dans la ville de Bangui et dans toutes les autres villes du pays, sont à vos risques et périls  parce qu’aucun docteur vétérinaire, aucun technicien d’élevage inspecte la viande que la séléka à travers ses hommes met sur le marché.

C’est eux qui gèrent ce département aujourd’hui. Donc je me bats pour sortir ce ministère  entre les griffes des éléments de Séléka.

D’ailleurs  le gouvernement est en train de mettre en place un plan de sécurité, le mardi dernier le conseil a décidé que l’objet du conseil de jeudi 27 juin soit réservé à la sécurité, c’est ce que nous avons fait hier et à la sortie de ce conseil, nous avons mis en place un comité de suivi, vous verrez dans les jours à venir que la gendarmerie nationale va reprendre ses services  dans la ville de Bangui et les environs, et petit à petit cela va s’étendre à l’intérieur du pays.

Notre souci, je l’ai souvent dit et je le répète encore, concerne la famine et la disette qui sont déjà dans la cité. Nous sommes en train de concocter un programme d’urgence dont la relance de l’élevage qui commencera par l’aviculture qui a seulement un cycle de 45 jours.

 

CL : On peut conclure que vous avez seulement des projets et que vous n’êtes pas encore entré en action ?

JB : C’est normal l’urgence est d’établir un projet avant de le mettre en marche surtout que les caisses de l’Etat sont désespérément vides.

Néanmoins nous recensons actuellement tous les aviculteurs de la ville de Bangui pour mettre en exécution notre programme le 15 juillet au plus tard. En partenariat avec le ministère de l’agriculture, nous avons un projet pour la réinsertion des jeunes de la Séléka.

A travers ces deux départements, on peut faire de ces bandits, de ces destructeurs les bâtisseurs de la République Centrafricaine et on pourra réussir ce projet au bout de 2ans au maximum.

 

 

CL : Monsieur le Ministre au vu des ballets et déplacements de ces derniers temps de toutes les autorités centrafricaines vers le Congo pour rencontrer le médiateur Dénis Sassou Nguesso, nous avons l’impression que votre pays est mis sous tutelle. En tant que membre du gouvernement, peut- on affirmer que vous êtes tous immatures ?

« Pour des petites affaires d’entente, d’arrangement entre nous, nous  nous étalons devant nos amis de la sous région, çà c’est la première bêtise centrafricaine, et je pense que l’homme politique centrafricain, et la société civile  doivent mûrir »

JB : Vous savez, je suis fier d’être né centrafricain, j’étais né Oubanguien et je suis devenu Centrafricain, et l’Oubanguien que j’étais a honte aujourd’hui du Centrafricain que je suis. Les Centrafricains ne sont ils pas capables de se parler franchement ? De s’ouvrir le cœur ? Le linge sale se lave en famille.

Pour des petites affaires d’entente, d’arrangement entre nous, nous  nous étalons devant nos amis de la sous région, çà c’est la première bêtise centrafricaine, et je pense que l’homme politique centrafricain, et la société civile  doivent mûrir.

Et si nous ne le faisons pas, l’effort que font nos voisins pour nous aider risque de tomber à l’eau.

CL : Il y a eu plusieurs recommandations notamment celles de Libreville et celles qui sont issues des sommets de Ndjamena, aujourd’hui on voit que le premier ministre et l’aile politique de la SELEKA sont à couteaux tirés. Alors dans la situation actuelle, Que faut-il faire pour sortir de cette ornière ? Les autorités doivent continuer à aller devant le médiateur Sassou N’ guesso ou Idriss Deby pour régler les affaires Centrafricaines ?

«  Les responsables politiques de la SELEKA ont été dépassés par les évènements »

JB : A mon avis le premier ministre n’est pas à couteau tiré avec la SELEKA. La nébuleuse SELEKA telle que je l’appelle est constituée de plusieurs groupuscules.

Il y a les gros  et les petits et c’est ce magma là ! Vous savez, c’est facile de réunir les gens et leur demander de prendre les armes et de conquérir le pouvoir.

C’est facile de déclencher la violence mais c’est très difficile et même délicat de la contrôler. Les responsables politiques de la SELEKA ont été dépassés par les évènements. Donc le premier ministre n’est pas à couteau tiré avec la Séléka.

Les réactions des présidents de la sous région ne sont pas mauvaises. Si la République Centrafricaine explose parce que la somalisation est à quelques pas, toute la sous région d’Afrique Centrale sera concernée.

Les chefs d’Etat de la sous région ont eu une bonne réaction.

La maison du voisin brûle, vous êtes obligé de vous battre pour éteindre l’incendie et en matière sécuritaire, si aujourd’hui la RCA explose parce que sa somalisation est à quelques pas,  c’est toute la sous région d’Afrique Centrale qui sera éclaboussée et même toute l’Afrique qui risque d’exploser.

Leur réaction est donc  légitime .Nous ne devons pas jeter l’opprobre sur ces africains, au contraire nous Centrafricains devons profiter de leur implication pour mettre nos querelles de côté et faire que cette transition puisse accoucher d’une démocratie durable.

CL : Vous dites qu’il n’y a pas de problème entre le PM et l’aile politique de la Séléka et pourtant le président a déclaré que ses paires ne veulent plus que l’on organise une nouvelle élection pour désigner  le président du CNT. Une personnalité importante du CNT a même accusé Me Tiangaye d’être derrière les manœuvres de l’union Européenne ?

« On ne crache pas dans la main qui donne à manger, et qui paie commande« 

 

JB : Je ne suis pas responsable de l’inculture politique de certaines personnalités qui font des déclarations sur les ondes internationales et nationales vis-à-vis du premier bailleur de la RCA qui est l’Union Européenne.

On ne crache pas dans la main qui donne à manger, et qui paie commande. Vous savez il y a eu beaucoup de manigance.

Même la désignation du président de la République de la transition, la mise en place du bureau du Conseil National de Transition ne sont pas faite selon les règles de l’art et si aujourd’hui l’Union Européenne nous demande de faire un petit effort pour que ce bureau puisse être représentatif de l’organe législatif de la transition.

Mais qu’est-ce qui gêne ces compatriotes ? S’ils sont bien élus et qu’on leur demande  d’aller aux élections, qu’est-ce qui  les met dans cet état, ça veut dire qu’il y a anguille sous roche.

CL : Le président ne fragilise pas le Gouvernement quand il déclare approuver la position du CNT?

JB : Disant, qui a créé le CNT ?  N’est ce pas le Gouvernement qui à travers un arrêté pris  par le Premier Ministre Nicolas TIANGAYE  qui l’a créé? Et qui a même validé la désignation du Président de la République. Je ne pense pas que le Président de la République puisse de gaîté du cœur tenir de tels propos.

Cela ne peut être qu’un écart de langage. Car devant un micro, on se perd parfois et ce que je dis, je le dit en mon âme et conscience, même devant les conseillers je peux le répéter.

Le CNT ne peut pas être la grenouille qui est aussi grosse que le bœuf puisque c’est le gouvernement qui l’a créé.  Ce que je vous dis je peux le répéter devant ces derniers, c’est le gouvernement Tiangaye III qui a créé le CNT.

CL : Vous maintenez qu’il y aura une nouvelle élection du bureau du CNT ? Le gouvernement  a-t-il un calendrier ?

JB : Je ne suis pas dans les secrets de Dieu et je ne connais pas les tractations qui se font actuellement

CL : Non, M. le ministre vous êtes membre du gouvernement, cela vous concerne aussi, non? 

« Le CNT doit refaire une nouvelle élection avec tous ses membres, pour être en conformité avec l’opinion internationale »

JB : En tant que Centrafricain et membre du gouvernement j’aurai souhaité que  les vœux de l’Union Européenne  soient exécutés, le CNT doit refaire une nouvelle élection avec tous ses membres, pour être en conformité avec l’opinion internationale.

Car refuser c’est ouvrir un deuxième front avec notre premier bailleur de fonds et de facto à toute la communauté internationale. Ce serait suicidaire d’agir ainsi.

C’est le propre caractère du centrafricain, c’est l’immaturité politique qui pousse ces gens à avoir ce comportement.

CL : Que dites vous à votre collègue, le ministre de l’éducation nationale qui vient de publier les dates du passage des examens alors que ¾ des établissements restent fermés, n’est ce pas là une politique de deux poids deux mesures puisque tous les enfants doivent reprendre l’école en même temps ?

JB : Je suis solidaire du ministre Loudégué et des actions qu’il mène. C’est un combattant, ce collègue a pris ses responsabilités malgré les difficultés que nous avons actuellement, de tout faire pour que les élèves de l’ENI (Ecole Normale d’Instituteur de Bambari) puissent repartir à Bambari sans que le minimum de sécurité soit garanti.

Il a réussi à faire repartir ces jeunes et Dieu merci il n y a pas eu de casse depuis leur retour, ils ont repris les cours. Ce monsieur se bat aujourd’hui grâce à l’Unicef pour trouver 100 dollars à chaque enseignant des provinces et trouver les moyens de transports pour pouvoir les ramener.

Il se bat comme un diable dans une marre remplie de crocodiles, de requins d’hippopotames, des serpents et tout, franchement s’il se bat pour dire qu’on peut tenir les examens en fixant une date.

C’est une estimation et il se bat grâce au concours d’un organisme danois pour réhabiliter la direction des examens et concours. Dans la situation où nous nous trouvons s’il n’avait pas agit de la sorte comment aurions pu nous faire pour nous en sortir de ce marasme ?

Il a donc réussi à poser un premier pas car à « l’impossible, nul n’est tenu » Lui-même rendra compte aux Centrafricains  si on proclame une année blanche,  ou si on ait avancé  pour pouvoir  valider l’année académique.

.

CL Beaucoup de villes sont encore occupées  par la Séléka, les écoles sont encore fermées

JB : Ce n’est pas M Loudégué qui a créé la situation actuelle, c’est un médecin devant un cas catastrophique, ou bien il ne fait pas son travail en disant que le monsieur est en train de mourir et je ne fais rien, je le laisse mourir où il prend sa responsabilité en tentant de le sauver, c’est ce que moi aussi et le gouvernement en entier essayons de faire pour notre pays.

 On ne peut pas nous jeter des cailloux aujourd’hui mais au contraire on mérite du soutien. Nous devons soutenir les actions du gouvernement, si Loudégué ne le fait pas, qui le fera à sa place ?

sincèrement même s’il arrive qu’on ait des différends de temps en temps, je le félicite pour son courage, car l’avenir du pays c’est la jeunesse.

CL : Un article des accords de Libreville exclut  la participation des membres de l’exécutif de la prochaine élection présidentielle, sachant  que vous êtes un des rares sinon le seul politicien Centrafricain courageux, pensez vous qu’on doit l’abroger ?

JB : Dans un premier temps Libreville avait dit que le président de la République, le premier ministre et le président de la transition ne doivent pas aller aux élections, après N’Djamena l’a élargi à  tous les membres du gouvernement.

Si tel est le cas la paix n’a pas de prix. Dans ma ferme je sers l’Etat Centrafricain, Je le servirai toujours en respectant mon crédo de démocrate. La loi est la loi donc je respecterai ce principe. Je pourrai postuler pour les prochaines élections si Dieu me prête vie.

CL : Serez vous candidat dans dix ans ?

JB : Non dans 6ans, la transition a déjà consommé 4mois, il nous en reste 14, grosso modo j’aurai à peu près 66ans et ce serait le bon moment. J’aurai acquis plus d’expérience, je préfère mûrir  avant d’accéder à la magistrature suprême.

CL : Comment va votre parti le MDERC ?

JB : Le MDERC se porte bien, à un certain moment le KNK a tout fait pour écarter tous les partis politiques, mais nous avons tenu bon.

L’insécurité aidant, nous allons mettre en place un comité qui aura pour objet de restructurer le parti pour nous permettre d’aller aux législatives. Ce sont  elles qui donneront à chaque  parti une  assise  nationale.

Nous sommes en préparation, le comité qui sera mis en place s’occupera  de cette mission qui n’est autre que la restructuration de ce parti. Nous allons détecter les compétences qui peuvent nous représenter valablement aux législatives parce que la transition finira par les élections groupées.

Cl : Tous les commerces sont tenus par les étrangers, en tant que ministre, que proposez-vous pour inciter les fils du pays à embrasser ce domaine ?

JB :  La République Centrafricaine a cette spécificité, on n’a pas su créer une bourgeoisie nationale, les Centrafricains se battent pour être dans la fonction publique et d’être ministre, et moi Bendounga je ne serai jamais fonctionnaire.

J’ai été du secteur privé, un opérateur économique, je suis un agriculteur, un éleveur, chez moi c’est une ferme un village.

L’Etat Centrafricain n’a pas créé les conditions de l’émergence d’une bourgeoisie nationale. Tant qu’on ne fera pas cela, tant que le commerce et l’économie seront entre les mains des étrangers, ce sera difficile que ce pays puisse se développer.

Je vous donne l’histoire des Syro- Libanais qui se sont installés en Centrafrique, ce sont des gens qui sont arrivés pauvres, et c’est ce pays qui a fait d’eux des riches,

CL : Vous voulez parler du défunt Kamach ? 

« C’est l’argent de la République Centrafricaine qui rend les étrangers riches et c’est cette richesse qui a fait de notre pays aujourd’hui l’esclave des Gourans et des Zakawa Tchadiens et soudanais« 

JB : Que ce soit lui, paix en son âme, que ce soit les Saheli qui sont les premiers Libanais à s’installer chez nous comme le père Saheli qui  achetait du manioc à Kagabandoro pour revendre aux Centrafricains.

C’est l’argent de la République Centrafricaine qui rend les étrangers riches et c’est cette richesse qui a fait de notre pays aujourd’hui l’esclave des Gourans et des Zakawa Tchadiens et soudanais.

C’est aux Centrafricains de prendre leur responsabilité, nous ne maîtrisons pas la pratique du commerce, mais c’est  l’Etat qui doit créer des mécanismes pour emmener  les centrafricains à se lancer dans le  commerce.

J’ai été le pionnier dans tous les secteurs du commerce dans ce pays. Et j’avais  un slogan qui était «  Laisser les Centrafricains se débrouiller ».

CL : Vous avez de très bonnes idées, une très bonne vision et pourtant votre parti ne recrute pas assez de centrafricains ? Ce n’est pas le moment d’aller à la conquête de la jeunesse ?

JB : Aucun parti n’a plus de sympathisant que le MDERC, nous sommes le parti qui a plus de sympathisants. Le problème Centrafricain, c’est la satisfaction du besoin quotidien, et cela les centrafricains l’ont connu à leurs dépens.

C’est  le moment où j’irai aux élections que vous mesurerez le poids politique du MDREC. Mon parti est un iceberg.

CL : Monsieur le ministre vous maniez parfaitement la langue de Molière, on nous dit que vous êtes licencié en droit public, vous êtes très  cultivé, comment avez-vous fait pour acquérir cette culture ?

JB : Non M. le journaliste, je ne suis qu’un capacitaire en droit, je maîtrise la langue de Molière qui est  la quatrième langue que je parle après le sango et mes deux patois : le karé et le souma.

Je ne suis pas polyglotte, je ne pratique pas beaucoup de langues internationales dont celle de Shakespeare qui est l’anglais.

CL : M. le ministre n’est ce pas là le bon moment d’aller vers la jeunesse si négligée dans ce pays ?

JB : Il n y a pas de leaders  politiques centrafricains mieux accepté par la jeunesse que la modeste personne de Joseph Béndounga. Je suis à pied, je suis dans les taxis, je suis même un modèle pour les jeunes gens.

CL : N’avez-vous pas été doté en voitures de fonction comme vos collègues qu’on remarque dans les gros cylindrés sur les routes défoncées de Bangui ?

JB : Oui j’avais été doté, mais après les pillages d’anthologie de la Séléka, je suis un ministre piéton, et j’en suis fier, je viens au travail sous la pluie, je suis parfois exposé au soleil et cela ne me gêne guère.

CL Un ministre piéton, cela n’a pas suscité la réaction du gouvernement ?

JB : Mon cas a été débattu au sein du gouvernement, j’ai attiré l’attention du premier ministre et même hier  du  président de la République sur le fait que je sois à pied et pourtant mon ministère qui  est un département de production nécessite beaucoup de déplacements sur le terrain.

« J’ai le devoir de stimuler la population à s’intéresser à l’élevage en allant partout en RCA. Il y a 3 ou 4 ministres  dont les voitures de fonction ont été confisquées par les autres collègues du gouvernement, ce n’est pas quelque chose qui est  bon à dire, mais je le dis parce que c’est mon devoir de dire la vérité aux Centrafricains »

J’ai le devoir de stimuler la population à s’intéresser à l’élevage en allantpartout en RCA.

Il y a 3 ou 4 ministres  dont les voitures de fonction ont été confisquées par les autres collègues du gouvernement, ce n’est pas quelque chose qui est  bon à dire, mais je le dis parce que c’est mon devoir de dire la vérité aux Centrafricains.

Mais rassurez vous, ce ne sont pas les voitures ni les moyens de déplacement qui m’empêcheront  de mener ma noble mission à sa destination finale.

CL : vous préférez  être à pieds, ou vous l’êtes parce qu’on ne vous a pas affecté de voiture ?

JB : On m’a affecté deux véhicules, l’un pour la ville et l’autre pour mes tournées en provinces, malheureusement la Séléka a emporté la Nissan Patrol et a cassé la voiture de commandement, elle est inutilisable pour le moment. Il faut débourser au moins 4 millions de Fcfa pour sa remise en état .

CL : Votre domicile a donc été visité ?

« J’ai été littéralement pillé, les séléka se sont habillés dans ma chambre, les habits et les sacs d’écolier de mes enfants ont été emportés, ils ont emporté plus de 5 millions de FCFA »

JB : Oui mon domicile a été visité et deux heures après que Seléka ait pris la ville de Bangui, j’ai été informé qu’ils avaient l’intention de m’assassiner.

J’ai donc pris la fuite, mon domicile comme je l’ai dit ci- haut a été pillé. J’ai été littéralement pillé, les séléka se sont habillés dans ma chambre, les habits et les sacs d’écolier de mes enfants ont été emportés, ils ont emporté plus de 5 millions de Fcfa.

Je suis aviculteur j’importe les poussins. Mon entreprise a été pillée cinq fois sous le régime déchu.

CL : Vous confirmez être une des principales victimes de la séléka ?

JB : Oui pas seulement de la Séléka, de toutes les rebellions qui ont affecté mon pays.

CL : Quelle solution préconisez vous en tant que leader d’un parti politique et ministre pour sortir de cette ornière ?

« Je conseille aux Centrafricains la bonne gouvernance et surtout à  nous qui sommes au pouvoir. Ce qui tue la RCA, c’est la mauvaise gestion de la chose publique. Il faut bannir le tribalisme, Béndounga ministre, il va seulement recruter les gens de son ethnie, on a divisé la RCA en région, c’est la race Centrafricaine qui est en perdition. »

 

JB : Je conseille aux Centrafricains la bonne gouvernance et surtout à  nous qui sommes au pouvoir. Ce qui tue la RCA, c’est la mauvaise gestion de la chose publique.

Il faut bannir le tribalisme, Béndounga ministre, il va seulement recruter les gens de son ethnie, on a divisé la RCA en région, c’est la race Centrafricaine qui est en perdition.

« En France par exemple lorsqu’ on vous demande votre nationalité, vous répondez que vous êtes centrafricain, vous ne dites jamais pas que vous êtes kaba,  rounga, goula ou ngbaka »

En France par exemple lorsqu’ on vous demande votre nationalité, vous répondez que vous êtes centrafricain, vous ne dites jamais pas que vous êtes kaba,  rounga, goula ou ngbaka.

On ne connait que le peuple centrafricain. J’invite tous mes collègues et toutes les autorités à être animés que sur l’intérêt du peuple centrafricain. Si nous arrivons à  éduquer notre peuple, nous nous en sortirons.

Mais sans l’instruction, l’analphabétisme va continuer à gagner le terrain, le niveau de nos étudiants est déjà très bas compte tenu des années blanches successives. Le niveau même du français, le niveau de la culture des centrafricains a tellement baissé, on doit renverser la tendance.

On ne peut pas bâtir un pays sans des cadres compétents, si nous arrivons à résoudre le problème d’éducation, le reste se fera sans problème. Notre pays est riche et rien que l’agriculture et l’élevage suffisent à le faire développer.

 

 

 

Interview réalisée à Bangui par Maurice Wilfried SEBIRO

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Published by ALALENGBI SIMON - dans Actualités Nationales
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