15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 15:31



‘‘Aux grands maux, de thérapeutiques de choc’’. S’étant enfermé dans un silence depuis un certain nombre d’années, André Kolingba, le leader du Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC), est sorti de son silence sans mettre les gants de velours.
Le Président Fondateur du Rassemblement Démocratique Centrafricain a pris un certain nombre de mesures qui ont provoqué une véritable secousse tellurique au sein de son parti. Ces décisions, diversement appréciées, n’arrêtent en rien le général André Kolingba dans son élan d’insuffler une dynamique nouvelle à sa formation politique.

Un directoire avec une mission spécifique

En rendant publique, le 28 mars 2009, la décision mettant en place un directoire national à la tête du Rassemblement Démocratique Centrafricain, André Kolingba, généralement réservé, peu enclin aux décisions spectaculaires, est allé jusqu’au bout de sa logique. Le premier constat, qui n’est pas des moindres est la composition de ce directoire. En dehors de trois ou quatre personnalités très connues pour leur ferveur militante au sein du RDC, l’équipe parait plutôt jeune. Elle a une mission précise, à savoir redynamiser les structures du parti et convoquer un Congrès dont la date ne devrait pas excéder six mois.

Le Rassemblement Démocratique Centrafricain a énormément souffert des différentes crises qui ont, non seulement secoué le pays, mais qui ont également affecté le parti. La conviction profonde n’étant pas le propre du Centrafricain, la saignée au RDC a été profonde. Beaucoup de ses cadres et militants de la première heure ont préféré la transhumance vers d’autres horizons plus juteux. C’est ainsi que beaucoup avaient sauté dans la barque du MLPC quand ce parti avait le vent en poupe sous le régime de l’ex-président Ange-Félix Patassé, à la recherche du lait et du miel dont on dit qu’ils ne coulaient que dans certains gosiers.

La stigmatisation était à son comble
Beaucoup de cadres surtout, s’ils n’ont pas quitté le parti, ont dû mettre leurs convictions sous boisseaux parce qu’à un certain moment et même à l’époque actuelle il ne fait pas bon d’être taxé militant de RDC. Beaucoup d’adversaires politiques du Rassemblement Démocratique Centrafricain ne comprenaient pas encore que la République vit à heure du multipartisme et chacun doit assumer ses convictions. Dans les bureaux, les offices et les usines, les militants du RDC sont indexés. Même s’ils ont des qualifications nettement supérieures aux autres cadres de la même formation, ils sont abandonnés dans les couloirs, tout simplement parce qu’ils sont militants d’un parti considéré comme paria.

Le nom du RDC les suit comme l’œil de Caïn et parfois, ils sont la risée de leurs collègues comme si on devait revenir à l’ordre de la pensée unique. L’audace est parfois poussée jusqu’à l’extrême, si des tracts ne circulent pas dans certains milieux au nom des militants du RDC. La stigmatisation est à son comble et les militants, dont la foi en leur parti est fragile, sont obligés de céder, s’ils ne subissent pas durement la psychose d’appartenir à un parti considéré comme honni. Les conseillers d’André Kolingba ont analysé tous ces paramètres et ont demandé au président –Fondateur du RDC de briser ce spectre inquiétant qui risque d’hypothéquer l’avenir de leur parti.

Les intrigues ont failli sonner le requiem du parti

Depuis les dernières élections de 2005, certains cadres du RDC eux-mêmes ont contribué à la descente aux enfers de leur propre parti. Ils ont commencé à briller par un zèle outrancier et des intrigues qui ne facilitaient pas du tout les relations entre les cadres. Les fiches mensongères et les dénonciations calomnieuses ont contribué à éclaircir les rangs du parti par le départ de certains de ses militants, les plus convaincus et les plus engagés. Le cas de l’ancien Secrétaire Général du RDC, Daniel Langandi, accusé à tort d’avoir été corrompu par le pouvoir, est révélateur de ce climat malsain vécu par le parti d’André Kolingba à un moment de son histoire. Le cas de la suspension de M. Koyamené est aussi un exemple parmi tant d’autres de l’oeuvre souterraine de ses cadres qui profitent des relations particulières avec le Président -Fondateur du RDC pour faire la pluie et le beau temps au sein du RDC.

Le masque est enfin tombé et André Kolingba a voulu voir clair dans les récriminations qui accablent son parti. le directoire national mis en place par le leader du RDC semble une innovation. La composition, avec pour la plus part des jeunes cadres, traduit la volonté du Président-Fondateur du RDC d’injecter du sang neuf dans un parti miné par des intrigues. Mais apparemment, André Kolingba semble n’avoir pas tout dit. Il a certes ratissé large. Mais beaucoup d’observateurs estiment que le leader du RDC a voulu protéger les cadres de son parti, nombreux dans la diaspora et aussi nombreux dans l’Administration Centrafricaine, qui occupent de hauts postes.

L’air amusé, un militant de première heure déclare qu’on ne prépare pas une bataille en présentant tout son arsenal à l’adversaire. Par cette tournure énigmatique, tout est dit. L’équipe actuelle du directoire du RDC est mise en place pour préparer et débloquer le terrain.

Même si certains militants mécontents de n’avoir pas été choisis s’insurgent, d’autres pensent que le Président –Fondateur du RDC a voulu limiter les dégâts. Un choix parmi les vieux chevaux de bataille aurait créé des dissensions encore plus profondes quand on voit les écrits pamphlétaires et les lettres de démission enregistrées depuis 2005. La vision étriquée de certains responsables du RDC avait fait de ce parti un panier à crabes. Le Président –Fondateur du RDC a voulu ainsi trancher en attendant le Congrès où ce parti pourra peut-être faire peau neuve avec le retour de tous ces barons.

 

 

Samedi 11 Avril 2009

John Smith 

Partager cet article

Repost 0
Published by http://www.leconfident.net - dans Actualités Nationales
commenter cet article

commentaires

Recherche