29 septembre 2015 2 29 /09 /septembre /2015 22:07

Des milliers de personnes sont descendus dans la rue tôt ce matin à Bangui, suite à l’appel de la coordination de la société civile centrafricaine à une désobéissance civique. Avec les onze points de revendications brandis, le coordonnateur de la société civile Gervais Lakosso a appelé le peuple centrafricain à sortir dans la rue pour décider lui-même de son avenir face au silence des autorités de transition qui, selon lui, prouvent leur incapacité à gérer le peuple. Des voies barricadées, des pancartes avec des messages claires de revendication à l’endroit du gouvernement de la transition et des forces internationales présentes en République centrafricaine.

Au-dessus tout, la position de la société civile est claire. Onze (11) points retracent les revendications faisant l’objet de l’insurrection. Il convient ici de souligner les onze points de revendications à satisfaire, d’après Gervais Lakosso, avant la levée du mot d’ordre de désobéissance civile nationale :

  • Le respect de la volonté du peuple souverain de Centrafrique par tous les organismes et organisations internationales dans leur relation avec le pays et leur implication dans la résolution de la crise;
  • Le redéploiement sans conditions et immédiat des Forces Armées Centrafricaines (FACA) sur toute l’étendue du territoire pour procéder au désarment des forces illégales et le rétablissement de la sécurité ;
  • Le retrait des militaires français de l’opération sangaris du territoire centrafricain ;
  • L’application du mandat des casques bleus présents en Centrafrique. A defaut leur retrait du territoire centrafricain ;
  • Le désarment volontaire ou forcé dans le 3ème, le 4ème, le 5ème et le 8ème arrondissement de Bangui ;
  • Le désarment volontaire ou forcé de tous les groupes armés dans le Centre-est ainsi que dans le centre nord du pays ;
  • L’arrestation de Ali Darassa et la dissolution du mouvement UPC ;
  • L’arrestation de Haroun GAYE et ses acolytes ;
  • La mise en route sans délai de la Cour pénale spéciale pour juger les auteurs des crimes durant cette crise et les autres ;
  • La redéfinition d’un nouveau calendrier électoral réaliste par l’ANE et l’engagement des tous les acteurs politiques à respecter ce calendrier ;
  • L’organisation dans un meilleur délai par la Cheffe d’Etat de transition d’un dialogue citoyen pour la validation d’un nouveau calendrier électoral et pour faire consensus national autour du processus électoral.

Outre les revendications de la société civile, les manifestants brondissent comme revendication la démission de Catherine Samba Panza, Cheffe de l’Etat de transition qui se trouve actuellement à New York au sommet des Nations unies.

Au moment où nous mettons en ligne cette information, la situation se dégrade sur le terrain. Des milliers de manifestants occupent une bonne partie de la capitale centrafricaine. Une marée humaine prend la direction de centre-ville afin d’atteindre le palais présidentiel.

Par ailleurs, l’on remarque l’absence totale des forces internationales sur les voies. Pas de véhicules en circulation pendant que les services et le commerce reste fermés. A l’apparition de quelques éléments des FACA à bord d’un véhicule en patrouille au rond-point des Martyrs, des cris de youyou et des applaudissements sont retentis par la foule en signe joie. Il faut dire aussi que la manifestation est réprimée par les éléments de la MINUSCA qui ont tiré à balle réelle sur les manifestants. Les hommes en armes, disons-le, se sont infiltrés parmi la foule dans la rue. Ce qui pourrait entrainer le débordement durant cette manifestation.

Eric NGABA

Partager cet article

Repost 0
Published by ALALENGBI SIMON
commenter cet article

commentaires

Recherche